RAMBO 2 : LA MISSION
Rambo : First Blood part 2 - Etats-Unis - 1985
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Rambo 2 : La Mission »
Genre : Guerre
Réalisateur : George. P. Cosmatos
Musique : Jerry Goldsmith
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais et français DTS HD Master Audio 5.1
Sous-titre : Français et anglais
Durée : 96 minutes
Distributeur : Studio Canal
Date de sortie : 1 février 2020
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Rambo 2 : La Mission »
portoflio
LE PITCH
Rambo est libéré à condition de se rendre en mission au Vietnam pour y rejoindre les prisonniers américains qui y sont encore gardés. Rambo retrouve le camp et va au-delà de sa mission en libérant un de ses compatriotes. Murdock, le responsable de la mission, décide alors de l'abandonner en territoire ennemi, Rambo, seul, sans armes et face à l'ennemi, prépare sa vengeance et son retour au pays.
Partagez sur :
It's a long road

Il y a peu de personnage de cinéma dont le seul nom est aussi évocateur que celui de Rambo. Un nom qui évoque immédiatement, et même pour les non-cinéphiles, la guerre, la mort, l'Amérique revancharde et triomphante, celle qui réécrit l'histoire. Ces adjectifs n'ont pourtant que très peu de rapport avec le film initial de Ted Kotcheff sorti en 1982, qui nous présentait un personnage brisé de l'intérieur par le Vietnam, et qui finissait par laisser exploser sa rage envers une petite bourgade Américaine typique, qui cristallisait sur lui toutes les frustrations que cette défaite a engendré sur la population du pays. Un personnage extrêmement tragique, donc, très loin de l'image qui lui est pourtant associé dorénavant. Cette image c'est Rambo 2 qui l'a apporté et qui marquera au fer rouge (ou au couteau dans ce cas précis) les spectateurs.

Quand Rambo 2 sort en 1985, Stallone est en pleine mutation professionnelle. L'ancien outsider d'Hollywood est arrivé à atteindre ce qu'il a toujours cherché : l'approbation du public et de son milieu professionnel, il commence alors à se fondre complètement dans le moule de la société Américaine pour devenir un pur golden boy des années 80 (transformation traitée dans Rocky 3, qui voyait lui aussi la mutation du drame initial vers un manichéisme simpliste). Si le premier Rambo traitait avec recul d'un sujet sensible, le retour difficile au pays des vétérans du Viet-nam, le second, lui, surfe sur un sujet d'actualité à l'époque : la recherche de soldats toujours portés disparus. Une intrigue prétexte, qui place déjà le film dans des velléités plus commerciales qu'artistiques, mais qui va surtout servir à Stallone à re-façonner le personnage de John Rambo à sa convenance. Une réappropriation qu'il avait déjà entamé sur le premier film en supprimant du montage pratiquement tous ses dialogues, mais qui, sur le deuxième film, intervient dès l'écriture du scénario. Mais là où les changements sur le premier volet avait surtout pour but d'améliorer son efficacité, ici, ils n'auront qu'un seul objectif, consolider l'image de star de Stallone.

 

god of war


La première version du script, écrite par James Cameron, voyait le colonel Trautman venir chercher Rambo pour sa mission, non pas en prison mais dans un asile psychiatrique. Ce changement est significatif du fonctionnement de la star, en faisant ça, on enlève d'abord l'ambiguïté que ça apporte au personnage (et donc on simplifie aussi l'identification des spectateurs) et ça permet de justifier le corps bodybuildé que Sly s'est forgé et, surtout, qu'il veut montrer. La mise en scène de George. P. Cosmatos est, là aussi, entièrement au service de sa star, mélant dans un même mouvement de caméra, le corps et les armes de Rambo et le filmant en contre-plongé à la moindre occasion. La photographie de Jack Cardiff, immense chef opérateur des Chaussons Rouges et du Narcisse Noir, magnifie les muscles constamment tendus de la star et la musique du grand Jerry Goldsmith tout en cuivres et percussions transpire l'aventure et la testostérone.
Tout dans Rambo 2 converge à faire de son personnage un dieu de la guerre et à galvaniser le spectateur dans un déluge de fusillades et d'explosions. Une réussite indéniable sur ce plan, le film à un rythme effréné dans l'action mais sacrifie aussi tout le reste sur cet efficacité. Aucun personnage n'est développé autrement que par sa fonction dans le récit, le colonel Trautman n'a aucune autre utilité que vanter les mérites de Rambo dans des répliques faites pour la bande annonce et le personnage de Cao ne se cantonnera qu'a une histoire d'amour potentielle pour Rambo (elle était, là aussi, beaucoup plus développée dans le scénario initial). Les seuls éléments de scénario restant raccords avec le premier film étant le rôle défiant des autorités américaine, incarné ici par la CIA et qui sera la cible de la colère finale de Rambo et son désenchantement de la situation même si là encore on perd l'ambiguïté du premier film.Malgré tout, ces simplifications n'ont pas du tout portés préjudice au film à sa sortie, qui a été un des plus gros succès du cinéma américain à son époque.


