LA CIBLE HUMAINE
The Gunfighter - Etats-Unis - 1950
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « La Cible humaine »
Genre : Western
Réalisateur : Henry King
Musique : Alfred Newman
Image : 1.33 4/3
Son : Français et Anglais DTS-HD Master Audio 2.0
Sous-titre : Français
Durée : 85 minutes
Distributeur : Sidonis
Date de sortie : 26 juin 2020
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « La Cible humaine »
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LE PITCH
Depuis OK Corrall, Jimmy Ringo est une légende vivante. A tel point qu’il ne peut s’arrêter dans une ville sans y être défier par la moindre gâchette en mal de notoriété. Fatigué, il prend la route de Cayenne, ville où se trouve peut être l’unique moyen de faire la paix avec son passé.
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L'homme et la légende

Fidèle à sa ligne éditoriale de spécialiste du Western, Sidonis Calysta nous gratifie une fois de plus d'un représentant du genre pour le moins oublié mais ô combien précieux. L'occasion de redécouvrir une des plus grandes légendes d'Hollywood dans un rôle inhabituel face à la caméra d'un des réalisateurs les plus prolifiques et versatiles de la grande époque.

Inutile d'être un spécialiste du Western, où un historien du vieil Ouest, pour vibrer à la seule évocation du nom de Johnny Ringo. A ce seul nom résonne le fameux règlement de comptes à OK Corral, immortalisé plusieurs fois à l'écran, petit comme grand, et dont l'importance historique et le caractère emblématique ont trouvé un écho jusqu'à la science-fiction (dans Star Trek ou Dr. Who). Mais c'est sûrement dans le cultissime Tombstone de George Pan Cosmatos (1993), que le personnage laisse une trace indélébile dans l'imaginaire collectif. Interprété par Michael Biehn, Ringo est un pistolero cruel, sans foi ni loi et aux yeux de fou, dont la cavale meurtrière prend fin au terme d'un duel silencieux avec une autre légende de l'Ouest, Doc Holliday, interprété par Val Kilmer dans un des (le?) rôles de sa vie. Mais passons. Une réinterprétation de l'Histoire forcément romancée, voire romantique, loin d'une réalité des faits finalement beaucoup plus cruelle : John Peters Ringo aurait mis fin à sa légendaire carrière de hors-la-loi lui-même, à l'aide d'une simple balle en pleine tête. Une fin dont jamais Hollywood, évidemment, ne voudra mais qui trouve une sorte d'écho inattendu dans le film d'Henry King.

 

Romance et mélancolie


A commencer dans le scénario signé William Bowers et le célèbre borgne au bandeau André de Toth, qui font effectivement de Johnny (rebaptisé Jimmy) Ringo, un hors-la-loi légendaire mais à la psychologie fatiguée, las d'errer de ville en ville et de devoir répondre à la moindre provocation de freluquets voués à mourir d'une des balles de son colt. Un vilain héros torturé, ivre de paix et qui trouve, du coup, l'acteur idéal pour l'incarner en la personne de Gregory Peck. Grand, beau, avec, pour l'occasion, une moustache lui dévorant le visage, Peck incarne un modèle de calme olympien, au regard doux mais à la gâchette néanmoins facile. Ainsi, l'introduction le place en exécuteur d'un énième candidat au suicide, dont les frères décident de le pourchasser, tandis que lui décide de quitter la ville en direction de Cayenne, où demeure son ancien amour également mère de son jeune fils. L'occasion, ou jamais, de mettre un terme à cette cavale sans fin et à un nouveau départ.
Si ce beau et grand échalas de Peck entre tout d'abord difficilement dans les habits d'un personnage que l'Histoire nous a montré plus ambigu pour ne pas dire rugueux, c'est pour finalement mieux interpréter les vicissitudes mises en exergue dans un scénario faisant la part belle à la romance. Une surprise qu'on pourrait d'abord juger comme mauvaise dans un Western mais qui trouvent leur légitimité dans l'écriture et surtout la caméra de King, grand habitué de ce genre de thème humaniste. Ainsi Ringo, plutôt que d'arpenter les différentes scènes du film l'arme au poing, tente de reconquérir son amour de jeunesse, apparaît comme un père bienveillant, se fait joliment rabrouer par une délégation d'épouses en colère... On sent la caméra de King toute dévouée à son acteur principal (qui deviendra fétiche, avec le temps et leurs six collaborations).

Western inhabituel, déstabilisant même, au vu du choix d'écriture fait autour de la légende de l'Ouest qu'était Johnny Ringo, La Cible Humaine n'en demeure pas moins une belle réussite , qui consacre le travail d'un acteur qui arrivait, peu ou prou, à rentrer dans tous les rôles, et celui d'un réalisateur qui ne cessa jamais de passer d'un genre à un autre, tout en conservant une « patte » mélancolique très personnelle mais ô combien précieuse.

Laurent Valentin






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Image :
Pour l'heure, La Cible Humaine n'existait au format HD que chez nos amis teutons (avant une sortie prévue pour l'automne chez Criterion) et profite chez l'éditeur français d'une très belle restauration. Noir et blanc très contrastés, niveaux de gris du plus bel effet : on ne peut qu'applaudir le résultat obtenu, très loin de l'image qu'offrait jusque là le DVD. Un très bon travail de restauration donc, comme très souvent chez l'éditeur.

 


Son :
Mieux vaut oublier la VF, dont la présence est presque inutile au vu de sa qualité médiocre. La VO, par contre, offre une musique et des effets sonores qui, bien que rendus dans une simple mono restaurée, donnent pourtant un vrai relief à l'image (mention spéciale au brouhaha des enfants qui ne quitte presque jamais le personnage principal dans la dernière partie du film sans jamais empiéter sur les autres sons).

 


Interactivité :
Au sein d'un menu animé, deux entretiens avec Bertrand Tavernier et Patrick Brion, habitués chez l'éditeur. En presque 30 minutes, le réalisateur nous fait profiter de ses habituelles anecdotes sur De Toth, sur la carrière d'Henry King, sur les coulisses du film, où la moustache de Peck devint un véritable enjeu artistique entre l'acteur, le réalisateur et les producteurs. Toujours un bonheur d'écouter Bertrand Tavernier nous faire profiter de sa science du Cinéma ! Patrick Brion, quant à lui, revient plus particulièrement sur la carrière d'Henry King et ses collaborations avec Peck, dans un entretien plus bref, plus préparé et plus scolaire mais tout aussi intéressant. Suivent une galerie de photos et une bande annonce d'époque plutôt inhabituelle car présentée par Gene Tierney (qui n'est pas dans le film).

Liste des bonus : Présentation du film par Bertrand Tavernier et Patrick Brion, Bande-annonce.

 
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