BRIGITTE LAHAIE : 6 FILMS CULTES
Bordel SS, Hurlements d'extase, Body-body à Bangkok, L'Obsédée sexuelle, Ta gueule, je t'aime, La Mouillette - France - 1974 / 1980
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Musique : Divers
Image : 1.85 16/9
Son : Français mono
Sous-titre : Aucun
Durée : 480 minutes
Distributeur : LCJ Editions
Date de sortie : 24 juin 2020
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Un coffret torride regroupant 6 films de la plus grande star du X des années 80, dont 1 film inédit ! : Bordel SS / Hurlements d'extase / Body-body à Bangkok / L'obsédée sexuelle (Inédit) / Ta gueule, je t'aime / La mouillette. Ebats débridés et sans tabous garantis ! Scènes sulfureuses et parties de jambes en l'air assurées !
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Dans la peau d'une blonde

Si le porno ne se déguste presque aujourd'hui que par le biais de quelques sites internet, et en général discrétos sur le téléphone portable dernier cris, les grands amateurs d'un Age d'or aujourd'hui perdu quettent encore et toujours de nouvelles, et ben trop rares sorties vidéos. Entre classiques du genre, curiosités et inédits, ce petit coffret de six films célébrant la sublime Brigitte Lahaie est pour eux.

Elle fut et restera certainement LA star du cinéma X française. La première a être créditée en tant qu'icône et à faire vendre les vidéos sur son seul patronyme. On vous parle là d'un temps que les moins de trente ans (et des poussières) ne peuvent pas connaître, celui de l'émergence d'un cinéma X projeté sur grand écran dans des salles dédiées, et même parfois avec pignon sur rue, et qui était encore loin du phénomène de consommation fast-food, du gonzo et du trash amateur. Un temps où les producteurs / réalisateurs avaient encore un semblant d'ambition et les acteurs et actrices s'efforçaient de jouer entre deux séquences de galipettes. Et la belle et jeune Brigitte, rapidement devenue blonde, va se faire remarquer autant pour sa plastique irréprochable, à là fois élancée et pulpeuse comme le fantasme de la "française", que pour son charisme et sa qualité d'interprétation. C'est qu'elle est loin d'être bête la demoiselle et si elle ne s'échappera du X que pour jouer dans quelques comédies érotiques ou rareté Bis (chez Jean Rollin pour Les Raisins de la colère par exemple), elle réussira par la suite une spectaculaire reconversion en devenant l'une des meilleures conseillères sexuelle à la radio.

 

Mise en bouche


D'autant plus admirable que sa carrière porno proprement dite n'aura culminé que sur quatre années, mais avec une productivité imposante de près de cents films. Parfois juste pour une scène, parfois beaucoup plus, mais dans tous les cas à chaque fois avec une énergie et une conviction qui force le respect... Et ce même lorsque les films proprement dit n'ont rien de bien mémorables. On a ainsi un peu de mal à se faire une idée sur les qualités réelles de deux objets aussi anciens et méconnus que L'Obsédée sexuelle et La Mouillette, tous deux de Sam Coret, aka Jean Luret (Adam et Eve avec Galabru). Le premier qui sous couvert de suivre les péripéties improbables d'un groupe de rock sur le chemin, modeste, de la gloire, se révèle la première apparition de Lahaie à l'écran, a manifestement été retrouvé derrière une étagère oubliée, affublé d'une voix of pour souligner la présence de l'actrice et massacré par une bande son hors propos. Une curiosité avec quelques petites orgies pas désagréables, tout comme le suivant La Mouillette qui utilise le prétexte d'une dure journée de monteur de film X balance à la débauché des tonnes de rushs de plus en plus hardcores et aux cadres resserrés. Notre brave Brigitte, toujours là pour rendre service, se contente ici de détendre atmosphère par une fellation rapide. Le programme de ce coffret est ainsi par définition inégal, et ne se voit pas forcément rehausser par la présence de la comédie érotique nonsensique Ta Gueule je t'aime. Une sorte de paillardise à la Max Pecas, peut-être plus bordélique encore, où l'improvisation semble avoir été le maître mot, mais où, une fois encore, l'actrice est l'argument numéro 1 : elle se promène à poil du début jusqu'à la fin, un sourire innocent faisant presque oublier qu'elle est la seule, curieusement, à ne pas passer à la casserole.

