CHRISTINE
Etats-Unis - 1983
Image plateforme « Blu-Ray »Image plateforme « Bluray 4K »
Image de « Christine  »
Genre : Fantastique
Réalisateur : John Carpenter
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais Dolby Atmos & DTS-HD Master Audio 2.0, Français DTS-HD Master Audio 2.0
Sous-titre : Français
Durée : 110 minutes
Distributeur : Carlotta
Date de sortie : 18 septembre 2019
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Christine  »
portoflio
LE PITCH
Arnie est un adolescent timide et complexé. Un jour, il fait la rencontre de Christine, une Plymouth Fury de 1958 en piteux état, et décide de l’acheter. Lorsque la voiture retrouve une seconde jeunesse, le comportement d’Arnie se met à changer. Désormais sûr de lui, en couple avec la plus belle fille du lycée, il reste néanmoins obsédé par Christine. Quiconque osera se mettre en travers de leur chemin devra en payer le prix fort…
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Bad to the Bone

Second succès populaire de la carrière de John Carpenter après Halloween, Christine n'était pour ce dernier qu'un projet peu personnel voué à le remettre sur les rails après quelques échecs cuisants. Mais comme son modèle Howard Hawks, le bon mercenaire se révèle toujours dans ses œuvres de commande.

Christine, malgré son joli petit succès en salle, sa présence considérable dans la culture populaire et le coup de pouce indéniable qu'elle offrit à Carpenter, n'est d'ailleurs toujours pas l'un des films sur lequel il s'épanche le plus. Blessé par le rejet presque général de son désormais culte The Thing et épuisé après l'annulation de son adaptation de Charlie par un studio Universal bêtement revanchard, John Carpenter accueillit cette autre adaptation d'un roman de Stephen King comme un bon moyen de ne pas perdre la main. Rien de plus, rien de moins. Sauf qu'il est un metteur en scène à l'ancienne et aborde la production avec le même sérieux que n'importe quel film plus personnel, s'emparant admirablement de meilleures idées du livre pour en faire un film qui lui ressemble totalement. Aidé par le scénariste Bill Phillips qui avait justement œuvré sur le Charlie abandonné, il opère un travail d'épure considérable mais révélateur, évacuant tous les aspects fantastiques trop théâtraux (pas de zombie pourrissant sur le fauteuil arrière), les explications trop limpides, les trames secondaires et la place de victime totale d'Arnie. Beaucoup plus directe, concise mais aussi largement plus ambigüe, la trame se concentre désormais, comme l'installe magnifiquement la scène d'introduction dans l'usine Plymouth, sur Christine, véritable figure du mal, voiture doué d'une forme de conscience... meurtrière. Un véhicule mythique, constamment sublimé par les cadrages et la photographie de Donald M. Morgan (Le Roman d'Elvis) et à laquelle le cinéaste donne une personnalité frappante, un charisme incroyable et un charme sensuel déstabilisant.

 

relooking extrème


Son rouge éclatant, ses courbes, son caractère possessif et les tubes rocks des 50's qu'elle distille par sa radio comme pour communiquer avec son cher conducteur, en font la star du film : une prédatrice séductrice et castratrice. Un certain détournement de l'idéal américain, sorte de négatif de l'American Graffiti de George Lucas, transformant la célébration nostalgique des belles cylindrées et des possibles de l'adolescence en un cauchemar lancinant et mélancolique. Christine n'est pas seulement la tueuse du film, elle est aussi l'objet passionnel d'Arnie, adolescent fragile, harcelé et humilié par tous (ses parents, le gang de Buddy, le cradingue propriétaire du garage...) dont la colère enfouie va prendre corps dans une transformation totale en un reflet inquiétant du James Dean de La Fureur de vivre. Un vrai teen movie, voir un des meilleurs, aux dialogues crus et directs, aux personnages symptomatiques (le bon pote, la jolie nouvelle, le vilain délinquant...) mais qui est marqué par une vraie rigueur d'écriture, une justesse sincère et une interprétation générale de haute tenue, dont bien entendu le « double » rôle de Keith Gordon (vu dans Pulsions de Brian De Palma) victime et bourreau déchirant.

