VICE
Etats-Unis - 2018
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Vice »
Genre : Drame, Politique
Réalisateur : Adam McKay
Musique : Nicholas Britell
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais et français DTS HD Master Audio 5.1
Sous-titre : Français
Durée : 132 minutes
Distributeur : Mars Films
Date de sortie : 26 juin 2019
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Vice »
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LE PITCH
Fin connaisseur des arcanes de la politique américaine, Dick Cheney a réussi, sans faire de bruit, à se faire élire vice-président aux côtés de George W. Bush. Devenu l’homme le plus puissant du pays, il a largement contribué à imposer un nouvel ordre mondial dont on sent encore les conséquences aujourd’hui…
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Les coulisses du vice

« Ce film est une histoire vraie. Aussi vraie que possible, Dick Cheney étant un des hommes politiques les plus secrets de l'Histoire. Mais putain on a bossé. » Ces trois phrases, qui constituent le panneau d'introduction de Vice, sont la profession de foi d'Adam McKay et son équipe sur ce que le film va nous raconter. Les faits racontés seront réels, ils seront aussi soumis à l'interprétation des auteurs, et enfin, ils seront traités à travers le prisme de l'humour.

C'est dans cet équilibre que ce situe la réussite de Vice. Son réalisateur, Adam McKay, est un habitué de la comédie satirique. Il a débuté comme scénariste dans l'émission « Saturday Night Live » où il a notamment crée une série de sketchs mettant en scène George W. Bush, interprété par Will Ferrell. En passant sur le grand écran, il a continué dans cette voie avec Anchorman, Talladega Night ou Frangins malgré eux, des comédies frappées, mais, toujours saupoudrées d'une critique social ou politique. La bifurcation se fait en 2015 avec The Big Short chronique dramatique de la crise des sub-primes de 2008 saupoudrées d'ingrédients d'une comédie féroce.

L'introduction du film nous présente, consécutivement Dick Cheney, jeune, au plus bas de l'échelle dans sa vie privée et au moment où, des décennies plus tard, il va atteindre les plus hautes sphères du pouvoir. Cette ellipse temporelle nous montrant deux situations très différentes (l'arrestation de Cheney pour conduite en état d'ivresse et sa prise de pouvoir sur les Etats-Unis lors du 11 septembre), procure d'abord un effet « absurde » : un alcoolique va devenir l'homme le plus puissant de son pays. Absurdité qui sera confirmé tout au long du film avec un univers politique montré, en coulisse, comme un monde individuel, sans pitié et sans idéologie à l'inverse des valeurs qui est censé l'animer. L'autre fonction de cette ellipse est aussi de caractériser le personnage de Dick Cheney : un homme qui ne s'épanouit seulement dans l'exercice du pouvoir. Pathétique et amorphe dans sa jeunesse, quand il travaille comme ouvrier, son entrée en politique va le transformer. Prise de confiance (et de poids), changement de rapport de force dans son couple, on assiste à montée en puissance d'un homme qui va passer de l'ivresse de l'alcool à l'ivresse du pouvoir (le titre du film prend alors tout son sens).

 

le 4ème pouvoir contre le 4ème mur


Un sujet sérieux, complexe, qui plus est basé sur des faits réels et même historiques qui n'est pourtant jamais abordé avec solennité. Vice, comme The Big Short, est étonnement, et très efficacement, libre dans sa mise en scène et ses choix de narrations, non-linéaires et méta fictifs. Ainsi, le film nous fait faire des allers-retours entre plusieurs époques de la vie de son protagoniste, est régulièrement interrompu par un narrateur étranger à l'histoire, fait déclamer à Cheney et sa femme un monologue de Richard III alors qu'ils sont au lit, et se permet même un faux générique de fin au milieu du film. Si tous ces éléments peuvent facilement être casse-gueule à illustrer, McKay arrive, grâce à un rythme soutenu hérité de son expérience de la comédie, à les intégrer et à les faire accepter au spectateur dans un joli tour de force. D'autant plus que ce duel entre le sujet et la forme du film n'aura pas à l'arrivée le gagnant escompté...

Une excellente idée, thématique et symbolique, qui achève de faire de Dick Cheney un des personnages les plus intéressants que l'on est vu au cinéma ces dernières années. Mais on aurait presque préféré que cela ne soit qu'une simple fiction.

Benoit Llamazares






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Image :
A l'image de la narration qui utilise plusieurs genres, l'image du film est composée de différentes sources suivant les époques et situations montrées : 8mm, 16mm, 35mm, vidéo. Mais l'ensemble à été achevé et étalonné en 4K, permettant aisément au transfert en 1080p du blu-ray d'en conserver toutes les spécificités (grain, couleurs, défauts) et l'effet d'immersion sur le spectateur. Une copie splendide donc, vibrante et organique frappée d'une définition qui va tirer systématiquement le meilleur du cadre.

 


Son :
Le film est proposé dans des mixages DTS HD Master Audio 5.1 qui harmonisent très bien les différentes sources sonore du film (voix in, voix off, musique originale) et se montre même très dynamique dans son approche d'un film essentiellement « parlé ». Des ambiances bien marquées, un montage sonore soutenu et fluide qui suivent à la lettre les intentions du metteur en scène.

 


Interactivité :
Classiquement, le making-of aborde les aspects techniques et artistiques mais à cause d'une durée relativement courte, on reste le plus souvent en surface. Biopic oblige, c'est surtout le travail des acteurs et la manière d'aborder leurs personnages qui est mis en avant. Viennent ensuite trois scènes coupées. « La cantine » qui nous montre que le film aurait pu ajouter une autre corde à son arc, celle de la comédie musicale. « Le bunker » visible rapidement dans la bande annonce, elle illustre surtout l'hallucinante transformation physique de Bale. Et pour finir, la plus intéressante des trois « Les années lycée » une grosse séquence de 10min qui raconte la rencontre entre Dick et Lynne Cheney. Raconté du point de vue de Lynne, cette séquence nous montre son ambition professionnelle, la relation violente de ses parents et comment elle a grandement influé sur la vie de Dick. Filmé dans un très beau noir et blanc et dans un ton plus dramatique que le reste du film, cette introduction coupée rapproche encore plus le film de McKay de ceux d'Oliver Stone.

Liste des bonus : Making of (35'), Scènes coupées, Bandes annonces.

 
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