HALLOWEEN II
Etats-Unis - 1981
Image plateforme « Blu-Ray »
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Genre : Horreur
Réalisateur : Rick Rosenthal
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais et français en DTS 2.0, Anglais en DTS 5.1
Sous-titre : Français
Durée : 92 minutes
Distributeur : Le Chat qui fume
Date de sortie : 1 janvier 2020
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Michael Myers n'est pas mort ! Les six balles tirées par le Dr Loomis n'ont pas suffi à arrêter le tueur, qui poursuit son but : retrouver et supprimer Laurie Strode. Blessée et choquée, la jeune femme, transportée à l'hôpital de Haddonfield, est loin de se douter que Myers est encore à ses trousses, laissant toujours plus de cadavres dans son sillage, tandis que Samuel Loomis traque sans relâche son ancien patient…
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You don't know what death is !

Film culte ayant transformé le visage du cinéma d'horreur américain, Halloween et sa rentabilité financière étourdissante (un investissement de 300 000 $ pour des recettes avoisinant les 60 M$) était voué à connaître une longue franchise. Première suite d'une trop longue série, Halloween II raisonne pourtant déjà comme le dernier moment de gloire de Michael Myers.

L'essai a pourtant longtemps eu très mauvaise presse, éclipsé naturellement par l'aspect novateur et la perfection stylistique du modèle, mais aussi par le dédain même pas masqué de John Carpenter en personne le considérant comme un vaste nanar. Et si ce dernier est crédité officiellement à trois reprises dans le générique, en coulisses l'affaire est un peu moins claire. Producteur certes, mais uniquement pour récupérer quelques liquidités dont il pense avoir été floué à côté du succès phénoménal du premier. Compositeur ? Son collaborateur Alan Howarth avoue clairement avoir œuvré seul dans le travail d'adaptation des thèmes iconiques. Coscénariste avec son épouse Debra Hill certainement, mais le concept mème de suite ne l'inspirait franchement pas et le script fut enfanté dans la douleur (et le whisky selon la légende). Cependant, il n'est pas crédité lorsqu'il reprend l'intégralité du premier montage espérant lui donner un coup de fouet et s'embarque même pour trois nuits de reshoot ajoutant quelques effets plus brutaux et des détails permettant de fluidifier une trame quelque peu chaotique. Une naissance aux forceps, tiraillée entre l'envie du jeune Rick Rosenthal de retrouver l'atmosphère lancinante du premier film, et celle de Carpenter de se rapprocher des autres slasher de l'époque, plus nerveux et primaires. Certains films ne s'en seraient jamais remis, Halloween II s'en sort brillame,t laissant parfois quelques traces de sa schizophrénie affleurer, mais offrant un film d'horreur indéniablement efficace, savamment rythmé et marqué par de nombreuses visions iconiques (comme les larmes de sang sur le masque) qui vont définitivement marquer la légende de The Shape.

 

la nuit du masque


Embrayant le pas à la minute même ou le premier film s'achève, Halloween II impose une marche forcée qui ne va se dérouler qu'en quelques heures à peine, achevant cette fameuse nuit du 31 octobre avec un chassé-croisé mortel entre Laurie Strode, transportée catatonique à l'hôpital de la ville, Michael Myers et le psychiatrique tenace Loomis sur ses traces. Des rues d'Haddonfield aux couloirs du bâtiment médical, si l'épure mystique de la mise en scène de John Carpenter n'est plus de mise, l'utilisation de vision subjective fluide et étouffante, la multiplication des travelling au Panaglide (équivalent du Stadycam), ne lui enlève aucune sophistication, assurant une filiation naturelle, mais aussi un bon moyen pour faire rejaillir plus encore la poignée de meurtre sanglants et exotiques au couteau de boucher, au scalpel, au marteau, à la seringue ou par noyade, qui viennent concurrencer directement Vendredi 13 et ses succédanés. Plus sanglant mais aussi plus concret lorsque malgré quelques évocations survivantes de culte païen (Samhaï écrit en lettres de sang), la motivation de Michael Myers se trouve une raison logique qui rend son invincibilité plus étonnante encore. A jamais insaisissable, monstre à tuer qui traverse sans ciller une porte en verre, Myers est la star d'Halloween II, volant la vedette à une Jamie Lee Curtis en retrait pendant une bonne moitié du film, talonné tout de même par le regretté Donal Pleasance, présentant un Loomis plus obsessionnel et délirant que jamais.