 

Auberge espagnole


Les véritables arguments du présent coffret sont presque sans surprise à aller chercher du coté des réalisateurs référence. Avec le Body-body à Bangkok de Jean-Marie Pallardy (L'insatisfaite, Vivre pour survivre) dans lequel le réalisateur joue lui-même le rôle d'un photographe un peu possessif (en même temps madame pratique la partouze) qui va tomber amoureux d'une masseuse de charme en Thaïlande. Presque un drame amoureux avec des accents de petit thriller sur fond de traite des femmes, où l'on peut croiser une Marilyn Jess débutante et une Brigitte Lahaie au sommet de ses charmes dans des scènes de sexe accessoires mais néanmoins aussi soignées que le reste. Une parmi d'autres dans Bordel SS, Lahaie se fait néanmoins encore une fois remarquer par ses interventions en petite star de la maison closes, adeptes des spécialisations pseudo-orientales et des parties saphiques. Concocté par José Bénazéraf (Bacchanales 69, Le Sexe nu...), soit l'un des maitres du X français, ce petit voyage historique dans une France occupée fait forcément un peu les frais de son budget étriqué mais transforme cette unité de lieu un révélateurs des avancées allemandes, puis de leurs défaites progressives. Professionnelles jusqu'au-bout, les dames de la maison se plie finalement aux demandes, et regarde cette Seconde Guerre Mondiale avec un œil lointain et ne se montreront pas beaucoup plus emballées par le débarquement américain. Un ton assez décalé, doux-amer où même une modeste séquences de tortures dans le dernier tiers ne l'entraineront pas du cotés de la naziploitation de mauvais goût. C'est Bénazéraf encore qui signe le meilleur film du programme soit Hurlements d'extase, récit frisant l'abstraction d'un weekend de triolisme entre Brigitte Lahaie en maitresse de cérémonie, France Lomay et Guy Royer. On y discourt politique et philosophie, renvoi BHL à ses copies, avant de se livrer sans pudeur à l'extase au bord de la piscine, dans le jacuzzi ou la chambre en essayant toutes les positions possibles. Petit bijou du genre, Hurlements d'extase réussit en moins d'une heure à marier un X hardcore non simulé avec un érotisme torride, la caméra s'approchant constamment au plus près des corps, filmant avec autant de passion la séduction et la plénitude post-orgasme que les pénétrations elles-mêmes.

Nathanaël Bouton-Drouard








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En dehors de quelques classiques du genre, les bon vieux films X français ne profitent jamais vraiment d'un réel soin quand à la conservation de leurs copies. Et c'est particulièrement probant ici puisque les six productions sont de petites raretés, voir des inédits, et nous parviennent dans des états très aléatoires. Etonnement remasterisé, Ta Gueule je t'aime (le seul non-X justement) est celui qui peut se vanter d'affirmer une jolie copie, propre et colorée, tandis que ses camarades oscillent entre le neigeux et craspec (Hurlements d'extase) au très moyens (Body-body à Bangkok) avec toujours cette patine vidéo pas bien loin des VHS d'autrefois.

 


Son :
Le résultat est loin d'être plus impressionnant du coté des pistes sonores où là encore la petite pelloche érotique tient la dragée haute, alors que les autres bataillent avec des sources étouffées et pas toujours très bien mixées. Dommage pour certaines bandes sonores, mais en poussant un peu le volume les dialogues restent audibles.

Liste des bonus : Aucun

 
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