L’ATTAQUE DE LA MALLE-POSTE
Rawhide - Etats-Unis - 1951
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Genre : Western
Réalisateur : Henry Hathaway
Musique : Sol Kaplan
Image : 1.66 16/9
Son : Français & Anglais DTS HD Master 2.0 mono
Sous-titre : Français
Durée : 86 minutes
Distributeur : Sidonis
Date de sortie : 17 février 2020
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Le bandit Zimmerman et ses trois complices prennent en otage les usagers d’un relai de poste où doit s’arrêter un convoi d’or. Tom, Vinnie et quelques autres vont désormais vivre sous leur menace. Lorsque Tom essaie de s’échapper pour aller chercher du secours, sa tentative échoue. Les événements, dès lors, vont se précipiter.
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Caractère trempé

« Faire le meilleur film pour le moins d'argent possible ». Ce n'est pas une épitaphe mais le leitmotiv d'Henry Hathaway. Non pas que ses productions sentaient le film fauché, mais il avait cette capacité de rentabiliser à l'écran chaque centime investi. L'Attaque de la malle-poste en est un très bon exemple.

Hathaway a toujours navigué au sein des studios. Ce fonctionnement lui correspondait bien là où d'autres s'en plaignaient. Sévissant durant de longues années au sein de la Fox de Zanuck, le producteur aimait lui confier ses projets compliqués. Surnommé « le hurleur » par ses collaborateurs, le metteur en scène n'avait pas son pareil pour relever les défis filmiques. D'accessoiriste à organisateur des tournages de son mentor Victor Fleming, ce fils de marquis belge est passé par tous les postes. Tant et si bien que cette maîtrise obligeait les techniciens à donner le meilleur d'eux-mêmes sous peine de recevoir les foudres de ce général de plateaux. Rapides et efficaces, ces tournages constituaient une aubaine pour les studios fonctionnant au rendement. Passant allègrement d'un genre à l'autre avec la même facilité, Hathaway avait une affection toute particulière pour les westerns dans lesquels il mélangeait les genres.

 

Film de genres


L'Attaque de la malle-poste a beau dater du début des années 50, il n'en reste pas moins extraordinairement moderne si on le compare aux autres standards de l'époque. Pour preuve, l'ouverture de sa Malle-poste commence par une voix off vantant les mérites et la rapidité de son service. Ouverture désarçonnant pour un western sombre et parfois brutal. Car dans ce film basé sur l'attente d'une diligence à braquer, Hathaway s'amuse à alterner les notes d'humour avec celles de thriller et de huis clos dans un bel emballage fleurant beau l'Ouest sauvage. Le mélange des genres encore. Pour cela il est bien aidé par le scénariste Dudley Nichols (Le Bourreau du Nevada). Il y fouille ses personnages et y développe des scènes de cloisonnement, pain béni pour Hathaway. Son précédent film, 14 Heures en était justement un maître-étalon (un homme suicidaire sur le rebord de sa fenêtre 1h30 durant). Pas la peine de dire que le réalisateur est ici dans son élément. Une majeure partie du film va se passer dans une pièce d'où les personnages tenteront de s'échapper façon Grande évasion. Même une fois en extérieur, Hathaway, par son sens du cadrage, enfermera ses personnages dans les recoins de ses décors. Sa gestion de l'espace fait ici merveille. Il explorera son film en le dramatisant, en mettant en jeu une enfant déambulant tantôt avec un couteau comme jouet, tantôt entre des coups de feu dont elle fait l'objet. La censure a dû voir rouge. Il s'amuse à filmer en créant du suspense autour d'un simple bout de papier porteur d'un message primordial pour la survie des otages. Un pur exercice de style qu'il maîtrise de sa caméra et du montage comme d'une partition (dont le film se prive d'ailleurs pour mieux laisser parler la mise en scène).