Des ambiances nocturnes froides et magnétiques, une photographie léchée, un casting assez solide et une mise en scène pointilleuse dote Halloween II d'une simple élégance dont on ne retrouvera plus jamais vraiment de traces par la suite si ce n'est brièvement dans les meilleures séquences d'Halloween 20ans après de Steve Miner. Si Rosenthal reviendra en 2002 avec Halloween Résurrection question de perdre toute crédibilité, Carpenter lui, toujours dépassé par sa création, va tenter l'expérience Halloween III, avant de laisser le titre se désagréger dans une alternance de séries B bancales et de pseudo-films d'auteurs. Quand on connaît la suite, Halloween II nous semble plus miraculeux encore.

Nathanaël Bouton-Drouard






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Image :
Pas aussi bien considéré que le premier épisode, Halloween II n'a pas encore connu de restauration à la source, ou plus clairement d'un scan du négatif et d'un travail chimique permettant d'en gommer les plus gros défauts (noirs neigeux, points blancs...). Reste que Le Chat qui fume a récupéré la meilleure source existante à l'heure actuelle. Non pas le master délivré en 2011 par Universal (avec le logo du studio écrasant scandaleusement le nom de Mustapha Akkad) mais la version améliorée distribuée par Shoot Factory dès l'année suivante. Disparition de quasiment toutes les traces restantes, harmonisation des cadres, teintes rehaussées avec naturel, noirs légèrement plus puissants, grain maintenu avec une certaine finesse... Les filtres numériques sont bien entendu passés par là mais ne dénaturent jamais la matière du film. Seul un coûteux Scan 2K pourrait améliorer cela.

 


Son :
Pas trop mal et relativement dynamique le DTS HD Master Audio 5.1 anglais s'efforce de booster un peu le spectacle initial en offrant de nombreux effets spatiaux, quelques ambiances agréables, mais résonne tout de même régulièrement comme une proposition un peu artificielle. Plus sobre, frontal, mais aussi naturel, le DTS HD Master Audio 2.0 s'avère d'une propreté exemplaire et donne toute la consistance attendue aux dialogues et aux musiques de Carpenter. Toujours un poil écrasé mais dotée de voix inoubliable, le doublage français n'a pas à trop rougir en comparaison.

 


Interactivité :
Serti dans un très sobre digipack, l'édition française d'Halloween II ne paraîtra pas forcement exhaustive aux fans qui connaissent plus ou moins le contenu de leurs équivalent US. Ici manquent tout de même un excellent commentaire audio du réalisateur accompagné de Leo Rossi, celui plus dispensable enregistré par le cascadeur Dick Warlock, et le montage télévisé du film (en SD) s'approchant plus directement de la version voulue par Rosenthal.
Mais les galettes ne sont pas vides loin de là, avec en premier lieu le petit de défilé des scènes coupées et un épilogue inédit aux airs d'Happy End forcé assez consternant. Plus intéressant, le documentaire Le Cauchemar n'est pas fini ! s'avère un making of rétrospectif des plus complets (même si une fois encore Carpenter et Curtis sont absents) retraçant poliment mais sûrement les méandres d'une gestation compliquée mais un slasher fait avec amour. Question de compenser un peu les politesses de ce dernier, la présentation d'Éric Peretti revient plus volontier sur le rejet du film par Carpenter et ses oppositions avec le réalisateur crédité.

Liste des bonus : Halloween II par Éric Peretti (30'), Le Cauchemar n'est pas fini ! Le Making of (45'), Scènes inédites (8'), Fin inédite (2'), Bandes-annonces.

 
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