VIVA DJANGO!
W Django! - Italie - 1971
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Genre : Western
Réalisateur : Edoardo Mulargia
Musique : Piero Umiliani
Image : 2.35 16/9
Son : Italien et français 2.0 mono
Sous-titre : Français
Durée : 94 minutes
Distributeur : Artus Films
Date de sortie : 3 septembre 2019
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Viva Django! »
portoflio
LE PITCH
Django recherche les bandits qui ont violé et assassiné sa femme. Sur son chemin, il rencontre un voleur de chevaux qui a soi-disant assisté au meurtre. Il va l’aider à accomplir sa vengeance jusqu’à ce que Django se rende compte que ce dernier n’est pas complètement innocent.
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Dernière cartouche

Alors que la grande vague des westerns spaghettis touchait à sa fin, vint du fond du désert un ultime « Django », patronyme volé à droite à gauche par toute l'industrie, pour un ultime showdown sous les traits d'Anthony Steffen, l'une des prolifiques icones du genre.

Sur la bonne trentaine de métrage estampillé "Django" qui suivra l'opus crépusculaire de Sergio Corbucci, aucun ne pourra vraiment se mesurer au modèle, optant d'ailleurs souvent pour des liens très lâches préférant tout simplement juste miser sur l'attraction du nom. Reste tout de même en général cette idée d'un héros revenu du purgatoire, épuisé, recouvert de poussière, le regard froid, taciturne, à la limite du revenant d'un film d'épouvante. Une caractérisation excessivement proche de la silhouette que l'acteur qu'Anthony Steffen (Antonio de Teffè de son vrai nom), faute de mieux, cultivera dans nombres de westerns. Celui qu'on appellera rapidement le « Clint Eastwood italien » va donc prendre illégitimement la succession de Franco Nero à trois reprises avec ce Viva Django en forme de point final? Il fut en effet la dernière apparition du héros (on ne parle pas ici des changements de noms / titres à l'international) avant son exploitation très contemporaine par Takashi Miike dans Sukiyaki Western Django, 28 ans plus tard !

 

tu tires ou tu pointe ? 


Et il y a effectivement quel chose de l'ordre de la fin de règne ici. Produit alors que le genre entame son déclin et infuse de plus en plus sa structure de grosses ficèles et de gros gags empruntés à la comédie transalpine, Viva Django ! veut manifestement subvenir platement aux besoins de son public en s'inspirant de tous les succès récents : Une trame super-basique de vengeance et de trahison au cœur d'un gang de vilain sans remords, des séquences grotesques où on joue joyeusement avec de la dynamite, un Django qui s'octroie un sidekick pour échanger quelques clins d'œil et une bonne dose de références à la révolution mexicaine pour se donner des airs de western Zapata. De grosses ficelles pour un western qui se veut essentiellement divertissant, reléguant rapidement la tentative de viol et le meurtre de l'épouse de l'introduction à un lointain souvenir gommé par les échanges de balles incessants, les bourres-pifs et la transformation de ce Django à la souffrance décidément très intériorisé en vrai héros de BD increvable. Pas de grandes prétentions et quelques bons atouts pour au moins s'assurer un bon moment, mais clairement amoindris par un Anthony Steffen peu concerné qui se fait immanquablement voler la vedette par le plus truculent Glauco Onorato, spécialiste des seconds rôles croisés dans Big Racket et... La Cage au folle II. Surtout, malgré un palmarès composé d'une dizaine de westerns, le réalisateur Edoardo Mulargia (Cjamango, Creuse ta fosse, j'aurais ta peau...) n'insuffle pas vraiment d'énergie par sa mise en scène très fonctionnelle, sage, oubliant que ce qui faisait justement la force du cinéma italien de cette époque étaient ses excès stylistiques, maniéristes et une certaine roublardise.

Nathanaël Bouton-Drouard




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Image :
Viva Django ! ne s'était pas signalé par chez nous depuis une antique VHS assez bas de gamme, le voici de retour avec le luxe d'un (petit) roi. Une remasterisation complète et une nouvelle copie restaurée à partir d'un scan 2K du meilleur effet. Reste à l'écran une ou deux griffures disparates mais le cadre est effectivement très propre, sans lissage apparent, préservant donc un grain et une matière sableuse qui sied parfaitement à l'ambiance. Les teintes semblent parfois un peu fanées, trop terreuses, tandis que la définition passe de gros plans éclatant à des panoramas un peu moins musclés, mais cela reste une conséquence négligeable du petit budget initial.

 


Son :
Artus privilégie à chaque fois les bons vieux monos d'époque et c'est tant mieux. En tout cas pour la version italienne naturellement très sobre et plutôt équilibrée dans son mixage à la postsynchronisation typique de l'époque. La version française est une autre paire de manche. Si effectivement le mixage est convenable, le doublage est (comme précisé dans les bonus) assez catastrophique entre une traduction baclée, un choix de voix hasardeux et une interprétation à la masse.

 


Interactivité :
Nouveau volume Mediabook d'Artus pour sa gamme de Western européens. L'objet comprend donc toujours le bluray et le DVD mais aussi un joli ouvrage d'une centaine de pages consacrées à Anthony Steffen. Rédigé par Curd Ridel ce dernier se partage entre une jolie interview du fils de l'acteur qui donne un éclairage intime, mais aussi quelques détails historiques plus qu'étonnants sur un père qui n'était pas un héros qu'au cinéma. La seconde partie, plus classique, se consacre à présenter la vingtaine de westerns auxquels Steffen a participé C'est encore Curd Ridel que l'on retrouve sur les disques pour une courte présentation vidéo du film en question. Un item suivi par une curieuse bande promo pour le projet Django Begins, fiction censée conter le tournage épique du premier western italien.

Liste des bonus : Livret 96 pages « Anthony Steffen, le roi des cow boys » par Curd Ridel, Présentation du film par Curd Ridel (10'), Teaser Django Begins, Diaporama d'affiches et de photos, Film-annonce.

 
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