HORRIBILIS
Slither - Etats-Unis - 2006
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Genre : Horreur
Réalisateur : James Gunn
Musique : Tyler Bates
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais & Français DTS-HD Master Audio 2.0 et 5.1
Sous-titre : Français
Durée : 95 minutes
Distributeur : ESC Distributions
Date de sortie : 22 juillet 2020
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Horribilis »
portoflio
LE PITCH
Une météorite s'écrase à proximité d'une petite ville de l'Amérique rurale et libère un organisme inconnu et prédateur. Mari éconduit et jaloux, Grant Grant est contaminé par l'organisme extra-terrestre et se devient la proie d'une faim contre-nature en même temps que son corps commence à muter …
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La chose d'un autre monde

En offrant l'écrin du collector au premier long-métrage de James Gunn, ESC tente de nous convaincre qu'Horribilis est un petit classique, une pépite, un film culte même. Un argument de vente un tantinet exagéré pour un film certes très sympathique mais qui ne va pas plus loin que sa note d'intention, soit une petite série B ultra référencée, drôle, sale et bien troussée.

Des débuts chez Troma au succès des Gardiens de la Galaxie, en passant par le scénario du remake de Zombie (Dawn of the Dead) pour Zack Snyder ou les versions lives de Scooby-Doo avec Sarah Michelle Gellar, la carrière de James Gunn défie la logique et les pronostics. Comment expliquer le succès de cet auteur, croisement entre le geek et le trublion punk ? Par sa sincérité, sans doute. On peut reprocher à son œuvre sa légèreté, le besoin d'arracher un sourire à tout prix étant parfois contre-productif. De cynisme, en revanche, pas une trace. Peu importe le budget, James Gunn mène sa barque avec l'amour du genre pour seule boussole. Ceux qui en douteraient encore feraient donc sans doute bien de revoir Horribilis.
Petit budget produit et distribué par la Universal au printemps 2006, Horribilis aura tout d'abord intrigué les aficionados de cinéma qui tâche avant de charmer la critique puis de se planter au box-office (12 millions à travers le monde pour une enveloppe de ... 15 millions, aouch!) et de se faire une petite place dans la mémoire cinéphile comme un « bon souvenir ». Envisagé comme un hommage foisonnant mais sans prétention aux films d'invasion extra-terrestre des années 80, Horribilis résume on ne peut mieux la « méthode » Gunn. Sans jamais chercher à faire mieux que ceux qui l'ont précédé, le scénariste et réalisateur multiplie les citations et les clins d'œil, laisse son casting et les techniciens des effets spéciaux s'amuser et n'oublie jamais de rassasier son public. Une belle preuve d'humilité et de respect. Quitte à y perdre quelques saveurs en chemin.

 

Passez notre tash à la machine


Le Blob, Night of the Creeps (aka Extra-Sangsues dans nos contrées), The Thing, La Mouche, Frissons, Critters, un bar qui porte le nom de Frank Hennenlotter, un caméo de Lloyd Kaufman (big boss de Troma), etc, etc. James Gunn cumule presque autant de références en 90 minutes que Quentin Tarantino sur toute la durée de son diptyque Kill Bill. Un exploit cinéphilique qui n'alourdit jamais la narration d'Horribilis, bien au contraire. Scénariste avant d'être metteur en scène (et ça se voit!), James Gunn intègre ses citations à l'histoire de la façon la plus organique qui soit, la biologie de sa créature alternant mutations, assimilations et accumulations. De la même manière, le film est clairement découpé en trois actes, chaque acte marquant une nouvelle évolution spectaculaire du monstre et la propagation du mal (un foyer puis un terrain agricole puis une ville toute entière). Pour faire référence à son titre original (Slither, littéralement « glisser »), on peut donc dire qu'Horribilis glisse tout seul, bien aidé par un casting en forme olympique (d'où se détache un Gregg Henry hilarant en maire débile et injurieux, Donald Trump avant l'heure) et des effets spéciaux à l'ancienne qui ne lésine pas sur le latex, le faux sang et autres fluides organiques.
« (...) cet auteur, croisement entre le geek et le trublion punk. » Punk ? Qui dit punk dit trash, non ? Or, si Horribilis a beau éclabousser le spectateur à la moindre occasion, est t-il vraiment trash ? C'est là que les limites de James Gunn se font jour. Trop occupé à foncer vers la ligne d'arrivée sans déborder et en cochant toutes les cases, le cinéaste laisse passer entre les mailles du filet une satire de l'American Way of Life et de son consumérisme effréné qui aurait pu être mordante. C'est également le problème d'une galerie de personnages attachants mais pourtant très superficiels.

