CUJO
Etats-Unis - 1983
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Cujo  »
Genre : Horreur
Réalisateur : Lewis Teague
Musique : Charles Bernstein
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais DTS-HD Master Audio 5.1 & 2.0 et Français DTS-HD Master Audio 2.0
Sous-titre : Français
Durée : 93 minutes
Distributeur : Carlotta
Date de sortie : 18 septembre 2019
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Cujo  »
portoflio
LE PITCH
Cujo, un gentil saint-bernard appartenant au mécanicien local, est mordu par une chauve-souris enragée et contracte rapidement le virus. Lorsque Donna Trenton et son petit garçon Tad se rendent chez lui, ils ignorent que le propriétaire vient de se faire dévorer par son chien. À la place, ils sont accueillis par Cujo, bien décidé à ne pas laisser partir ses proies. Surtout depuis que leur voiture est tombée en panne…
Partagez sur :
No more mister nice dog

Considéré par Stephen King comme l'une des meilleures adaptations de son œuvre et célébrant la prestation de Dee Williams comme « la meilleure interprétation » qu'il ait vu à l'écran de l'un de ses personnages, Cujo et son Saint Bernard féroce, est resté dans les mémoires de beaucoup comme un essai terrorisant. Les souvenirs ne sont pas toujours trompeurs.

Pas forcément considéré comme un incontournable de la riche carrière de Stephen King, Cujo fut cependant l'un de ses premiers romans a être adapté au grand écran, quelques années après Carrie et Shining et fit surtout partie du package de 1983 aux cotés de Dead Zone de David Cronenberg et Christine de John Carpenter. Deux fabuleuses réussites qui portent indéniablement autant la marque du romancier que des deux cinéastes aux styles remarquables. Une comparaison un peu compliquée pour Cujo qui lui connu les chemins beaucoup plus classiques d'un film d'exploitation porté par la vision du producteur Daniel H. Blatt (Hurlements, V). Cela n'en diminue cependant pas la solidité de son adaptation qui malgré les coupes nécessaires et une atténuation compréhensible d'un final nihiliste, réussit à rester très proches d'un texte à la structure assez particulière. Les chapitres optant pour le point de vue canin trouvent ainsi échos dans quelques plans subjectifs ou des zooms discrets qui soulignent sa lente dégradation, rongé par la rage. Mieux, alors qu'un film d'horreur lambda aurait immédiatement sauté au collier pour livrer une succession d'attaques annimales, le film de Lewis Teague (Le Diamant du Nil) se construit lentement, laissant la menace s'approcher à pas mesurés, s'attardant profondément sur la famille Trenton. Une première partie en forme de mélodrame où finalement les monstres du placard qui terrifient le petit Tad ne sont qu'une extension des angoisses de ses parents, elle tentant de s'échapper d'une liaison pathétique, lui accroché à la réussite de son entreprise de publicité.

 

y a plus de croquettes


Des peurs réelles, humaines comme King aime les scruter, qui nourrissent directement et efficacement une seconde partie, entièrement tournée vers les codes du cinéma d'épouvante. Enfermés plusieurs jours dans une voiture en rade, Donna et son fils sont harcelé par un Cujo devenu un prédateur sanguinaire aux airs de molosses zombifié. Entre le film d'attaques animales et le home invasion au territoire on ne peut plus resserré, le film touche là ses meilleurs instants, révélant toutes ses qualités. Une utilisation impressionnante du chien tout d'abord, maquillé sans excès mais dérangeant à souhait, qui alterne à l'écran entre d'authentiques Saint Bernard incroyablement bien dressés, quelques têtes animés et même un homme en costume sans que le collage soit visible. Un monstre des plus convaincants, qui porte sur un plateau les performances fascinantes du jeune Danny Pintauro (oui, le gosse de Madame est servi) glaçant dans ses crises de larmes hystériques, et surtout Dee Wallace (la gentille maman d'E.T.) saisissante en femme poussée dans ses derniers retranchements, à bout de force, mais prête à tout pour sauver son petit. Un face à face terrible, d'une violence étonnante, au jusqu'auboutisme rare, où même le très anonyme Lewis Teague trouve de jolies inspirations avec en particulier un plan circulaire et obsédant qui résume habilement le vertige de la situation. Un metteur en scène méritant, choisi par King en personne qui avait apprécié son amusant L'Incroyable alligator, mais à qui il manque cependant une logique, une fluidité et une intensité visuelle pour transformer son Cujo en autre choses qu'un bon petit film d'horreur, sérieux et solide. Avouons qu'ils ne sont déjà pas bien nombreux à arriver à ce niveau-là.

Nathanaël Bouton-Drouard




Partagez sur :
 

Image :
Déjà visible aux USA et en Angleterre (au moins), le master HD de Cujo n'est pas forcément aussi éclatant qu'annoncé. Travaillé à partir d'une source pas forcément de première main, le master présente encore quelques marques récurrentes (taches, griffures) et surtout semble constamment batailler pour maintenir une stabilité générale. Les plans nocturnes font tourner le grain au neigeux, les gros plans et les plans d'ensemble affichent un rendu très inégal, la définition n'est pas toujours aussi pointue qu'elle devrait l'être. Reste qu'heureusement une bonne partie du métrage impose un piqué bien marqué et que la photographie de Jan de Bont gagne largement avec ce nouvel étalonnage beaucoup plus chaleureux et vifs qu'autrefois.

 


Son :
Aucun reproche à faire par contre aux pistes sonores qui se montrent élégamment propres, stables et équilibrées, avec même pour la mouture DTS HD Master Audio 5.1 un léger travail sur les ambiances et la dynamique arrière et latérale qui offre à quelques reprises des sensations plus marquées.

 


Interactivité :
Serti dans un Steelbook du meilleur effet, l'édition française de Cujo n'atteint pas les sept heures de bonus du collector anglais d'Eureka mais ne s'en sort pas trop mal. Surtout que cette durée excessive est essentiellement composée d'une succession massive d'interviews interminables présentées avec froideur. Carlotta n'en a gardé que trois. Si celle de Teresa Miller (fille du dresseur de chien) est anecdotique, celles du compositeur Charles Bernstein, enthousiaste et technique, et surtout celle de Dee Wallace sont tout à fait recommandées. En particulier la rencontre avec l'actrice qui raconte sans détour son implication dans le projet, les conditions de tournage pas toujours évidentes et l'éviction du premier réalisateur, Peter Medak, pour cause de chemisier trop transparent. Des détails souvent présents dans le très studieux commentaire audio de Lee Gambin, auteur d'un bouquin sur le sujet. Mais finalement l'essentiel existait déjà, sous la forme d'un making of rétrospectif conçu pour une ancienne édition DVD. Avec son image SD et son chapitrage laborieux, Dog Days est pourtant passionnant de bout en bout, très complet dans ses informations et peut se vanter d'avoir réuni tous les intéressés ou presque.

Liste des bonus : Commentaire audio de Lee Gambin, Entretien avec Dee Wallace (42'), Entretien avec Charles Bernstein (36'), Entretien avec Teresa Miller (29'), Dog Days : Le Making of de Cujo (43'), Bandes-annonces.

 
Crédits & mentions légales - Publicité - Nous contacter
Copyright Regard Critique 2009-2019