LES DEUX VISAGES DU DR JEKYLL
The Two Faces of Dr. Jekyll - Royaume-Uni - 1960
Image plateforme « Blu-Ray »
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Genre : Horreur
Réalisateur : Terence Fisher
Image : 1.77 16/9 Compatible 4/3
Son : Anglais et français DTS Master Audio 2.0 mono
Sous-titre : Français
Durée : 88 minutes
Distributeur : ESC Distributions
Date de sortie : 20 août 2019
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Les Deux visages du Dr Jekyll  »
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LE PITCH
Le docteur Jekyll a réussi à créer une drogue qui change la personnalité de celui qui l’ingère. Ainsi, quand il la prend lui-même, il devient monsieur Hyde, un homme sûr de lui, séducteur mais malheureusement psychopathe ! Ainsi, quand il trouve sa femme dans les bras d’un autre, il se débarrasse d’eux et met le feu à son laboratoire. La police remonte jusqu’à Jekyll mais il ne parvient pas à expliquer que ce n’est pas lui le responsable de ses actes atroces…
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Mon nom est hyde, mister hyde

Dix ans avant le beaucoup plus célèbre, et démonstratif, Dr Jekyll & Sister Hyde, la Hammer s'attaquait déjà au roman de Robert Louis Stevenson, dans une évocation libre donnant au monstre de violence l'apparence d'un casanova. Troublant.

Tout d'abord concentré sur les créatures connues de la Universal, la Hammer Films eu tôt fait de s'intéresser aux autres grands monstres de la littérature et du cinéma. Parmi ceux-ci, L'étrange Cas du docteur Jekyll et de M. Hyde de R.L. Stevenson, déjà porté à l'écran à de nombreuses reprises par la Warner (Rouben Mamoulian en 31 et Victor Fleming en 41, deux réussites) résonne comme une évidence. En particulier lorsqu'il s'agit d'en confier la réalisation à l'incontournable Terence Fisher. Un metteur en scène qui a déjà donné le beau rôle à un Dr Frankenstein insaisissable, transformé Dracula en séducteur bestial et qui déjà en 1953 transformait une expérience scientifique improbable en exploration tragique d'une romance névrosée (Four Sided Triangle). Le génie derrière le sublime La Nuit du Loup-garou qui sortira quelques mois plus tard, trouve un matériau idéal dans cette bataille intérieure entre les deux facettes du Dr Jekyll surtout que, trois avant le rigolo Docteur Jerry et Mister Love, il inverse la donne en representant le scientifique avec l'apparence d'un vieux professeur austère, et son « monstre » comme un beau jeune homme au charme magnétique. Au centre de leur bataille, l'épouse Kitty, soignant son ennui dans les bras d'un amant passionné mais lâche (Christopher Lee, loin de ses figures d'autorité habituelles), et une vengeance destructrice reflet des pulsions enfouies du premier.

 

pile et face


Un essai très loin des effusions sanglantes et gothiques du studio, qui préfère s'intéresser à une épouvante beaucoup plus sourde, psychologique, constamment nourrie par le regard fixe et carnassier effrayant de Paul Massie en Mister Hyde, et son besoin sadien de contrôler, posséder, détruire et assouvir tous ses désirs. Toujours aussi brillant pour jouer avec la bonne morale des comités de censure, Fisher dispose l'air de rien, à coup de sous-entendus équivoques, d'un décor de maison des plaisirs très parisienne et surtout de quelques images assez hallucinantes (la danseuse « avaleuse de serpent ») une atmosphère libertine qui contraste comme toujours avec la rigueur d'apparat de la société anglaise. Spécialité de la Hammer, la cause de cette chronique de mœurs aux contours de film noir et de fantastique subtile, ne sont jamais les diverses aventures auxquels se livrent les personnages, plus ou moins louables, mais le besoin du Dr Jekyll de refréner ses instincts et ses sentiments. Dans ce contexte, le juste milieu n'est plus accessible et Les Deux visages du Dr Jekyll se dirigent vers une issue terrible, tragique au possible, mais avec la beauté d'un diable. La réalisation finement théâtrale de Fisher, les couleurs somptueuses de Jack Asher, et le trio d'acteur Paul Massie / Christopher Lee / Dawn Addams en font l'une des réussites les moins (re)connues de cette période flamboyante.

Nathanaël Bouton-Drouard




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Image :
Jamais facile de savoir à quoi s'attendre avec les masters HD du catalogue Hammer dont la qualité fluctue d'un titre à l'autre, d'une source à l'autre. Ne rejoignant pas les plus belles performances présentées en Angleterre chez Icon ou Indicator, Les Deux visages du Dr Jekyll s'en sort heureusement beaucoup mieux que beaucoup d'autres, et en particulier du La Revanche de Frankenstein déjà édité par ESC. Le cadre est nettement plus propre, les taches et griffures presque totalement éradiquées, les couleurs beaucoup plus pêchues... Reste cependant quelques soucis de définition (voir quelques plans carrément flous) et d'un grain très fluctuant, à la fois dû à l'économie même de la firme et à une restauration qui aurait pu être plus poussée encore.

 


Son :
Petit rendu pour les pistes d'origines mono transférées ici sur des DTS HD Master Audio 2.0 un peu plus puissants. Cela n'efface cependant pas les années avec quelques crissements et de très légers effets de saturation. Le confort est cependant présent et l'ensemble agréable.

 


Interactivité :
Comme pour les précédents titres de la collection British Terrors, Les Deux visages du Dr Jekyll est dans un premier temps proposé uniquement sous la forme d'un superbe Mediabook (quelle affiche !) comprenant le Bluray et le DVD du film ainsi qu'un livret de 16 pages. Rédigé par Marc Toullec, celui-ci rejoint directement dans ses informations et ses analyses les pistes évoquées par les invités en « vidéo » : Nicolas Stanzick, Gilles Penso et Noël Simsolo. Trois interviews qui soulignent les réflexions habituelles de Fisher sur le double, la moralité et l'affrontement entre le bien et le mal, tout en revenant sur les premières ébauches du film et ses petites anecdotes. Dommage encore une fois qu'elles soient proposées comme des items séparés, là ou un seul supplément au montage plus resserré aurait évité les très nombreuses redites.

Liste des bonus : Un livret de 16 pages par Marc Toullec, Présentation de la Hammer par Nicolas Stanzick, Mythologie du Dr Jekyll et du Mister Hyde par Nicolas Stanzick, Docteur Terrence et Mister Fisher par Gilles Penso, Analyse du film par Noël Simsolo.

 
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