COSA NOSTRA
The Valachi Papers - Italie / France - 1972
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Cosa Nostra »
Genre : Policier
Réalisateur : Terence Young
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais et français DTS-HD Master Audio 2.0 mono
Sous-titre : Français
Durée : 125 minutes
Distributeur : ESC Distributions
Date de sortie : 18 février 2020
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Cosa Nostra »
portoflio
LE PITCH
La véritable histoire de Joe Valachi, repenti de la mafia américaine. Condamné en 1962 pour trafic de stupéfiants suivis du meurtre d’un codétenu, le gangster relate ses souvenirs au sein du crime organisé.
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Longtemps invisible en numérique, Cosa Nostra est aujourd'hui dispo dans une édition premium particulièrement soignée. Sympathique film de gangsters à l'ancienne, cette coproduction franco-italienne drivée par le légendaire Dino De Laurentiis oppose l'ascétique Charles Bronson à Lino Ventura, le temps d'une virée pittoresque au coeur de la mafia américaine. Une épopée richement documentée (c'est l'un des tout premiers films à traiter du sujet), bien que ponctuée de multiples imperfections à la lisière de la parodie. Et qui eut juste la malchance de sortir au même moment que Le Parrain.


Oublions donc le souffle shakespearien et l'ampleur opératique du chef-d'œuvre de Coppola. Place à du taf d'artisan parfaitement calibré qui se suit comme une bande-dessinée old school peuplée de tronches pas possible aux blases de gérants de discothèque du Vaucluse (Maranzano, Anastasia, Giuseppe « Joe the Boss» Masseria.). Structuré façon flashback, Cosa Nostra s'immisce dans les arcanes du crime organisé. Et c'est très rigolo à regarder. On y suit l'ascension puis la chute des pontes historiques de Cosa Nostra, un peu à la manière d'un soap-opéra vintage, via une succession de vignettes et de passages obligés : les règlements de compte virils dans les douches de Sing Sing, les restos de Little Italy et leurs chatoyantes nappes à carreaux rouges et blancs, les sanglantes rafales de sulfateuses chez le barbier ou à bord de bolides rugissants, les réunions de «capos» à gros cigares et leur le défilé de costards bariolés, les baisers de la mort et tutti quanti. Mais on contemple le spectacle avec un petit sourire aux lèvres tant les situations sont à la limite du cliché. Et le déroulé, plein d'incursions comiques maladroites et d'anachronismes limite dont ce somptueux plan furtif des Twin Towers lors d'une poursuite en bagnole censée se passer en 1929.

 

arrivée d'air chaud


Une fois le postulat accepté, Cosa Nostra se visionne comme un bon petit film du dimanche soir, boosté il faut bien le dire par une distribution «al dente» qui mise tout sur ses têtes d'affiche. Dans le rôle de Joe Valachi, Charles Bronson ballade nonchalamment sa dégaine de chasseur-cueilleur avec ce jeu minimaliste dont lui seul avait le secret. Face à lui, notre Lino national brille de mille feux dans la peau de Vito Genovese, mythique bras droit du boss suprême Lucky Luciano. Comme à son habitude, le Parmesan impose le respect... en anglais dans le texte ! D'un, il porte merveilleusement le peignoir de soie. De deux, quand il cause, on regarde ses pompes, on s'assoit et on écoute. On le voit peu mais son charisme déborde de partout et on s'amuse à imaginer quelle carrière américaine il aurait pu avoir (Friedkin et Spielberg lui ont longtemps tourné autour). Réalisé par le prolixe Terence Young, auteur entre autres de deux des meilleurs James Bond (Bons baisers de Russie et Opération Tonnerre) et fidèle collaborateur de Bronson (De la part des copains, Soleil Rouge), Cosa Nostra n'en oublie pas non plus les personnages féminins, parmi lesquelles Jill Ireland, la propre épouse de Charles Bronson qu'il imposa au casting d'à peu près tous ses films (c'est beau l'amour).

 

Bref, Cosa Nostra dégage un savoureux parfum d'atmosphère avec sa zique rétro, ses wiseguys bien sapés et ses jolies pépées. Mais ça s'arrête là. Et à côté de Lucky Luciano, le redoutable film-dossier de Francesco Rosi, et bien évidemment des Parrain I et II, récemment qualifiés par James Gray «d'Iliade et d'Odyssée de la civilisation américaine», cette incursion originelle au coeur de la pègre ne fait clairement pas le poids. Capisce?!

Gabriel Repettati






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Image:
On trouve une édition DVD correcte quoique un peu fatiguée et une édition HD autrement plus percutante. Malgré un grain léger mais persistant, le blu-ray propose une version optimisée de Cosa Nostra. Couleurs et contrastes éclatants, belle profondeur de champ en intérieur comme en extérieur. L'équipe d'ESC livre une nouvelle fois un boulot impeccable et confirme son expertise dans l'art d'exhumer des raretés oubliées.

 


Son:
Côté son, c'est aussi du très bon. La piste française permet de goûter à des doublages bien rétro qui ajoutent au charme vintage de l'ensemble. La piste américaine, plus précise et dotée de davantage de souffle, permet quant à elle d'entendre Lino Ventura s'exprimer en anglais. Et çà n'a pas de prix. La musique fait le job avec une ambiance «roaring twenties» du plus bel effet.

 


Interactivité:
Un entretien avec un spécialiste de la mafia fait le point sur les évènements et les thèmes abordés dans Cosa Nostra. Des épisodes authentiques qui sont parallèlement cités dans le diptyque du Parrain de Coppola et plus récemment dans la série Boardwalk Empire produite par Scorsese. Mais l'item le plus touchant reste l'interview de Clelia Ventura. La fille de Lino évoque son paternel comme un être pudique, d'une extrême délicatesse et à la sensibilité presque féminine, qui sous ses abords rugueux abhorrait la vulgarité et le manque de respect.

Liste des bonus: Combo Blu-ray / DVD avec fourreau, entretien avec Clelia Ventura, entretien avec un spécialiste de la Mafia, document d'archives.

 
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