RAMBO
First Blood - Etats-Unis - 1982
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Genre : Action, Drame
Réalisateur : Ted Kotcheff
Musique : Jerry Goldsmith
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais et Français DTS-HD Master Audio 5.1
Sous-titre : Français
Durée : 93 minutes
Distributeur : Studio Canal
Date de sortie : 1 janvier 2020
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Rambo »
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LE PITCH
De retour au pays, John Rambo, ancien commando d’élite au Vietnam, est arrêté pour vagabondage. Menacé et maltraité par la police locale, il va devoir se battre pour sa survie.
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Born in the USA

John Rambo. La simple évocation de ce matricule suffit à évoquer un pan entier de la culture pop des années quatre-vingt. Et une sacrée tranche de notre cinéphilie. Pourquoi ? Parce qu'il s'agit d'un héros de cinéma devenu culte. Et qui, à l'instar de Rocky Balboa, demeure indissociable de son auteur-interprète Sylvester Stallone.

Première observation, ce Rambo premier du nom est un putain de bon film. Un script décharné qui va droit au but. Une réal' en béton armé. Une unité de temps et de lieu, au sein d'un décorum somptueux et puissamment cinétique. Un anti-héros charismatique et un méchant qui l'est tout autant. Autant d'ingrédients qui résistent à l'usure du temps et qui font du long-métrage l'un des parangons du cinéma d'action contemporain. Remettons les choses dans leur contexte. An de grâce 1982. Stallone est au sommet de sa gloire puisqu'il sort du carton Rocky III. Soucieux de se diversifier, il accepte de participer à un projet qui fut, excusez du peu, refusé par Dustin Hoffman, Al Pacino, Robert De Niro, Clint Eastwood, Jeff Bridges, Michael Douglas, Nick Nolte et Steve McQueen ! Bien lui en a pris. Après Rocky, Rambo est tout simplement le rôle de sa vie. Et sans rire, Sly (qui a co-écrit le scénario) est juste parfait en ex béret vert dont l'extrême susceptibilité n'a d'égal qu'un instinct de survie atrocement déflagrateur. Dès la première séquence, amplifiée par la photographie d'Andrew Lazlo (Les Guerriers de la nuit, L'Aventure intérieure) et un score signé Jerry Goldsmith (Chinatown, Alien), le spectateur entre dans le vif du sujet. À savoir la délicate réinsertion des vétérans de guerre de retour au pays. Le septième art a toujours aimé les renégats, les vagabonds, les parias, les âmes brisées, les hommes sans nom. Et ici, il n'est question que de cela. Honneur, injustice et hostilité, le temps d'une course-poursuite chahutée qui se clôt lors d'un climax de feu et de sang à graver dans les mémoires.

 

Docteur Sylvestre et Mr Sly


Adapté du roman éponyme de David Morrell qui traitait du traumatisme de l'après Vietnam, Rambo est réalisé par Ted Kotcheff, cinéaste méconnu mais hyper qualifié qui se fit notamment remarquer au début des 70's avec Réveil dans la terreur, éprouvant «survival movie» en plein bush australien. Son sens du cadre et son art du spectacle font des merveilles. La tension ne faiblit jamais. Elle grimpe en flèche au sein de décors naturels d'une beauté à couper le souffle (l'Oregon dans le film mais, en réalité, les territoires sauvages de Colombie-Britannique). Quant aux personnages, ils sont immédiatement identifiables. On devine de suite qui sont les bons et qui sont les enflures; mention spéciale au rouquin David Caruso dans l'une de ses premières apparitions et au shérif (Brian Dennehy), colosse à l'allure de grizzly à la fois bonhomme et mauvais esprit. Le cinéaste offre aussi ses lettres de noblesse aux scènes d'action pure (l'arrestation musclée, la douche forcée, la fuite à moto, la séquence de l'hélicoptère ou celle du barrage de police), filmées avec une réelle rugosité et tournées pour la plupart sans trucage. Dont ce fameux saut dans le vide qui coûta tout de même à Stallone deux côtes cassées et plusieurs allers-retours aux urgences.