Christine
est un film d'une rare maitrise, justement parce qu'il reste collé à son sujet, mais l'illustre avec une beauté plastique fascinante. Souvent happé par les quelques notes synthétiques et flottantes improvisées par Carpenter et son copain Alan Howarth, le spectateur assiste à une succession de mouvements fluides, glissant sur les routes nocturnes, caressant la carrosserie luisante, ne s'arrêtant que pour capturer un regard caméra de phares effrayant ou pour laisser, après une longue poursuite enflammée, un cadavre carbonisé sur le bitume. Une telle symbiose entre « le monstre » et l'objet filmique, on n'avait pas vu ça depuis... Halloween.

Nathanaël Bouton-Drouard








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Image :
Une bombe ! Voilà un an que les anglosaxons nous narguaient avec l'UHD de Christine le célébrant comme l'une des grandes prouesses du support. Et diable, ils avaient raison. Si déjà le dernier Blu-ray en lice, édité alors par Sony, était d'excellente facture, le Bluray 4K semble l'enterrer à chaque photogramme. La couleur rouge sang de Christine, les variations de verts automnales lors d'une courte exploration de la banlieue américaine, les nuits à la profondeur impériale, le moindre détail qui apparait sur l'habitacle autant que dans la casse de Darnell : le nouveau master 2160p est sur tout les fronts autant du coté de la puissance et la richesse des teintes que de la minutie astronomique de la définition. Parfait de bout en bout, riche, vif, harmonieux... Un véritable voyage dans le temps pour un film qui n'a jamais paru aussi jeune et léché, soulignant du même coup les performances initiales de la photographie et la réalisation. Splendide.

 


Son :
En tant que puriste, on ne coure pas forcément après les remixages d'anciens films dans des 5.1 poussifs et artificiels. Mais dans un cas comme Christine, proposé désormais avec une toute nouvelle piste Dolby Atmos, on ne peut que s'enthousiasmer pour le résultat final. La clarté et l'équilibre général est bien entendu parfais, mais ce sont surtout sur les ambiances que le film étonne, profitant du dernier standard sonore pour ajouter quelques échos dans la salle de classe ou la bibliothèque, donnant plus de présence au vent dans les arbres, au moindre bruit mécanique ou au souffle qui s'engouffre sur la route, le tout avec une présence naturelle, enveloppante et dynamique. L'impact d'origine est toujours là, les tubes rock'n'roll envoient du bois, et le film est plus immersif que jamais.

 


Interactivité :
C'est certainement l'un des volumes les plus attendus de la collection Ultra Collector de Carlotta. Et les préventes en attestent. La raison est sans doute autant dû à l'aura populaire du film qu'à l'apparition du premier UHD de l'éditeur français. Un objet toujours aussi classieux, contenant Bluray 4K, Bluray et DVD, avec design légèrement rétro signé Mainger et un contenu éditorial toujours aussi chargé.
Avec bien entendu le retour des bonus indispensables exploités depuis un premier DVD collector datant de 2005 : un commentaire audio plutôt laconique mais informatif de John Carpenter (sans Kurt Russell ce n'est pas la même chose), une vingtaine de minutes de scènes coupées ou rallongés sympathiques mais effectivement trop démonstratives, et l'excellent et presque parfait making of rétrospectif signé Laurent Bouzereaux. Le Bluray et le DVD contiennent en outre un élément inédit, une conversation publique avec Carpenter enregistrée à l'occasion de la remise du Prix du Carosse d'Or 2019 à La Quinzaine des réalisateurs. Faisant suite à une projection de The Thing (à quand l'UHD pour celui-là ?), la discussion, aux hôtes assez maladroits, tourne tout de même énormément autour de ce film en particulier et se perd dans les habituelles questions de fan-boy. Heureusement sur la longue Carpenter rattrape souvent l'ensemble à s'amusant comme toujours de sa posture de mercenaire et des réactions du public.
Reste enfin le livre « Plus Furieuse que l'enfer » bien calé dans le fourreaux qui retrace pas à pas le tournage du film en disposant des interviews passionnantes de toute l'équipe qui viennent emmailler régulièrement la prose de Lee Gambin. Pour cette dernière, tout est une question de goût : si vous aussi êtes persuadé que Christine est une œuvre féministe et que l'analyse freudienne c'est tiptop, ça devrait vous plaire.

Liste des bonus : Le livre « Plus furieuse que l'enfer : le tournage de Christine » (200pages), Commentaire audio de John Carpenter et Keith Gordon (VOST), Making of de Laurent Bouzereau (48'), 20 scènes coupées (26'), Le Carrosse d'Or 2019 : conversation avec John Carpenter (74'), Bandes-annonces.

 
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