LE BOURREAU DU NEVADA
The Hangman - Etats-Unis - 1959
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Genre : Western
Réalisateur : Michael Curtiz
Musique : Harry Suckman
Image : 1.77 16/9 Compatible 4/3
Son : Anglais et français DTS-HD Master Audio 2.0 mono
Sous-titre : Français
Durée : 86 minutes
Distributeur : Sidonis
Date de sortie : 3 février 2020
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Le marshall Mackenzie Bovard reçoit une dernière mission avant de raccrocher définitivement les colts : arrêter un hors-la-loi coupable de l’attaque d’une diligence et de la mort de l’un de ses passagers. Ancien soldat de la cavalerie, le bandit se réfugie dans une ville dont aucun des habitants n’a l’intention de le livrer à la justice…
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Faussement classique

Disons le tout de suite, certains Westerns peuvent avoir tendance à se suivre et à se ressembler au point de se confondre les uns avec les autres. Ce Bourreau du Nevada ne restera pas gravé dans les annales mais il serait dommage de ne pas lui donner sa chance, tant ses propos détonnent dans ce genre ultra balisé.

Un hold-up, quatre bandits en fuite et des cadavres dans le sable. Le décor est planté ou plutôt évoqué. La suite est on ne peut plus classique. La traque des malfrats se terminera au bout d'une corde pour deux d'entre eux tandis qu'un troisième se fera vite arrêté. Un western de plus ? Peut-être bien. Car tout ce qui vient de se dire n'apparaîtra pas une seconde à l'écran. A quoi bon, ce sont des histoires vus et revus. Non, ce qui intéresse ici est l'après. Ou plutôt l'entre-deux. En effet le quatrième larron est toujours en fuite et le marshall Bovard est chargé de conclure cette affaire avec son arrestation. Il a beau savoir où il se trouve, avoir une idée de sa description, s'entourer de gens le connaissant, il va se trouver dans l'incapacité de le chopper tant qu'il n'est pas formellement et juridiquement identifié. Mais pourquoi donc, une ville entière se semble-telle mise d'accord pour le protéger ? Là est le sujet du film. Une sorte d'anti-western où la justice ne se réglera pas à coup de duel mais à coup de psychologie dans ce scénario de Dudley Nichols. L'auteur n'en est pas à ses débuts. Collaborateur sur de nombreux films de John Ford dont La Chevauchée fantastique, il a également roulé sa bosse pour Fritz Lang et Howard Hawks. Rentabilisant visiblement les dialogues, le scénariste contourne les scènes d'action du genre qu'un budget maigrichon ne permet vraisemblablement pas. Il utilise cette lacune pour emmener son western sur des sentiers peu fréquentés.

 

Humanisme sauvage


Filmé en noir et blanc dans une période où le technicolor est de mise, le film à de quoi surprendre. Néanmoins, cet écrin lui va bien (particulièrement sur ce master). Loin d'être un film de seconde zone, le film va s'offrir les fins de services de Michael Curtiz. Le metteur en scène du mythique Casablanca a donné dans le film d'aventures en faisant virevolter Errol Flynn en collant vert dans Robin des bois. L'action, il connaît. Pourtant, il va s'effacer de l'histoire en laissant de coté ses mouvements de caméra habituelle pour se consacrer davantage à ses acteurs. Le bourreau du titre faisant office de Marshal n'est autre que Robert Taylor. Pourtant ce n'est pas lui que l'on retiendra en premier lieu mais bien son actrice principale Tina Louise. Si son nom ne vous dit rien (à part peut-être pour Le Petit Arpent du bon Dieu en 1954), elle a su capter la pellicule et émoustiller le casting masculin du film. Curtiz s'en sera vite aperçu. Il lui offrira volontiers une séquence jubilatoire en lui faisant traverser la ville en robe rendant les hommes (et les animaux !) fous comme le loup dans les Tex Avery. Cette rupture de ton n'en fait pas oublier pour autant les rapports complexes des personnages couvrant chacun à sa manière le braqueur. Le shérif local s'obligeant à rester neutre dans l'affaire, une ancienne conquête tiraillée entre la prime de sa délation lui permettant de reprendre un nouveau départ et sa morale... Curtiz saura étirer son film et faire perdurer les pourquoi dans la tête de ses spectateurs. Le bad guy de l'histoire n'en étant forcement pas un. Loin du portrait qu'en dresse les autorités, celui-ci se révélera être au contraire la bouffée d'air frais qu'attendait la communauté en lui rendant des services telle que son cœur le désire.

 

Prônant l'entraide et niant l'individualisme, va détourner les codes de l'Ouest sauvage. Tout n'y est pas noir, de temps à autre des nuances de gris viendront égayer la donne pour lever un souffle d'humanisme. Finalement à l'Ouest il y a du nouveau.

Cédric Lemaire







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Image :
Pas habituel de voir un western tourné en noir et blanc en 1959. Sidonis nous gratifie d'un transfert de bonne tenue au piquet détaillé au détriment de contrastes trop tranchés. L'image est d'une belle stabilité que des griffures et autres imperfections de la pellicule ne viennent pas entraver.

 


Son :
En mono 2.0 sur les deux pistes son proposés. Celles-ci restent corrects conformément aux standards de l'époque. Classique, clair et sans surprise.

 


Interactivité :

Les deux compères de la collection se donnent une fois de plus rendez-vous sur cette édition. Dans le coin droit nous avons Bertrand Tavernier qui avoue ne pas avoir aimé le film à sa sortie mais qui le réévalue de nos jours (comme quoi seuls les imbéciles ne changent pas d'avis). Dans le côté gauche c'est Patrick Brion qui nous fait l'éloge de Robert Taylor en tout bon fan qu'il est de Tina Louise pour laquelle il en pince encore un peu.

Liste des bonus : Présentation du film par Patrick Brion 9' et par Bertrand Tavernier 20'.

 
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