En fait, le film synthétise à lui seul toute la carrière de la star. À savoir du cinoche hybride qui s'inspire souvent d'un honorable terreau classique pour vriller progressivement vers un grand portnawak imparable. Au début de Rambo, la qualité du scénario, de l'interprétation et de la réalisation, évoque Délivrance de John Boorman. Même sentiment d'insécurité, même nature inhospitalière, mêmes enjeux existentiels compliqués: la survie, ni plus ni moins. Mais dès l'arrivée de l'inénarrable Colonel Trautman (Richard Crenna), on gravit un échelon qui vire à la franche rigolade. Le lot de punchlines du gradé est absolument irrésistible: «Je ne viens pas sauver Rambo de la police, je viens sauver la police de Rambo!», «Ce type est capable de bouffer des trucs à dégoûter un bouc.», «Dieu n'a pas fait Rambo, c'est moi qui l'ai fait.» Autant de répliques qui forgeront la légende de Sly, en bien comme en mal, et façonneront jusqu'à plus soif le phénomène de la Rambomania (et sa discutable dérive propagandiste) lors des épisodes qui suivront. Dans l'oeuvre originelle de Kotcheff, notre ancien soldat d'élite se mue en ange exterminateur badass et démerdard. Un boy-scout qui aurait mal tourné. Une créature de Frankenstein incontrôlée et incontrôlable, prompte à nourrir l'imaginaire. Terriblement fun, le film se regarde sans heurts au premier degré comme au dixième degré. Rambo, c'est un peu le pendant tribal de Taxi Driver. Du cinéma anar et cathartique, voire carrément punk. Rambo, c'est le gamin qui casse ses jouets, l'ado véner qui saccage sa chambre. Qui n'a jamais rêvé de brandir le même coutelas de trappeur ou de confectionner les mêmes pièges que Johnny R. dans la cour de récré ? Combien de films est-on capable de citer par coeur du début à la fin ? Depuis la nuit des temps, la vengeance est un plat qui se mange froid. Le long-métrage ne cesse de puiser dans des archétypes immuables: un peu de western, pas mal de guéguerre, beaucoup de grabuge. À chaque vision, il confirme son statut d'oeuvre culte et distille le même plaisir coupable. Nous finirons donc par ces mots: «En ville, tu fais la loi. Ici, c'est moi. Alors fais pas chier. Ou je te ferais une guerre comme t'en as jamais vue.»

Gabriel Repettati








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Image:
Cette nouvelle mouture a été réalisée à partir d'un transfert 4K. La haute définition est magistrale et le résultat s'avère plus que probant. Une netteté et des contrastes largement amplifiés. Des séquences nocturnes qui gagnent en précision et en intensité. Des qualités générales qui permettent de goûter pleinement aux qualités triviales d'un film d'action entré dans l'histoire et riche d'un décorum qui n'a pas pris une ride.

 


Son:
Les deux pistes se valent. Puissantes et parfaitement étalonnées. Musique inspirée et inspirante de Jerry Goldsmith, avec ses nappes mélodiques et la chanson-titre bien 80's du générique de fin. À vous de voir si vous préférez suivre le film en version originale ou apprécier le charme implacable d'une version française qui hante encore les souvenirs d'enfance de bon nombre d'entre nous.

 


Interactivité:
Studio Canal a sorti le grand jeu. Parmi les meilleurs items, on notera les commentaires particulièrement éclairants de Stallone et David Morrell. Un autre bonus s'intéresse à l'impact du film dans la culture populaire. Quant au making-of, il nous apprend que le rôle de Trautman était à l'origine destiné à feu Kirk Douglas. La star fut in fine écartée car il souhaitait voire mourir Rambo à la toute fin. La scène a été tournée, elle figure d'ailleurs dans les suppléments. Mais elle a été abandonnée à la suite de projections test négatives. Une autre scène coupée (bien WTF) nous dévoile un John Rambo moustachu en très bonne compagnie dans un bouge vietnamien. Vient ensuite une comparaison image par image de l'ancienne et de la nouvelle version haute-définition. Les autres bonus sont plus anecdotiques. Pour la plupart, des émissions et autres documents d'archives vantant les valeurs de l'infanterie américaine.

Liste des bonus: Commentaire audio de Sylvester Stallone, commentaire audio de David Morrell, «Rambo, symbole des années 80», making-of, fin alternative, scènes inédites, scène coupée, la restauration, «Le vrai Vietnam», «La formation des héros», «Devenir Rambo», bande annonce originale.

 
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