Une grosse tâche de ketchup sur un beau chemisier blanc, c'est sans doute marrant mais ce n'est pas vraiment de la rébellion. La méchanceté et les coups de genou dans les roubignoles, on ira plutôt les chercher du côté de Super, deuxième effort de James Gunn et son meilleur film à ce jour.

Alan Wilson






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Image :
Le master du DVD de 2006 étant déjà impeccable, on aurait pu craindre que le passage à la haute-définition n'apporte pas grand chose, si ce n'est une profondeur de champ revue à la hausse et l'apparition de détails jadis noyés dans les pixels et les zones sombres. Le résultat, éclatant de précision dans sa gestion des contrastes et des couleurs, est pourtant un peu plus qu'une simple mise à jour. La photographie très frontale et pas subtile pour un sou de Gregory Middleton s'y dévoile sans filtres et Horribilis ressemble aujourd'hui, plus encore qu'à sa sortie, à un pilote de luxe pour série télévisée.

 


Son :
Chaque langue propose le choix entre la stéréo et le 5.1. Comme on pouvait s'y attendre, la stéréo comble son manque d'ouverture acoustique par une agressivité de tous les instants où la musique et les coups de feu étouffent fréquemment les dialogues et les ambiances. Curieusement, le mixage multicanal ne fait pas toujours mieux et ne creuse l'écart que pendant l'acte centrale du métrage avec sa poursuite en forêt d'où se multiplient les bruits suspects, son « accouchement » monstrueux qui se balade d'une enceinte à l'autre pour un résultat traumatisant et son attaque de parasites sur une ferme, l'occasion de multiplier les effets et les sursauts de terreur.

 


Interactivité :
Outre un beau visuel, un livret et une poignée de goodies, ESC a fait le choix de piocher un peu partout pour garnir l'interactivité de son beau bébé. Exclusif à cette édition, l'entretien avec Gilles Penso permet d'aborder le film sous tous ses aspects, de la carrière de son metteur en scène à ses influences, en passant par les difficultés du tournage et l'écriture du scénario. Et on retrouve le même contenu mais avec un point de vue forcément plus subjectif dans l'excellente interview de James Gunn reprise du blu-ray américain de Shout Factory. Deux modules qui éclipsent sans peine la reprise de l'interactivité du DVD original, partagée entre featurettes bon enfant et scènes coupées dont on comprend bien, en terme de rythme, pourquoi elles ont été écartées. Gros bémol néanmoins devant l'absence de commentaires audio, qu'il s'agisse de l'ancien comme du nouveau. Sûrement un problème de droit. Ou un oubli. Dans un cas comme dans l'autre, nous y en a pas contents !

Liste des bonus : Entretien autour du film avec Gilles Penso / La genèse d'Horribilis (30 min) Entretien avec le réalisateur James Gunn / Entretien avec le comédien Gregg Henry (8 min) / Donner vie aux créatures d'Horribilis (18 min) / Esprits malades et jours gluants (10 min) / Le roi du Cult (9 min) entretien avec Lloyd Kaufman / Effets Spéciaux (5 min) / Qui est Bill Pardy ? (5 min) / Une visite guidée d'Horribilis (4 min) / The Gorehound Grill : Brasser le sang (4 min) Entretien avec Kurt Jackson / Scènes coupées (18 min) / Bêtiser (8 min) / Bande-annonce

 
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