THE HOUSE ON SORORITY ROW
Etats-Unis - 1982
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Genre : Horreur
Réalisateur : Mark Rosman
Musique : Richard Band
Image : 1.85 16/9
Son : Français & Anglais DTS-HD Master Audio 2.0 Mono
Sous-titre : Français
Durée : 92 minutes
Distributeur : Extralucid Films
Date de sortie : 17 juin 2020
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « The House on Sorority Row »
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LE PITCH
La farce qu'un groupe d'étudiantes, membres d'une sororité, jouent à leur logeuse un peu trop stricte tourne au drame …
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La mère de tous les vices

C'est une véritable rareté (une de plus!) que les nouveaux venus d'Extralucid Films ont eu à cœur de nous offrir. Pépite encore trop peu connue du slasher du début des 80's, The House on Sorority Row fait figure d'exception dans un genre balisé et souvent critiqué pour sa paresse et sa gratuité.

Tout en satisfaisant aux attentes d'un public avide de boobs et de meurtres sauvages, le réalisateur Mark Rosman propose un savant mélange des influences et élève le niveau par une caractérisation plutôt subtile de ses différents protagonistes. Mais d'ailleurs, c'est qui, Mark Rosman ? Pour mieux comprendre ce cinéaste discret, très actif à la télévision et chez Disney, il suffit de citer un autre nom : Brian de Palma. Les deux partagent une passion en commun, le cinéma d'Alfred Hitchcock, et collaborent sur un petit budget à la marge d'Hollywood: Home Movies, sorti en 1980. De Palma réalise tandis que Rosman agit en qualité de producteur exécutif. Et cette effervescence créative d'inciter Mark Rosman à passer lui-même derrière la caméra. Il aimerait réaliser un thriller, axé sur le suspense plutôt que sur les effets chocs. Manque de pot (ou le contraire), le slasher et ses enchaînements de meurtres sanglants sont à la mode et Rosman doit composer avec un cahier des charges sur lequel il ne peut faire l'impasse. Le budget de The House on Sorority Row est minimal mais il sait que le retour sur investissement peut être conséquent et lui permettre d'enchaîner sur des projets plus personnels. Les dix millions de dollars qu'il engrangera au box office lui donneront raison même si certains compromis lui restent encore en travers de la gorge. L'argent vient à manquer en cours de tournage, les effets spéciaux sont rudimentaires et la production lui impose de couper la fin qu'il avait en tête, autrement plus complexe et perverse.

 

Soeurs de sang


En première lecture, The House on Sorority Row ne semble jamais dévier du sous-genre dans lequel il s'inscrit. On a donc droit à une poignée de scènes dénudées, au quota de meurtres à l'arme blanche (en fait une canne à l'extrémité perçante), LA scène marquante qui accompagnera le public bien après la projection (une tête coupée salement disposée dans la cuvette d'un chiotte) et le film paie religieusement son tribut à la sainte trinité du slasher : Black Christmas, Halloween et Vendredi 13, combinant le tout harmonieusement. Seulement voilà, le script s'en va aussi piocher ailleurs et les goûts de Rosman sont impeccables. Lesté au fond d'une piscine que le manque d'entretien a rendu opaque, le sort réservé à la logeuse bigote et frustrée incarnée par une Lois Kelso Hunt qui calque son jeu sur celui de la Bette Davis de Qu'est-il arrivé à Baby Jane ? et de la Piper Laurie de Carrie renvoie au meurtre par noyade de Paul Meurisse dans Les Diaboliques de Clouzot. Carrie, puisque l'on en parle, est également largement cité au travers d'une superbe séquence de générique à l'érotisme flamboyant et que transcende le score de Richard Band sous perfusion de Pino Donaggio et Bernard Herrmann. Plus loin, le film s'aventure sur le terrain psychanalytique de Psychose avec une inquiétante relation mère-fils et, celui, tout aussi fantasmagorique, des Trois Visages de la Peur de Mario Bava, lumières travaillées à l'appui.

En croquant le portrait d'une bande de filles un peu moins cruches qu'à l'accoutumée, Rosman démontre à la fois ses talents de metteur en scène et de scénariste. À priori anodine, la scène où les héroïnes déballent leurs projets d'avenir en vidant des bouteilles, surprend par la tristesse qu'elle sous-entend. Ces demoiselles envoyées au massacre ne sont pas de la chair à canon mais bien des êtres humains, faillibles et déjà brisés. De la part d'un titre que l'on s'imagine aussi trivial, un tel parti-pris permet de remettre les pendules à l'heure.

Alan Wilson








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Image :
Dans la lignée des disques parus chez Scorpion Releasing aux USA et 88 Films en Grande-Bretagne, le master utilisé par Extralucid varie en qualité selon les scènes. La scène d'ouverture avec son voile neigeux persistant est assez désagréable mais la suite s'améliore. La compression, impeccable, permet de passer outre les accrocs de pellicule ou certains plans un peu abîmés par le temps. D'une belle tenue, les couleurs donnent à l'ensemble une vraie cohérence et la définition ne se laisse pas couler par les scènes nocturnes qui occupent les deux tiers du métrage, avec un regain notable lors du dernier acte. Compte tenu des conditions, du beau boulot.

 


Son :
Pas de miracles puisque l'on a affaire à un mixage mono tout ce qu'il y a de plus basique mais cela n'exclut pas quelques beaux moments. La musique de Richard Band coule avec aisance sur les enceintes frontales tandis que la dynamique du groupe invité à la fête de nos héroïnes réveillerait presque les basses. La version originale est plus claire que la version française qui crachouille un tantinet.

 


Interactivité :
Compte tenu du manque de matériel à disposition, l'éditeur a fait le maximum pour apporter du contenu à son édition. Pas tout à fait l'aise mais néanmoins appréciable par son érudition et son sens de la pédagogie, la présentation de Mélanie Boissonneau apporte l'essentiel des informations que le fan et le néophyte sont en droit d'attendre. L'introduction alternative du film dans un noir et blanc cotonneux n'apporte rien de plus mais les quelques clichés du tournage de la fin originellement voulue par Mark Rosman (et commentée par ses soins) sont d'un tout autre niveau et suggèrent que l'héroïne pourrait être la vraie coupable des meurtres, sa culpabilité se transformant en folie homicide. Une belle idée dont il ne reste rien, pas même une copie en basse définition. Le tour d'horizon est complété par une comparaison entre le storyboard et une scène de meurtre dont l'intérêt est de souligner la précision du découpage planifié par le réalisateur.

Liste des bonus : Introduction en noir et blanc voulue par le réalisateur / Entretien avec Mélanie Boissonneau / Fin inédite commentée par le réalisateur / Comparaison film et storyboard / Bande-annonce / Spots TV

 

 

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