MAD DOG AND GLORY
Etats-Unis - 1993
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Réalisateur : John McNaughton
Musique : Elmer Bernstein
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais et français DTS HD Master Audio 2.0
Sous-titre : Français
Durée : 97 minutes
Distributeur : Elephant Films
Date de sortie : 25 février 2020
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Wayne, surnommé ironiquement Mad Dog par ses collègues, sauve la vie d’un truand. Celui-ci, pour le remercier, lui envoie en cadeau une serveuse nommée Glory, mais lorsqu’au bout d’une semaine il veut la récupérer, Mad Dog en est tombé amoureux.
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Mafia Love Story

Production Martin Scorsese réunissant Robert De Niro, Bill Murray et Uma Thurman en têtes d'affiches n'est pas réellement un film sur la mafia. Ni un polar. Ni un drame. Ni une comédie romantique ou autre... Peut-être est-ce simplement un bon film.

Chaudement accueilli en 1993 mais quelque-peu délaissé depuis, Mad Dog and Glory est une production indépendante qui a particulièrement bien vieillie. Sans doute parce qu'elle déjouait déjà à l'époque les pronostics et les attentes. Imaginé par l'auteur de La Couleur de l'argent Richard Price (bientôt Mélodie pour un meurtre et Kiss of Death), le scénario a sans aucun doute été envisagé au départ comme un divertissement idéal pour l'ami Scorsese. Occupé par la préparation de l'un de ses chefs d'œuvre, Le Temps de l'innocence, le cinéaste se place très logiquement comme producteur / parrain, constituant une équipe de collaborateur récurrents, invitant Robert De Niro sur l'aventure et découvrant le réalisateur idéal en visionnant... Henry Portrait of A Serial Killer. Un thriller terrible et poisseux signé par un John McNaughton tout à fait disposé à s'essayer au métrage mainstream après l'échec de son précédent Borrower. Choix étrange, et pourtant, ce n'est pas le seul puisque De Niro s'offre volontairement le rôle du flic désabusé et routinier, préférant faire engager Bill Murray, roi de la comédie blasée, pour incarner un parrain envahissant, stand-upper amateur et truand en quête d'amitiés durables.

 

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De quoi déjà briser les règles et de toute façon Mad Dog and Glory avec ses airs de rien, sa légère nonchalance et sa décontraction mélancolique ne fait que ça, balançant son rythme entre réalisme de polar, buddy-movie avorté et comédie romantique contrariée, le tout emballé par des compositions très "film noir" d'Elmer Bernstein. Le pitch est déjà curieux (un mafieux offre une femme quelques jours au policier qui lui sauvé la vie), la suite ne l'est pas moins tant le métrage s'empare d'un rythme des plus personnels, profitant de dialogues d'une rare finesse et d'une science du cadrage idéale, pour embarquer délicatement le spectateur d'une quasi-parodie de film mafieux (certaines détails annoncent les futur Mafia Blues) vers une évocation sensible, sans une once de naïveté, de la rencontre entre deux être, Mad Dog et Glory, qui ont perdu depuis longtemps la soif de vivre. Pas de grandes envolées lyriques sur la beauté de l'amour, de retrouvailles filmées au ralenti, mais une double bagarre pas spectaculaire pour un sou où l'issue du couple se règle moins à coups de poings qu'à coup de lassitude. Reposant énormément sur les deux monstres De Niro / Murray, le film profite aussi pleinement des performances d'une toute jeune Uma Thurman (là aussi une beauté atypique) jamais angélique et d'un excellent et hilarant David Caruso en pote tête brûlée qui se la met sévère avec le gros bras Mike Starr, loin mais alors très loin de sa pathétique chorégraphie de lunette noires. Que du beau monde pour une comédie douce-amère dont la sophistication et l'élégance sont admirablement enveloppés d'une chaleureuse modestie. Un film rare.

Nathanaël Bouton-Drouard






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Image :
Comme beaucoup de titres de fond de catalogue de chez Universal, Mad Dog ad Glory a été restauré par le distributeur à partir d'un ancien master vidéo vieillissant. Cette copie HD étant celle diffusée ensuite aux éditeurs tiers. Après Kino Lorber aux USA c'est en France Eléphant Films qui doit donc composer avec une copie un poil trop terne, aux alternances de petits grains neigeux et de cadres trop lissés, pour un ensemble qui manque d'intensité. Le propre des restaurations uniquement numériques... Le visionnage est cependant plutôt agréable grâce à une tenue relativement stable et une propreté bien présente... de toute façon pas sûr que l'on ait mieux avant trèèèès longtemps.

 


Son :

Remasterisé en DTS HD Master Audio, la stéréo d'origine fait preuve en revanche d'un meilleur équilibre que dans nos souvenir. La clarté idéale des dialogues, la présence constante de la BO et les quelques petits effets d'ambiances se marient avec naturel et fluidité. Moins convaincant dans son jeu et son phrasé, le doublage français semble un peu plus plat forcément.

 


Interactivité :
Récupéré dans le tout petit stock de documents de la promo de l'époque, les suppléments sont composés d'une featurette télévisée et d'un rapide défilé d'interviews complémentaires pour la plupart de quelques secondes. Au milieu il y a tout de même ce petit sketch d'un Bill Murray qui s'amuse d'avoir combattu face à Raging Bull devant le regard pétillant de De Niro et Scorsese. Pas de trace par contre du commentaire audio du réalisateur proposé aux USA, la galette délivre cependant de très intéressants extraits du storyboard et du scénario annoté. A noter aussi la présence d'un livret d'une trentaine de pages dans le boîtier.

Liste des bonus : Un livret rédigé par Stephen Sarrazin dont un entretien exclusif avec John Mc Naughton (32 pages), Making of d'époque (3'), Interviews (5'), storyboards, scénario original, Bandes-annonces.

 
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