 

AU service des acteurs


Mais le réalisateur a beau être redouté de son équipe, il a toujours était doué pour diriger ses acteurs. Tyrone Power, dans l'envie de donner un second souffle à sa carrière, se laisse malaxer par son réalisateur qui l'a déjà dirigé à maintes reprises. Il en fait un héros faillible, parfois un peu gauche avec ses craintes et ses peurs. Il ne se jette pas sur les brigands, au contraire, il leur fait la cuisine par crainte de représailles envers Susan Hayward, sa compagne d'infortune. Hayward, parlons en justement. En femme autoritaire, Zanuck a demandé à son scénariste de rendre son personnage à l'image de son caractère. Hathaway lui donne une vraie crédibilité à l'écran. Lui, qui a une réputation de réalisateur de films d'hommes a su montrer qu'il était aussi à l'aise avec des personnages féminins (Crépuscule, Peter Ibbetson). Son duo avec Power va donner du fil à retordre au gang d'en face. Au plus ceux-ci s'unissent, au plus les malfrats flirtent avec la dissension. Le chef des brigands (Hugh Marlowe) a beau avoir un grand cœur, il a fort à faire face Jack Elam le psychopathe du gang. Il volerait presque la vedette au reste du casting (comme Richard Widmark dans Le Carrefour de la mort du même Hathaway). Avec sa mine patibulaire il est de ces acteurs que l'on aime détester. Il passera une bonne partie de sa carrière à jouer les salauds (notamment pour Leone). En bon directeur d'acteurs, le réalisateur saura tirer parti des caractéristiques de ses comédiens pour le plus grand plaisir de ses spectateurs. Quant à la fameuse attaque, elle ne surviendra jamais.


Loin de tout sentimentalisme, Hathaway fait le taf, et fidèle à ses habitudes, il le fait bien. La maîtrise de son métier n'est plus à prouver. Pour les cow-boys, Rawhide (titre original du film) était le coup de fouet pour élever les chevaux sauvages. C'est justement ce claquement d'âpreté que le grand Henry a su donner à son film.

Cédric Lemaire






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Image :
Tiré du négatif original, le master du film ne fait pas son âge. La balance des noirs et blancs est parfaitement équilibrée et les détails lors des gros plans remarquables sans dénigrer le grain de la pellicule. Seuls quelques flous ponctuels sur les côtés de l'image viennent troubler la vision de temps à autre.

 


Son :
Là aussi, le son est tiré de la source originale. Simple mais efficace, elle restitue correctement l'ambiance à l'image de ce que pouvait être le film à l'époque. Etant donné le peu de musique composée pour le film, le son se concentre principalement sur les ambiances.

 


Interactivité :
Commençons directement avec le bonus le plus surprenant de cette édition. Là où la plupart du temps le commentaire audio des films ressemble plus à une perte de temps qu'à une leçon de cinéma, celui-ci prouve le contraire. Commenté par C Courtney Joyner (scénariste de Prison et de quelques Puppet Master !), il se révèle fin historien de cinéma et nous livre un monologue de 90 minutes sur le film, bourré d'info sur le travail de Hathaway et des productions Zanuck. Un must pour tous ceux qui s'intéressent à ce pan du cinéma. On enchaîne avec les présentations de Tavernier et de Brion qui s'attardent sur les méthodes de travail du metteur en scène et sur ses relations avec ses acteurs. Un portrait de l'actrice Susan Hayward complète le tableau ainsi qu'un focus sur Lone Pine. Lieu de tournage de nombreux western de l'époque ponctué de photos rares du grand Hathaway en train de diriger son équipe. Merci à l'éditeur Sidonis pour ces documents précieux de cinéphiles. On en redemande !

Liste des bonus : Commentaire audio de C. Courtney Joyner, présentation de Bertrand Tavernier 33', présentation de Patrick Brion 7', Susan Hayward : un franc-tireur à Hollywood 7', Tournage à Lone Pine 12', Bande-annonce 2'.

 
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