BARON VAMPIRE
Baron Blood / Gli Orrori del castello di Norimberga - Italie / Allemagne - 1972
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Genre : Horreur
Réalisateur : Mario Bava
Musique : Stelvio Cipriani
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais, Français et Italien DTS-HD Master Audio 2.0 Mono
Sous-titre : Français
Durée : 98 minutes
Distributeur : ESC Distributions
Date de sortie : 1 juillet 2020
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Baron Vampire »
portoflio
LE PITCH
Peter Kleist, un étudiant américain, est de retour sur la terre de ses ancêtres, en Autriche. Ayant emmené dans ses valises des parchemins vieux de 300 ans contenant des incantations, il s'intéresse au château et aux légendes entourant le Baron Otto Von Kleist, un tyran meurtrier et sadique qu'une malédiction promet de ramener d'entre les morts…
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Mourir peut attendre

Succédant à La Baie sanglante et sa valse de mises à mort cruelles et inventives, Baron Vampire marque le retour de Mario Bava à l'épouvante gothique. Bien qu'inégal et écrit avec les pieds, le résultat propose tout de même son lot de fulgurances formelles et atmosphériques et témoigne du peu d'amour que le cinéaste portait aux 70's, décennie qui marquera la lente agonie de sa carrière.

À défaut d'être un succès (on en est même très loin), Une Nuit mouvementée, comédie érotique pop et poussive, laisse au producteur Alfredo Leone un bon souvenir du travail de Mario Bava et les deux hommes se promettent de retravailler ensemble au plus vite. Promesse tenue quelques mois plus tard lorsque Bava signe pour réaliser Baron Vampire sur la base d'un scénario écrit par ... un joueur de tennis ! Plus problématique s'avère la perspective d'un tournage à l'étranger, Mario Bava restant très attaché à sa terre natale et sa famille et ne supportant guère l'éloignement. C'est le choix du décor qui finira par emporter le morceau. Imposante bâtisse médiévale, le château de Burg Kreuzenstein enflamme l'imagination du cinéaste italien. Mais la vraie raison qui pousse Mario Bava à réaliser Baron Vampire, c'est le pragmatisme. Le réalisateur du Masque du démon et du Corps et le fouet espère renouer avec le succès des années 60.
Dès son générique d'ouverture, Baron Vampire annonce pourtant du changement dans le ton et dans la méthode. Le fantastique en costumes d'époque, c'est du passé ! Place au monde moderne ! D'une légèreté déconcertante, la musique de Stelvio Cipriani est à deux doigts de verser dans la comédie lorsqu'elle illustre l'arrivée du jeune Peter Kleist (Antonio Cantafora, transparent à souhait) en Autriche. Quant à Bava, il s'assure de souligner par des cadres d'une banalité absolue la laideur de l'aéroport de Vienne.

 

Scooby Doo be doo !


De toute évidence, ce monde moderne qui, chaque jour un peu plus, grignote nos existences n'est pas du tout du goût de Mario Bava, l'artisan et magicien. Déjà présente dans La Baie sanglante, cette détestation de la société contemporaine, de son cynisme et de son manque d'imagination prend encore de l'ampleur. Un distributeur de Coca-Cola défigure le cadre authentique du château en amorce d'une scène de suspense, une vente aux enchères d'artefacts historiques s'ouvre sur un lot de téléviseurs couleurs (!), les propriétaires des lieux annoncent sans sourciller qu'ils espèrent profiter de la réputation sulfureuse du baron sanguinaire pour attirer les touristes et les plumer, le seul trait de caractère de l'héroïne interprétée par la belle Elke Sommer se limite à changer de tenue à chaque scène (plus superficielle, tu meurs) et l'oncle du héros n'enseigne le surnaturel que sous l'angle démystificateur de la science.
Au-delà de cette ironie teintée d'amertume qui traverse le film, c'est la figure même de l'antagoniste maléfique, le baron en titre, qui souffre de sa transposition dans une époque qui n'est plus sienne. Fraîchement sorti de la tombe, il frappe à la porte d'un médecin qui, loin de le craindre, le prend en pitié ... avant d'être assassiné comme il se doit. Souvent filmée en plan large, sa silhouette inspire la pitié plus que la peur tandis que la police ne prend pas ses méfaits au sérieux. Un folklore moquée qui pousse le monstre à se dissimuler derrière la frêle silhouette d'un vieux notable en chaise roulante auquel Joseph Cotten (qui se demande un peu ce qu'il fout là) prête ses traits. Un déguisement provoquant un twist à la Scooby-Doo lorsque tombent enfin les masques.
De la magie, il en reste pourtant quelques traces lors d'une poursuite nocturne inspirée par L'Homme au Masque de Cire d'André de Toth ou lors d'une séance de spiritisme au bord d'un lac menée par l'impressionnante Rada Rassimov.

Parce qu'il n'a pas encore perdu la foi ni son tout son talent, Mario Bava parvient à faire oublier les défauts d'un script aux enjeux flous (comprenne qui pourra la malédiction qui pèse sur le baron) et aux personnages jamais crédibles ainsi que des baisses de rythme fréquentes.

Alan Wilson






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Image :
Le master utilisé par les anglais d'Arrow Video pour leur édition de 2013 est ici à l'honneur. Soit une copie globalement satisfaisante, aux couleurs et à la définition soignées avec un minimum d'accidents de pellicules et autres points blancs. Le grain est peu prononcé, à l'exception de quelques scènes en intérieur. Les plus gros défauts se résument à des fluctuations et des instabilités de couleur très brèves lors de quelques plans de transition. Une peccadille pour une édition qui comblera les amateurs de projections vintage.

 


Son :
La version anglaise écrase ses concurrentes sans merci avec une dynamique mesurée mais bien réelle dès lors que la musique retentit avec des basses bien rondes et percutantes. Dotée d'un solide doublage, la version française propose des dialogues et des cris mixés bien trop haut tandis que la version italienne est aussi plate que fatiguée avec un souffle très présent. Et lorsqu'il s'agit de tester les limites de saturation des trois pistes audio, rien ne bat les cris stridents d'Elke Sommer !

 


Interactivité :
Un regret, un seul : l'absence de la version courte américaine distribuée par AIP (8 minutes en moins) et présente sur l'édition Arrow Video. Renseignements pris auprès d'ESC, l'éditeur a privilégié le montage original, plus complet, agrémenté d'éléments audio du montage censuré où la musique de Les Baxter remplace celle de Stelvio Cipriani. Un choix compréhensible mais qui nous prive des améliorations notables en terme de rythme et de cohérence que souligne l'américain Tim Lucas, spécialiste de Bava, dans son commentaire audio. Un commentaire audio qui commence à dater (il a été enregistré pour les éditions DVD d'Anchor Bay de la fin des années 90) mais qui reste inestimable, de par son érudition et ses remarques éclairées. Tout aussi passionnante est l'analyse proposée par le journaliste Nicolas Stanzyck qui, sur près de 40 minutes, replace l'œuvre dans son contexte et décortique le style et les thèmes de Mario Bava. Une interactivité riche et complétée par un livret rattaché au très beau packaging médiabook.

Liste des bonus : Présentation du film par Nicolas Stanzyck / Commentaire audio de Tim Lucas / Bandes-annonces

 
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