Ce n'est pas pour son histoire que Rambo 2 a autant marqué. Portés disparus avec Chuck Norris l'avait devancé d'un an avec ce même sujet et n'a pourtant pas autant marqué les esprits. Sylvester Stallone a senti et à porter au sommet le changement que la société américaine était en train de vivre et le film fut une catharsis parfaite pour ses spectateurs, et pas seulement américain, le film ayant eu un énorme succès en France aussi. Un succès qui en fera le mètre étalon du cinéma d'action et aura une grande influence sur le genre dans les années suivantes (avant d'être détrôné par Die Hard trois ans plus tard qui le révolutionnera à son tour) mais surtout qui en fait un film immanquable si on veut comprendre le cinéma et la société américaine de cette décennie. Car si un film comme le Scarface de Brian De Palma était un reflet de ce qu'était véritablement l'Amérique des années 80, Rambo 2, est telle qu'elle se voyait.

Benoit Llamazares








Partagez sur :
 

Image :
L'édition présentée ici est une édition blu-ray basé sur la nouvelle remastérisation 4K de la trilogie. Cette édition bénéficie d'un nouvel étalonnage qui tend beaucoup plus sur le bleu que les anciens masters. Cette nouvelle colorimétrie renforce aussi le vert de la jungle et redonne une seconde jeunesse à la très jolie photo de Jack Cardiff. Studio Canal à heureusement eu la main très légère sur le réducteur de grain et malgré quelques plans un peu lisses, l'image garde un piqué très fin. On ne retrouve pas les tâches et les usures de pellicule présente sur les précédentes éditions. Au niveau des contrastes, c'est aussi du très bon travail, les noirs sont profonds et les couleurs explosent (dans tous les sens). La chaleur, l'ambiance moite et l'humidité se ressent constamment et on peut pratiquement compter les gouttes de transpiration sur le visage de Charles Napier et les veines sur les bras de Sly.

 


Son :
On remercie Studio Canal de nous proposer la piste VF en 5.1 DTS-HD Master audio, comme pour la piste VO, on pourra ainsi profiter des répliques cultes du film comme à l'époque de sa découverte. Pour ceux qui découvrirait le film avec cette ressortie, on conseillera plutôt la piste VO qui possède un meilleur mixage et permet de mieux profiter des ambiances de jungles et des très nombreuses explosions et détonations de mitraillettes en tout genre.

 


Interactivité :
De très nombreux bonus dans cette édition dont certains produits récemment. Le premier : « Rambo symbole des années 80 » est un mélange d'interviews d'époque de Sylvester Stallone et Richard Crenna sur le plateau du film avec des entretiens actuels. Les participants évoquent les différences entre le personnage de Rambo du premier et du second film. Comment Stallone l'a fait évoluer pour s'adapter à la demande du public de l'époque et de la concurrence (c'était à celui qui avait la plus grosse explosion). On évoque brièvement James Cameron et, plus surprenant, le rôle qu'a joué la saga dans la révolution Polonaise contre l'URSS. Le second bonus est un entretien avec Franco Columbu, le coach sportif de Stallone à l'époque du film, il revient sur le régime qu'il a fait subir à l'acteur et son interdiction à consommer des stéroïdes (croustillant quand on connait les problèmes qu'a eu Stallone sur Rambo 4). On passe ensuite à un cours de musculation entrecoupé d'anecdotes, notamment comment Sly à fait tourner des plans spécialement pour mettre en valeur son corps.
Déjà présent sur les précédentes éditions, « On y va pour gagner », fait revenir les acteurs et techniciens du film pour partager leurs souvenirs du tournage. Des conditions difficiles de la météo, la transformation physique de Sly. Les monteurs reviennent sur les choix de montage du film notamment les différentes versions du discours final de Rambo. Les autres bonus, séparés en plusieurs petits modules ne forment qu'un seul et même reportage d'époque sur le tournage du film. Principalement promotionnelles, ces séquences ont un intérêt seulement historique de nos jours et permettent de voir comment le film était vendu aux spectateurs.
On termine le tour de ses bonus avec le commentaire audio de George. P. Cosmatos (attention les sous-titres contiennent beaucoup de coquilles et d'erreurs de police) qui apporte plusieurs anecdotes intéressantes et amusantes. On regrettera peut être l'absence d'un second participant pour relancer la conversation, le réalisateur laissant parfois de longs silences ou paraphrasant juste ce qu'il se passe à l'écran.
Une édition très bien fournie, donc, et les nouveaux suppléments apportent un recul nécessaire sur le film. L'alternance entre les trois époques des bonus (époque du tournage, édition dvd, édition blu-ray) donne un amusant regard sur l'évolution du film au fil des années, de ce qu'il voulait être et de ce qu'il a finalement été.

Liste des Bonus : Commentaire audio de George. P. Cosmatos, Rambo symbole des années 80 2e partie (12'), On y va pour gagner (20'), Making of et interviews (15'), La Restauration (1'), Devenir Rambo (14'), Bandes-annonces.

 
Crédits & mentions légales - Publicité - Nous contacter
Copyright Regard Critique 2009-2020