LE COUTEAU DE GLACE
Il coltello di ghiaccio - Italie, Espagne - 1972
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Genre : Thriller
Réalisateur : Umberto Lenzi
Musique : Marcello Giombini
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais et italien DTS HD Master Audio 2.0
Sous-titre : Français
Durée : 101 minutes
Distributeur : Le Chat qui fume
Date de sortie : 21 avril 2020
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Adolescente, Martha Caldwell a réchappé d’une catastrophe ferroviaire dans laquelle elle a vu mourir ses parents, traumatisme qui l'a rendue muette. Quinze ans ont passé quand Martha, qui vit désormais avec son oncle Ralph, féru d'occultisme, dans une propriété située à Montseny, dans les Pyrénées espagnoles, reçoit la visite de sa cousine Jenny Ascot, célèbre chanteuse résidant en Angleterre. Cette dernière est mortellement poignardée durant la nuit. La police mène son enqu...
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Sans bruit sans fureur

Inédit en France, Le Couteau de glace est l'un des énièmes giallo commandités par l'opportuniste invétéré Umberto Lenzi. Mais c'est aussi, grâce à sa sobriété et son élégance presque anglo-saxonne, l'un des plus réussis, évocation silencieuse d'une terreur qui s'échappe de la gorge de l'ex-Baby Doll, Carroll Baker.

Résumant presque à lui tout seul toute l'implacabilité de l'industrie cinématographique italienne de la belle époque et sa facultés à se plier à toutes les modes et à honorer les attentes des spectateurs, Umberto Lenzi peut-être un peu trop connu pour une dernière partie de carrière tournée vers des délires gores bien Z (L'Avion de l'apocalypse), a su se montrer des plus capables. Dans ses nombreuses polars urbains célébrant la folie de l'acteur Tomas Milian et dans son défilé de giallo presque scolaires comme Paranoïa, Si Douces si perverses ou Une Folle envie d'aimer, connaissant à l'époque un certain succès en salle. Ces derniers exploraient d'ailleurs déjà le visage ambivalent de l'actrice Carroll Baker, ex-star hollywoodienne gagnant en Italie quelques points pour sa future déclaration à la caisse des retraites. Elle est à nouveau dans Le Couteau de glace le point central du suspens, victime d'un trauma de jeunesse l'ayant rendu muette et qui semble terrorisée à chaque plan, chaque bruit, chaque ressort scénique. La proie d'un nouveau tueur mystérieux qui élimine un à un ses proches (sa cousine chanteuse, sa nièce, la gouvernante, pas Toto le chat mais presque) et dont les motivations se dissimulent, comme tout bon whodunit de l'époque, derrières les regards inquiétants et les silences de hommes qui traversent l'écran. Dont un hippie sataniste répondant au doux nom de Manson !

 

coup de frais


On pourrait envisager là un nouvel essai un peu paresseux à la Chats rouges dans un labyrinthe de verre (ou Eyeball pour faire court) ou Spasmo, mais une certaine retenue semble avoir touché le cinéaste, obligé de jouer à l'économie dans cette coproduction italo-espagnole frileuse. Alors que le giallo a explosé sur les écran à peine deux ans plus tôt avec le mythique L'Oiseau au plumage de cristal, Lenzi en balaye déjà les plumes les plus colorées, les plus voyantes, laissant systématiquement la violence et les effets sanglants hors champs (excepté une insoutenable scène de mise à mort de corrida en ouverture) et n'amorçant à aucune moment la moindre caresse d'érotisme. Quelque touches du thriller anglais, du mystère du krimi dans cette réinterprétation du fameux Deux mains, la nuit de Robert Siodmak qui en l'occurrence joue beaucoup moins sur ses effets que sur une admirable ambiance lugubre, une inquiétante étrangeté constamment aux lisières du fantastique. L'omniprésence d'un brouillard glacial et obstruant, les déambulations nocturnes aux faux airs de fantasmes gothiques, l'utilisation percutante du zoom et des décadrages, la multiplication des fausses pistes et des incongruité inexplicables même après la résolution délivrent ainsi une atmosphère décalée par rapport à la formule classique du giallo. Finalement en ravivant sa cinéphilie, son amour d'un certain cinéma classique américain (Lenzi rêvait de revenir au noir et blanc), il en retrouve un certain cachet.

Nathanaël Bouton-Drouard




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Image :
Un poil en avance sur les camarades anglo-saxons, Le Chat qui fume diffuse en première mondiale son Bluray de Knife of Ice et explore une nouvelle copie HD d'excellente facture. Pas parfaite, parce que cela paraît difficile avec cette pellicule au grain déjà surchargé à la source et cette omniprésence d'une brume qui malmène, comme souvent, la définition, mais toujours très belle, soignée et assez délicate. Tout est fait ici avec minutie, autant dans la restauration des cadres (seules une ou deux imperfections se laissent encore entrevoir) et une palette de couleurs tirant vers les effets pastels. Les argentiques sont présents, le piqué parfois impressionnant, sans que le lifting ne laisse voir les coups de scalpels.

 


Son :
Inédit en France, le film n'est donc disponible que dans son doublage originel, italien, ou international, anglais. Le premier offre un jeu beaucoup plus intense et latin (normal), le second plus plat manque de charactère. Dans les deux cas, le DTS HD Master Audio 2.0 délivre une clarté inédite et plus confortable que jamais. Quelques petits chuintements, mais rien d'étonnant pour une production italienne de 72.

 


Interactivité :
Nouveau digipack au look imparable, reprenant le visuel graphique de l'affiche originale, pour Le Couteau de glace qui dissimule dans son fourreau pas moins de trois disques donc un CD inédit, compilation de presque une heure de thèmes mémorables de giallo de la belle époque (de La Queue du Scorpion de Bruno Nicolai au The Strange Vice of Ms Wardh de Nora Orlandi). Une belle initiative qui ne comble aucunement un vide éditorial puisque le Bluray propose d'excellents suppléments vidéos. A commencer par une passionnante et éclairante présentation du film par Mr LA Cinémathèque française Jean-François Rauger qui sans taire les défauts du film en dresse un portait poétique convaincant. La suite est laissée au bon soin d'Umberto Lenzi en personne qui évoque dans une première interview ses souvenirs autour de la production du Couteau de glace, n'hésitant pas avec une certaine franchise ironique à faire le tour de son casting, présentant Alan Scott comme un acteur calamiteux et Eduardo Fajardo comme un grand professionnel dont le seul défaut était... d'être un fasciste convaincu. Et on retrouve la même volubilité sur l'interview suivante, pas loin de l'heure complète, qui là retrace les grandes lignes de la carrière du monsieur. Des documentaires des débuts aux nanars de la fin... Comme un travelling de la belle histoire du cinéma italien.

Liste des bonus : Le couteau de Lenzi par Jean-François Rauger (15'), Umberto, entretien-carrière avec Umberto Lenzi (55'), Le silence qui tue avec Umerberto Lenzi (22 min), Film annonce, Compilation de musique de Gialli en CD.

 
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