RIO CONCHOS
Etats-Unis - 1964
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Genre : Western
Réalisateur : Gordon Douglas
Musique : Jerry Goldsmith
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais et Français DTS-HD Master Audio 2.0
Sous-titre : Français
Durée : 107 minutes
Distributeur : Sidonis
Date de sortie : 17 février 2020
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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portoflio
LE PITCH
Menant une vendetta personnelle contre les tribus Apaches, Jim Lassiter, vétéran sudiste de la Guerre de Sécession, est recruté par le colonel Wagner. Sa mission : mener un petit groupe d'hommes vers Pardee, un trafiquant d'armes, et les aider à mettre fin à ses activités…
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Hostiles

1964. En Italie, Sergio Leone dégaine Pour une poignée de dollars avec Clint Eastwood et lance officiellement la mode du western spaghetti. De l'autre côté de l'Atlantique, Hollywood a initié sa propre révolution faisant sortir le western de son âge d'or pour l'emmener vers de nouveaux horizons, plus sombres et plus ambigus, tout en subissant la concurrence de plus en plus rude du petit écran. Mené de main de maître par le vétéran Gordon Douglas, Rio Conchos participe de cette transition.

Actif derrière la caméra depuis les années 30, Gordon Douglas signe avec Rio Conchos son 80ème (!) long-métrage. Ayant œuvré dans (presque) tous les genres, ce new-yorkais de naissance est un artiste discret mais besogneux et sa filmographie contient au moins un monument reconnu et célébré, le traumatisant Des Monstres attaquent la ville (alias Them ! en vo), film de monstre au réalisme parfois glaçant. Au western, Douglas a également donné des œuvres robustes du calibre de L'Homme du Nevada ou Sur la piste des Comanches. Bref, le bonhomme connaît son affaire et c'est en toute confiance que la Fox lui confie Rio Conchos, budget confortable et cinémascope luxueux à la clé.
Le scénario repose sur un canevas on ne peut plus classique : le convoi en terres hostiles. Pour pimenter l'aventure, le métrage également des éléments de film de guerre avec une mission suicide ordonné par un général et menée à bien par une poignée de mercenaires ainsi que des codes typiquement « bondiens » avec, notamment, un méchant sudiste mégalomaniaque et revanchard dont il s'agira de faire capoter les plans diaboliques (relancer la Guerre de Sécession en armant les Indiens!) sans oublier de dynamiter son repaire. Ce mélange des saveurs donne un film un cachet singulier même si le dernier tiers, non content de s'achever sur un climax expédié, est à la limite de faire basculer l'ensemble dans la série B un tantinet paresseuse et peu crédible. Un défaut parfaitement contrebalancé par une caractérisation en béton armé.

 

les prisonniers de la haine


Émaillé d'affrontements spectaculaires (le clou du spectacle étant un guet-apens dans les ruines d'un ranch qui vire au film de siège), Rio Conchos témoigne, pour l'essentiel, de l'exceptionnel maîtrise du cadre de Gordon Douglas, alliant un découpage précis à des mouvements d'appareils élégants. Conçu pour être dégusté sur l'écran le plus large possible, Rio Conchos gagne encore en ampleur par la grâce du score monumental de Jerry Goldsmith, dont les cordes et les cuivres annoncent, entres autres, ses compositions pour Hour of the Gun et Under Fire.
Là où le film surprend vraiment et marque son importance, c'est dans sa galerie de personnages. Quatre hommes puis une femme que tout oppose. Contrairement à des films plus optimistes, la haine, la rancœur et la méfiance ne quittent jamais l'esprit des protagonistes. Permise par l'absence de stars au générique, cette audace dans le ton culmine avec la mort d'un nouveau-né lors d'une nuit pluvieuse où chacun tente de panser ses plaies comme il le peut. Dans le rôle d'un ancien soldat confédéré ayant juré de tuer tous les Apaches qu'il croise, Richard Boone fait forte impression, usant de son charisme et d'un air désabusé. Impossible aussi de passer la gouaille d'Anthony Franciosa sous silence, sa composition d'un mexicain roublard et as du couteau se plaçant dans la droite ligne d'un Eli Wallach. Plus discrète parce que relativement mutique, la prestation de Jim Brown (sa première au cinéma) confère pourtant une belle dignité à ce soldat noir fidèle à son honneur et à son devoir. On se montrera en revanche un peu plus réservé sur Stuart Withman et Wende Wagner, moins convaincants que le reste de la bande.

Western palpitant et racé fustigeant froidement le cercle de la haine, Rio Conchos est à découvrir (ou à redécouvrir) de toute urgence.

Alan Wilson






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Image :
Globalement propre et jouissant d'une définition allant de correct à remarquable, le master fourni a pourtant une fâcheuse tendance à tirer vers le vert, la couleur des uniformes pouvant carrément changer d'un plan à l'autre et au sein d'une même scène. Un défaut pas forcément imputable à l'éditeur mais qui trahit l'absence d'une vraie restauration.

 


Son :
La version française, en dépit d'un doublage de qualité, a tendance à éteindre les ambiances au profit des dialogues. Préférez-lui donc la version originale avec une musique mieux découpée et des fusillades plus imposantes. Reste un peu de souffle et une explosion finale un peu terne.

 


Interactivité :
Bien plus loquace que Patrick Brion, Bertrand Tavernier ne tarit pas d'éloges pour le western de Gordon Douglas mettant en avant la virtuosité de ce qu'il considère comme un film de chevet (et il rend même hommage à Jerry Goldsmith ; cœur avec les colts, Bertrand!). Plus classique, Brion se contente de replacer l'oeuvre dans son contexte de production. Différentes, ces deux interventions n'en sont pas moins complémentaires.

Liste des bonus : Présentation du film par Bertrand Tavernier (26') / Présentation du film par Patrick Brion (10') / Bande-annonce

 
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