AND SOON THE DARKNESS + FRIGHT
Royaume-Uni, France - 1970 / 1971
Image plateforme « Blu-Ray »
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Genre : Thriller, Horreur
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais et français DTS HD Master Audio 2.0
Sous-titre : Français
Durée : 186 minutes
Distributeur : Studio Canal
Date de sortie : 19 février 2020
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
And Soon the Darkness : June et Cathy, deux jeunes anglaises, passent leurs vacances en France, seules et à vélo. Dans un café, l’une d’elles fait la connaissance d’un homme. Peu après les deux amies se disputent et se séparent. Quand Jane revient dans le village pour retrouver Cathy, celle-ci a disparu… Fright : Amanda garde les enfants des amis ou des voisins. Un couple qui vient de s’installer dans le village lui demande de garder leur enfant. Le même soir, l’ex-époux et p...
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Twins of evil

Nouveau double programme pour la collection acclamée Make My Day ! du journaliste Jean-Baptiste Thoret qui s'intéresse cette fois-ci à deux thrillers british un peu oubliés de ce coté de la manche, mais qui s'apparentent pourtant à de sacrés slasher avant l'heure. Et comme c'est anglais, c'est l'atmosphère qui compte avant tout.

Les différentes phases du cinéma d'épouvante (comme le reste) ne changent jamais du tout au tout mais en passe systématiquement par de petites évolutions, quelques glissements de terrains avant d'en arriver à l'ultime révolution. Avant l'Halloween de John Carpenter il y avait donc La Baie sanglante de Mario Bava, le Black Christmas de Bob Clark, mais aussi un versant moins connus apparu chez nos amis anglais. Au milieu des cendres d'un studio Hammer à la déroute devant le désintérêt général du gothique classique, mais prenant le relais de leur collection de thriller post-Psycho (de Paranoïaque à Fanatic) apparait ainsi quelques curiosités pelliculées qui s'emparent d'une nouvelle modernité du genre. En l'occurrence ici les deux témoins Fright (alias La Peur) et And Soon The Darkness (aka rien du tout) qui certes ne partagent pas vraiment la même fiche technique mais sont marqués par ces mêmes influences et des expérimentations qui vont à leur tour en influencer plus d'un.

Réalisateur du célèbre The Italian Job, mais aussi d'une bonne poignée de séries B beaucoup plus flippantes, Peter Collinson compose ainsi un huis clos assez redoutable avec Fright, enfermant une très jolie baby-sitter, la charmante Susan George (Les Chiens de paille, Mandingo...) dans une riche maison bourgeoise alors qu'un psychopathe rode alentour. Classique ? Pas pour l'époque. Et la mise en avant de cadres contrariés, obstrués, et la construction lente et inéluctable du scénario de Tudor Gates, responsable de la trilogie Karnstein (The Vampire Lovers, La Soif du vampire et Les Sévices de Dracula) impose autant une sensation d'enfermement constante qu'un malaise grandissant culminant dans une scène de viol et une lame menaçant un petit garçon qui font aujourd'hui encore froid dans le dos. Un exercice de style alléchant et efficace malgré aujourd'hui quelques surprises et effets de styles forcément un peu plus attendu pour les spectateurs contemporains.

 

bicycle ride


Moins resserré géographiquement et donc moins sujet à un vieillissement prématuré, son double pas si forcé que cela, And Soon The Darkness insuffle dans sa structure de thriller psychologique anglo-saxon une petite dose bienvenue de déviance presque gialesque. Un dépaysement sans doute fourni aussi par ce détour inattendu de deux jeunes infermières anglaises (dont la Pamela Franklin des Innocents) dans la campagne picarde pour profiter du soleil. Quelle bonne idée ! Une balade à vélo, la blonde qui disparait et la brune semble constamment se perdre dans un paysage terriblement plat mais presque surnaturel dans sa faculté à enfermer sa proie. Concocté par deux auteurs incontournables de la télé anglaise Brian Clemens (Destination Danger, Amicalement votre) et Terry Nation (Le Saint, Survivors... mais aussi créateur des Daleks) et mis en scène par le sympathique Robert Fuest (L'Abominable Dr. Phibes et sa suite, La Pluie du diable...), l'objet porte définitivement la marque décalée et l'atmosphère atypique de Chapeau Melon et bottes de cuirs, alias Avengers, série sur laquelle ils ont tous collaboré à de nombreuses reprises. Avec un soupçon de sadisme supplémentaire d'ailleurs dans cette galerie de personnage du crus (dont l'excellent Jean Carmet pas loin de Dupont Lajoie) tous inquiétants et menaçants, nourrissant par leur exotisme « cassos » un whodunit franchement réussi.

Preuve sans appel que le slasher n'est vraiment pas né dans la banlieue américaine, ou pas seulement, le double bill réuni par Make My Day ! rappelle autant le vivier de talents que fut le cinéma d'exploitation anglais autant que la pertinence des choix éditoriaux de Thoret. Pas des chefs d'œuvre historiques, mais de très jolies pierres sur un chemin où vont très vite s'accumuler les corps d'adolescentes trépanées.

Nathanaël Bouton-Drouard






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Image :
Deux films plutôt obscures pour le marché français sans doute, mais clairement pas aux USA et au Royaume-Uni ce qui a permis aux films d'avoir les honneurs de restaurations luxueuses à partir de nouveaux scan 4K. La classe absolue avec des photogrammes entièrement nettoyés, rééquilibrés et stabilisés, sans jamais permettre la moindre perte d''intensité de la photographie ou de matière vibrante de pellicule. Un rendu très cinématographique riche et doté d'un piqué impactant, ces deux masters en mettent plein la vue et réjouissent par leurs colorimétries ultra contrastées et lumineuses.

 


Son :
Moins d'esbrouffe mais le résultat n'en reste pas moins solide du coté des pistes sonores DTS HD Master Audio (attention seul And Soon... est dispo avec vf) qui reprennent à leur avantage des monos d'origine rafraichis. La clarté et le confort sont constants et c'est là l'essentiel.

 


Interactivité :
Comme il se doit le directeur de collection Jean-Baptiste Thoret se fend pour chacun des deux films de nouvelles présentations éclairées, directes et efficaces avec un débit d'informations (l'horreur british, la série Avengers, la filmo des réalisateurs et acteurs...) particulièrement vif et précis. Il est d'ailleurs amusant de comparer avec l'intervention du journaliste anglais Kim Newman (spécialiste des Bluray anglais du catalogue Hammer) beaucoup plus posée, mais où la conversation disgresse inutilement sans véritablement apporter d'informations supplémentaires. La jolie petite surprise du digipack reste clairement la présence de madame Susan George pour accompagner Fright. Le charmeintacte l'actrice vient livrer quelques souvenirs du tournage et renouveler son soutien indéfectible au réalisateur Peter Collinson, injustement sous-estimé selon elle.

Liste des bonus : Présentations de Jean-Baptiste Thoret, Interview de Kim Newman pour And Soon the Darkness, Interview de Susan George pour Fright.

 
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