POLICE FRONTIèRE
The Border - Etats-Unis - 1982
Image plateforme « Blu-Ray »
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Genre : Drame, Policier
Réalisateur : Tony Richardson
Musique : Ry Cooder
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais et Français DTS HD Master Audio 1.0
Sous-titre : Français
Durée : 108 minutes
Distributeur : Rimini Editions
Date de sortie : 3 juin 2020
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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portoflio
LE PITCH
Le policier Charlie Smith est muté à El Paso, près de la frontière mexicaine. Il intègre les équipes chargées de lutter contre l’immigration clandestine et découvre la corruption qui règne dans la police locale. Parallèlement, il se prend d’affection pour Maria, une jeune clandestine.
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Walk the Line

Terre d'enjeux culturels et politiques depuis quelques siècles, la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique est naturellement au cœur de ce bien nommé Police Frontière (The Border en vo), polar réaliste et dénonciateur perçu dans le reflet des lunettes opaques de Jack Nicholson.

Un acteur encore une fois absolument imparable, extraordinairement juste et humain dans son incarnation subtile d'un flic de base découvrant durement la réalité de la situation à la fameuse frontière mexicaine, alors que l'autre taré n'avait pas encore commencer la construction de son mur de la honte. Un problème qui dure, une situation inextricable qui fait le drame des uns et le beurre des autres. La justesse du film étant d'avoir opté pour un bon gars, un employé de l'état comme les autres ni pire ni meilleur, dont le principal défaut étant sa passivité, sa lâcheté commune, autant dans sa vie de couple (madame vit le rêve américain en dépensant sans compter) que dans son métier, fermant au départ les yeux sur les petits arrangement de ses collègues. Comme prévu c'est sa rencontre avec une jeune adolescente, fille-mère, qui va changer concrètement son regard, lui faire prendre conscience de la réalité sordide du destin des clandestins et de la collaboration active entre une police largement corrompue (Harvey Keitel en tête) et les trafiquants de tous bords (drogue, filles, enfants...). Un cadre classique de western moderne, où l'on ne peut que reconnaitre les intentions de scénaristes loin d'être inconnus : Walon Green (Sorcerer) qui fut à l'origine de La Horde Sauvage de Sam Peckinpah et Derick Washburn (Voyage au bout de l'enfer, Silent Running) qui creusera le même sillon en 1987 avec le beaucoup plus corsé Extrême Préjudice.

 

débordé


Toujours cette même obsession pour cette frontière tracée dans le sable, mais clairement le très anglais Tony Richardson (Tom Jones, Ned Kelly, La Solitude du coureur de fond) n'a pas forcément la fougue et la sécheresse virile d'un Walter Hill, préférant aborder cette rédemption politique et humaniste sous l'angle du drame policier. Plus dramatique que policier d'ailleurs. Une opération qui fonctionne parfaitement lors des multiples confrontations entre un casting parfaitement rodé et intense - avec au passage la révélation de la jeune Elpidia Carrillo que l'on retrouvera rapidement dans Predator et Salvador -, en particulier lorsque les deux figures féminines se croisent enfin. L'épouse consumériste et frivole, presque immature et la gamine déjà habituée à la survie, se regardent alors en chien de faïence, n'ayant absolument rien à se dire, ou pas loin, face au fossé qui sépare leurs existences. L'aspect presque documentaire, témoignage, est réussi, mais Tony Richardson n'a sans doute pas la fibre américaine, western et bis, et se montre beaucoup trop en retenu, trop sobre et poli dans sa description d'une violence omniprésente, jusqu'à une vendetta finale qui manque de sauvagerie et de viscéralité pour esquiver le piège du prévisible happy-end. On est loin du film coup de poing que Police frontière aurait pu être, mais le charisme de Nicholson et l'âpreté du thème en font tout de même un petit polar qui se suit avec un réel intérêt.

Nathanaël Bouton-Drouard




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Image :
Reprenant le master HD déjà fourni par Universal aux anglais d'Indicator et aux américains de Kino Lorber, Rimini ne peut forcément pas faire mieux qu'eux et doit composer là aussi avec une copie héritée des anciennes sources vidéos simplement remises aux goûts du jour par des outils numériques et ce sans passage par un nouveau scan à la source et une restauration chimique. Un procédé qui tranche un peu avec les derniers standards et qui laisse ainsi passer quelques petits tâches blanches, des noirs grisonnants, et qui ne peut assurer une définition optimum. Comme toujours les séquences en pleine lumière et en cadres resserrés font facilement illusion, les plans larges peu profond beaucoup moins. Un visionnage pas désagréable pour autant grâce à une colorimétrie stable et maitrisée et une image relativement propre et fine dans l'ensemble.

 


Son :
Les deux pistes mono proposées dans un DTS HD Master Audio tout neuf se montre tout à fait adéquate au visionnage. Le son a été nettoyé pour l'occasion et ne laisse filtrer aucun soucis majeur. C'est propre, clair, assez équilibré et solidement frontal.

 


Interactivité :
Pas grand-chose d'indispensable à se mettre sous la dent sur les éditions anglo-saxonnes en dehors d'interventions de spécialiste du cru, du coup Rimini nous a dégotté un document d'archive plutôt rare. Une conférence uniquement audio enregistrée lors d'une présentation en 1992 du dernier film de Tony Richardson, Blue Sky, distribué à titre posthume, au National Film Theatre. L'occasion de faire intervenir la fille de ce dernier, une actrice comme Vanessa Redgrave et d'autres collaborateurs du réalisateur pour revenir sur l'ensemble de sa carrière, sa vision du cinéma et quelque uns de ses plus grands succès. C'est parfois un peu cafouilleux (ce n'était pas voué à être diffusé) mais d'intéressantes informations sont délivrées.

Liste des bonus : Hommage à Tony Richardson (57').

 
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