LA MORT PREND DES VACANCES
Death Takes a Holiday - Etats-Unis - 1934
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « La Mort prend des vacances »
Genre : Fantastique
Réalisateur : Mitchell Leisen
Image : 1.33 4/3
Son : Anglais Mono
Sous-titre : Français
Durée : 79 minutes
Distributeur : Elephant Films
Date de sortie : 18 août 2020
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « La Mort prend des vacances »
portoflio
LE PITCH
Voulant découvrir ce qu’est d’être vivant, La Mort décide d’oublier sa tâche pendant trois jours sous les traits d’un mystérieux prince. C’est alors que le destin met sur sa route la belle Grazia.
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Dans l'ombre des géants

Voici maintenant quelques années que la collection Cinéma MasterClass, consacrée aux Maîtres du cinéma classique (Hitchcock, Lubitsch, Walsh, Sirk...), s'enrichit de nouveaux titres à un rythme plus ou moins régulier. Cette fois ci, dans leur nouvelle fournée, les nanterrois d'Eléphant Films nous proposent le film méconnu d'un réalisateur qui l'est tout autant. Deux bonnes raisons de satisfaire sa curiosité toujours en éveil de cinéphile. Et d'autant plus si on est fan de fantastique.

Le nom de Mitchell Leisen est en effet inconnu pour beaucoup d'entre nous. Pourtant, ce réalisateur qui commenca comme costumier pour Cecil B. DeMille (Le Fruit Défendu) ou Raoul Walsh (Le Voleur de Bagdad) signa, à un rythme étourdissant, une quarantaine de films entre 1933 et la fin des années 50. Une filmographie étonnante de diversité, allant du whodunit (Rythmes d'Amour), au film d'espionnage (Les Anneaux d'Or) en passant par l'adaptation d'une œuvre de Daphne du Maurier (L'Aventure vient de la mer). Un mélange des genres aux surprenantes similitudes avec la carrière du grand Hitch, qui allèrent d'ailleurs jusqu'à se ressembler sur le petit écran : Hitchcock créant sa propre série et Leisen officiant le temps de quelques épisodes sur La Quatrième Dimension de Rod Serling. Un goût pour le fantastique qui apparaissait déjà au début de sa carrière dans ce La Mort prend des vacances aussi étrange qu'étonnant de modernité.

 

Rencontre avec le prince sirki


En pleine période classique, Leisen débute donc sa carrière (après l'adaptation d'une pièce de théâtre) par un drame fantastique qui évoque déjà la série de Rod Serling (qui en reprendra d'ailleurs le concept dans un des premiers épisodes de sa fameuse anthologie). Soit l'incarnation de La Mort dans le corps d'un homme. Celle-ci voulant, le plus simplement du monde, prendre des vacances pour comprendre un peu mieux ces hommes qui la craignent tant. Après avoir jeté son dévolu, lors d'une scène en voiture du plus bel effet, sur une riche famille demeurant en Italie, elle apparaît au patriarche sous les traits lugubres d'une ombre translucide vêtue d'un linceul noir, avant de prendre les traits d'un beau et mystérieux prince aux accents balkaniques (Fredric March, le Jekyll et Hyde de Rouben Mamoulian). Décidée à passer trois jours entiers avec la famille en tant qu'invitée, elle fait alors la connaissance de Grazia (Evelyn Venable), jeune fille pourtant déjà en couple mais qui va s'éprendre du mystérieux et très attirant prince.
Si le film manque cruellement de rebondissements - très théâtrale (il est lui aussi adapté d'une pièce) l'action se passe presque exclusivement dans la villa des hôtes - Leisen réussit tout de même à susciter l'intérêt via le jeu de ses acteurs et quelques passages, assez drôles, qui rompent sa monotonie (dont une séquence qui montre les conséquences de l'absence de La Mort sur plusieurs drames qui touchent la planète). Et techniquement, l'utilisation des ombres et de quelques effets spéciaux, encore à leurs balbutiements mais particulièrement bien utilisés, prouvent à eux seuls le talent de Leisen à poser son atmosphère et la rendre crédible.

Sans jamais s'imposer comme une découverte essentielle, La Mort prend des vacances, aînée méconnue du Rencontre avec Joe Black de Martin Brest, n'en gagne pas moins à être connue, ne serait ce que pour réhabiliter son réalisateur, trop souvent oublié ou cantonné à un nom apparaissant ici ou là, plutôt négativement d'ailleurs, dans quelques biographies hollywoodiennes. Par manque de talent peut être. A cause de son homosexualité sûrement. Les temps ont changé, cette édition bluray est un très bon moyen de le prouver.

Laurent Valentin




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Image :
Les affres du temps ont clairement fait leur office sur cette bobine de presque 90 ans. Il n'est donc pas surprenant que l'image souffre de multiples traces bien visibles tout au long de sa durée. Il n'empêche que le travail de restauration se voit et s'apprécie. Notamment sur les noirs, profonds comme la nuit.

 


Son :
Comme pour l'image, on sent qu'un résultat dénué de défauts était impossible à obtenir. Toutefois, le travail sur l'unique piste (vost 2.0) s'entend et s'apprécie lui aussi. Notamment lors de la scène d'ouverture, où les premières répliques des personnages restent très clairs à l'oreille, sans crissements, malgré les bruits d'une fête de village qui bat son plein.

 


Interactivité :
A côté de quelques bandes annonces de l'éditeur et d'une galerie photos, un entretien avec Mathieu Macheret, journaliste au Monde, qui revient sur la genèse du film (une pièce d'origine italienne qui connut un beau succès à Broadway) et en offre une analyse pas inintéressante, notamment à propos des symboles autour des deux personnages principaux. C'est peu mais mieux que chez les new-yorkais de Kino Lorber qui eux n'avaient rien à se mettre sous la dent.

Bonus : Le film par Mathieu Macheret (25'48), galerie photos, Bandes annonces de l'éditeur.

 
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