INGLORIOUS BASTERDS
Etats-Unis - 2009
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Inglorious Basterds »
Genre : Guerre
Réalisateur : Quentin Tarantino
Image : 2.35 16/9
Son : Français DTS 5.1 / Anglais DTS-HD MA 5.1 / Italien DTS 5.1 / Espagnol DTS 5.1
Sous-titre : Anglais pour sourds et malentendants, Français, Espagnols…
Durée : 148 minutes
Distributeur : Universal
Date de sortie : 5 janvier 2010
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Inglorious Basterds »
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site officiel
LE PITCH
Quelque part en Europe, le lieutenant Aldo Raine forme un groupe de soldats juifs américains pour mener des actions punitives particulièrement sanglantes contre les nazis. "Les bâtards", nom sous lequel leurs ennemis vont apprendre à les connaître, se joignent à l'actrice allemande et agent secret Bridget von Hammersmark pour tenter d'éliminer les hauts dignitaires du Troisième Reich...
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Waltz with Nazi

Instinctivement, le festivalier cannois s'interroge sur la pertinence de voir tel ou tel film figurer au sein de la compétition officielle. Avec Inglourious Basterds, la question ne se posait même pas, Quentin Tarantino lui-même ayant annoncé l'an passé lors de sa Master Class qu'il serait là en 2009 pour y présenter son nouveau film. Alors que le tournage n'avait pas encore commencé.

 

L'audace est incroyable. Tarantino est sans nul doute le seul réalisateur au monde à pouvoir sciemment promettre devant une audience d'un millier de personnes que non seulement son film sera tourné et post produit dans l'année (alors qu'il sortait d'une pénible phase d'écriture, le scénario étant à peine bouclé) mais également qu'il sera en lice pour la prochaine palme. Ce premier constat révèle la foi effarante du réalisateur, certes envers ses compères Frémaux et Jacob, mais surtout dans son propre travail. Tarantino a une confiance démesurée en lui et son dernier film justement suinte la « self-esteem », plus que tout. En témoigne cette même question sur toutes les lèvres à l'issue de la projection : « Mais où sont les Basterds ?! ». Pas devant la caméra en tout cas... Puis vient l'évidence cinglante de s'être fait copieusement entuber. Non, Inglourious Basterds n'est pas un film de guerre, pas plus qu'un western ni un film de mercenaires revanchards testostéronés. C'est avant tout une farce, ce qui est en un sens la tonalité la plus judicieuse pour traiter du nazisme aujourd'hui. Inglourious Basterds est un grand film hermétique, distillant promesses et frustrations sur près de 2h30. Hermétique car difficile d'accès. En effet, à vouloir brasser trop de genres le réalisateur finit par les effleurer simplement, laissant le spectateur en permanence au seuil de l'émotion recherchée. Et donc sur le carreau la plupart du temps. D'immersion/identification il n'y a point : le spectateur reste toujours en retrait, sans interaction réelle avec ce qui se joue à l'écran. L'implication émotionnelle ne fonctionne quasiment jamais, désamorcée par des sensations antagonistes présentées en parallèle, comme si le spectateur devait à la fois s'amuser du comique de situation et pleurer la mort d'un des personnages principaux.

 

De la pratique à la théorie

 

Le spectateur est donc remis à sa place d'observateur impuissant et se contente de regarder. C'est la fin des coups de coudes et autres clins d'œil complices. En cela, le cinéma de Tarantino n'a jamais été aussi peu référentiel. Le réalisateur change donc définitivement de cap, prolongeant ainsi le virage amorcé avec Death Proof. Il cesse de réfléchir (sur) le travail de ses maîtres et se concentre sur son cinéma à lui, devenant alors son propre sujet d'étude. Tarantino se radicalise et va cette fois au bout de son concept, à savoir raconter une histoire en un nombre limité de séquences (6 ou 7), tout en démultipliant les dialogues et les ellipses. Gonflé, il repousse ainsi les limites de la narration traditionnelle et ce jusqu'à l'abstraction, encore une fois sans craindre d'y perdre son spectateur.  Son cinéma devient plus froid, théorique, presque opératique. Le Tarantino faiseur-recycleur était jouissif et généreux, le Tarantino professeur est brillant mais surtout un peu chiant.

 

Reste au final une déclaration d'amour au cinéma étonnamment digeste (on ne voit pas les 2h30 passer, c'est un fait), le cinéma étant une nouvelle fois le cœur du film de Tarantino, son personnage principal. La plus belle idée du film étant certainement cette réflexion sur le pouvoir du cinéma : seul le cinéma est capable de renverser l'histoire, de la réécrire et ce serait bien lui, peut-être, la seule véritable arme de destruction massive.

Romain Basset








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Image :
On n'en attendait pas moins, la copie haute définition d'Inglorious Basterds est un ravissement de tous les instants. Les couleurs sont méchamment saturées et les teintes fraîchement contrastées... même les jeux visuels à la Tinto Brass (opposition de rouge vif et de gris cassés) donnent un rendu parfait. La compression est du même ordre, totalement invisible, et assure au passage un léger effet de relief très naturel. L'un des meilleurs Blu-ray sur le marché actuellement.

 

Son :
On attendait forcément une envolée brute de décoffrage lors du final apocalyptique... mais tout le long du visionnage le DTS-HD Master Audio 5.1 Anglais en met plein les oreilles. Autant dans les échanges de balles que pour un crâne fracassé à coup de batte, l'effet est imparable, mais la piste audio peut aussi se montrer d'une élégante subtilité dans la reconstitution des environnements et des ambiances. Un poil plus écrasée, la version française en DTS assure le spectacle... mais paraît tout de même relativement incongrue au vu du rapport aux langues dans la vision de Tarantino.

 

Interactivité :
Les bonus d'un Tarantino sont le plus souvent chaotiques et Inglorious Basterds n'y échappe pas. On trouve ici l'attendue version complète du faux-film de propagande La Fierté de la Nation dont l'ironie est encore plus évidente. Ce dernier est accompagné par un making of où Goebbels extrapole sur ses ambitions et où Eli Roth interprète le soi-disant réalisateur allemand. Totalement stupide mais très amusant. C'est de toute façon un ton très détendu que l'on retrouve de bonus en bonus : des clins d'œil à la monteuse enregistrés sur le tournage, des claps délirants de la script-girl, les anecdotes du vétéran Rod Taylor, au petit sujet sur les participations de Castellari et Bo Svenson, tout le monde affirme son grand plaisir de participer à l'expérience. Mais dans tout cela, le segment le plus marquant reste clairement la discussion croisée entre Tarantino et Brad Pitt sous la direction du journaliste Elvis Mitchell. Les deux nouveaux buddies parlent librement de la création du personnage et de la construction atypique du film entre deux crises de rire et autres private jokes. Fun, relax et loin d'être inintéressant. A noter que le critique a aussi enregistré un commentaire sur une sélection d'images de tournage et d'affiches créées pour l'occasion. Il y souligne les références et les figures utilisées pour appuyer une certaine véracité.   

 

Liste des Bonus : 3 Scènes alternatives, Table ronde avec Quentin Tarantino, Brad Pitt et le critique Elvis Mitchell (31'), "La Fierté de la Nation", le film dans le film (6'), Making-of de "La Fierté de la Nation" (4'), Conversation avec Rod Taylor au sujet de Victoria Bitter (7'), "Inglorious Bastards, l'original" (8'), "L'ange de la caméra de Tarantino" (3'), Galerie de posters cinéma avec Elvis Mitchell (11'), Bandes-annonces

 
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