LA BATAILLE POUR ANZIO
Anzio / Lo Sbarco di Anzio - Etats-Unis, Italie - 1968
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « La Bataille pour Anzio »
Genre : Guerre
Musique : Riz Ortolani
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais et français DTS HD Master Audio 2.0
Sous-titre : Français
Durée : 117 minutes
Distributeur : Rimini Editions
Date de sortie : 15 juillet 2020
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « La Bataille pour Anzio »
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LE PITCH
Janvier 1944. Dick Ennis, correspondant de guerre, vient couvrir le débarquement anglo-américain à Anzio en Italie. À la grande surprise des soldats alliés, la plage et ses environs semblent totalement déserts. Le Général Lesley, qui dirige les opérations, redoute un piège de l’armée allemande. La suite lui donnera raison…
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Pas de vrai replis stratégique comme à Dunkerque, pas de débarquement tonitruant comme au D Day, juste une défaite, simple et toute en bavures. Pas franchement l'épisode le plus glorieux de la Seconde Guerre Mondiale, la bataille d'Anzio n'a été évoquée sur grand écran que par l'entremise de cette coproduction italo-américaine.

Si La Bataille pour Anzio a sans doute un peu tendance à se perdre au milieu des dizaines de films de guerres venant rappeler, à raison, le courage de nos vétérans pendant la Seconde Guerre Mondiale, il n'en est pas cependant sans intérêt. Un petit film soit, mais qui entouré de ces débauches de séquences de batailles ultra spectaculaires, de célébrations héroïques et patriotiques, d'un manichéisme totalement assumée, détonne un peu avec cette petite troupe isolée, menée par un journaliste de guerre, qui semble vouée à manquer toutes les étapes importantes de l'évènement historique en train de se jouer. Dernier point stratégique à la libération italienne, et dernière marche avant Rome, Anzio fut autant le théâtre d'affrontements meurtriers que d'une défaite retentissante pour les forces alliées qui durent attendre de nombreux mois avant de remonter la pente. En coulisses des dissensions entre les dirigeants américains et anglais, et un Général trop prudent qui va laisser ses hommes s'enfoncer face à une armée allemand en position de force... Mais finalement, en dehors d'un débarquement des plus modestes (en corrélation avec les moyens alloués à cette offensivs), les petits gars qui entourent Robert Mitchum (puissant comme toujours) et Peter Falk (qui écrivit ses dialogues lui-même) n'en verront que de lointaines fumées, trop perdus qu'ils sont dans la campagne italienne, pris en étaux entre la mer et les tirs ennemis. Et ils tombent comme des mouches.

 

rome ville vérrouillée


Une bataille vue à l'échelle humaine pour un film qui insiste fortement (et parfois un peu lourdement) sur la fascination de ces hommes (tous camps confondus) pour la violence et leurs glissements réguliers vers des comportements de bœufs (le regard porté sur les femmes, la bagarre dans une demeure historique...). Angle étonnant donc en particulier si on l'observe comme une production d'un Hollywood peut friand de grandes épopées sur l'échec et les morts inutiles. Sans doute moins lorsqu'on découvre par quelques sources que l'artisan Edward Dmytryk (Mirage, Ouragan sur le Caine) officia sur le film essentiellement en tant que signature et superviseur, laissant à l'italien Duilio Coletti (Tonnerre sous l'Atlantique, Sous dix drapeaux...) le soin de de collaborer avec une équipe technique très majoritairement transalpine. Le rythme un peu laborieux dans la première moitié, les cadres extrêmement sages ne font pas penser à une production ritale, mais la truculence et les ruptures de genres qui traversent le métrage (sans parler de quelques maquettes) ne tromperont pas les afficionados. Une curiosité plus qu'un grand classique, qui soulignait aussi en 1968 l'ambition grandissante de son producteur Dino Di Laurentiis qui lâchait la même année sur les écrans le délire pop Barbarella et s'apprêtait à devenir un incontournable non plus uniquement du cinéma italien, mais du cinéma mondial.

Nathanaël Bouton-Drouard




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Image :
Nouvelle petite avant première mondiale pour Rimini qui propose ici en exclusivité un master HD dédié à Anzio. Un film de guerre qui ne fait pas forcément partie des priorités des distributeurs et qui ne peut donc prétendre à une restauration chimique luxueuse. Pas de nouveau scan à la source, tout le travail a été opéré à partir d'un master vidéo plus ancien. Cela n'empêche pas les cadres d'être effectivement très propres et d'offrir une colorimétrie beaucoup plus riche et mieux tenue qu'autrefois. La définition est honorable, en particulier en pleine lumière, mais les origines un peu modestes de l'objet se font ressentir dans la gestion inégale du grain numérique, hésitant entre le granuleux et le lissé, et des séquences nocturnes effacées et ternes.

 


Son :
Anglais et doublage français sont disposés dans un DTS HD Master Audio 2.0 qui distribue avec sobriété les monos d'origines. Le son est assez clair et équilibré et délivre une expérience tout à fait satisfaisante.

 


Interactivité :
L'éditeur a choisi ici de privilégier dans les bonus non pas le film mais l'évènement historique en lui-même en offrant la parole à Laurent Henninger journaliste sur la revue Guerre et Histoire, qui retrace très efficacement les tenues et aboutissement de cette défaite aussi bien militaire que politique et humaine.

Liste des bonus : « Le chaudron italien » : interview de Laurent Henninger, conseiller scientifique de la rédaction et chroniqueur pour la revue « Guerre et Histoire » (18')

 
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