FIRST LOVE, LE DERNIER YAKUZA
Hatsukoi / 初恋 - Japon - 2019
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Image de « First Love, Le Dernier Yakuza »
Réalisateur : Takashi Miike
Musique : Kôji Endô
Image : 2.35 16/9
Son : Japonais Dolby Digital 5.1 et 2.0
Sous-titre : Français
Durée : 108 minutes
Distributeur : Blaq Out
Date de sortie : 3 juin 2020
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « First Love, Le Dernier Yakuza »
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LE PITCH
Une nuit, à Tokyo. Leo, un jeune boxeur, rencontre Monica, une call-girl impliquée dans un trafic de drogue. Toute la nuit, un policier corrompu, un yakuza, son ennemi juré et une tueuse envoyée par les triades chinoises, vont les traquer à travers la ville.
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Rings, gangs & kisses

Takashi Miike est de re-re-retour avec un énième virée dans les arrière-cours de yakuza paumés, de flics corrompus, tous lancés avec plus ou moins d'entrain sur les traces d'un jeunes couple en devenir, deux anges paumés qui n'ont que leur innocence pour s'en sortir. Une comédie désespérée aux airs de fable romantique contemporaine.

Cas unique dans le paysage du cinéma international, le stakhanoviste fou Takashi Miike ressemble à une machine à filmer, acceptant toutes les propositions ou presque, alternant les projets relativement luxueux comme 13 Assassins, des remakes de classique du chambara (Harakiri), les adaptions de mangas indé comme Ichi The Killer, livrant des films d'horreur traumatisant comme Audition, des saga de yakuza délirantes (Dead or Alive), des teen-movies en forme de baston généralisée (Crows Zero), de la SF fauchée (Terra Formars) ou des évocations familiales comique-trash (Visitor Q), sans jamais vraiment faiblir. Ayant déjà dépassé la centaine de réalisations en une trentaine d'année, le bougre n'est pas prêt de lâcher la barre, et l'écho qu'à rencontré son dernier First Love vient confirmer une rage intacte. Là encore doté d'un budget des plus modestes, tourné à la débrouille dans les rues au milieu des passants, devant réduire ses effets spéciaux et ses mouvements de caméra à l'essentiel, utilisant l'animation pour concrétiser une cascade trop coûteuse, ce dernier n'en reste pas moins l'une de ses réalisations les plus convaincantes, et sans doute aussi les plus personnelles. C'est que First Love ne ressemble à aucune autres d'œuvres que celles de Miike, en particulier dans ce mix improbable et totalement jouissif des genres et des tonalités. Un boxeur raté à qui on vient de diagnostiquer un cancer cérébral, une jeune toxicomane prostituée pour rembourser sa dette, un jeune yakuza qui trahis son clan, un flic ripoux en fin de carrière, des membres et des têtes tranchées, des morts inutiles en pagailles... L'environnement de First Love ne prête vraiment à rire et pourtant tout semble aller de travers dans ce misérabilisme affiché.

 

l'amour à coups de poing


A commencer par la tentative de trahison et le vol d'un sac de drogue, qui tourne à la catastrophe malheureuse entre quiproquos enchainés, chutes malencontreuses et amateurisme consternant. Rien ne fonctionne et pourtant la machine va s'emballer jusqu'à se transformer en guerre des gans entre yakuza et mafia chinoise... Et Leo et Monica au milieu de tout cela. On frôle souvent la parodie, mais le film est surtout un film de gangster sérieux, relativement réaliste, mais où tout glisserait dans le ridicule, comme l'hilarante et vengeresse Chiachi qui traverse le film en hurlant sabre à la main, jusqu'à une bataille générale dans un magazine d'outillage qui s'enfonce naturellement dans le grotesque sanglant. Un cocktail bien frappé, où justement le cinéaste, jongleur émérite, réussit cette fois à maintenir le rythme jusqu'au bout (c'est un habitué des ventres mous encadrés par des explosions créatives), maniant le contre-pied avec génie (les visions de manque de Monica tour à tour franchement flippantes ou hilarantes), et se montre presque plus sage que d'habitude dans la forme, mais ce au profit de ses personnages. Ressemblant tout d'abord à de simples alibis scénaristiques pour cette frénésie tortueuse, Leo et Monica (les deux acteurs sont formidables) affleurent peu à peu comme les portraits sensibles d'une jeune génération qui peine à trouver sa place dans ces années 2010 entre les fantômes des ainés, la décadence du libéralisme et leurs aspirations avortées, et qui apprennent ici à se réapproprier leur destin grâce à leur seule morale intacte. Un message pas si naïf que cela et que First Love révèle avec sensibilité dans une conclusion aussi sobre que délicate. C'est qu'il deviendrait poète avec l'âge le Miike.

Nathanaël Bouton-Drouard








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Image :
Malheureusement pas de Bluray pour le territoire français, il faut donc se satisfaire d'un format SD un peu moins affriolant. Surtout que le tournage en numérique se serait largement mieux prêter à un transfert HD et ce en particulier dans les environnements sombres ou la définition manque ici d'impact. Bien entendu l'image est très propre, la colorimétrie aussi riche que possible et le piqué reste des plus solides.

 


Son :
Si une piste stéréo est proposée, on ne pourrait que trop conseiller le visionnage en activant l'option Dolby Digital 5.1 tant le mixage se montre particulièrement vif et dynamique, suivant sans faiblir l'énergie du film, des scènes d'actions tranchantes au ambiances plus naturelles des rues nippones. On ne pourra pas attendre la finesse d'une proposition Atmos ou DTS, mais franchement on ne s'en approche parfois pas loin.

 


Interactivité :
Comme il n'est pas toujours des plus présents dans les sections bonus de ses films, on ne peut que se réjouir de la présence ici d'une interview inédite et directe (donc pas quelques phrases promos capturés sur le tournage) du réalisateur. L'essentiel du propos tourne en l'occurrence sur sa nécessité de tourner malgré l'état d'une industrie du cinéma japonais pas forcément au beau fixe. L'écriture du film, son illustration de la figure du Yakuza, ses deux héros résiliants... La voix est monocorde mais le propos jamais inintéressant.

Liste des bonus : Entretien avec le réalisateur Takashi Miike (15').

 
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