PELLE LE CONQUéRANT
Pelle erobreren - Danemark, Suède - 1987
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Pelle le Conquérant »
Genre : Drame
Réalisateur : Bille August
Musique : Stefan Nilsson
Image : 1.85 16/9
Son : Suédois et Français DTS HD Master Audio 2.0
Sous-titre : Français
Durée : 143 minutes
Distributeur : BQHL
Date de sortie : 25 juin 2020
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Pelle le Conquérant »
portoflio
LE PITCH
Suède, à la toute fin du 19ème siècle. Pour échapper à la misère, le jeune Pelle et son vieux père, Lasse, embarquent pour le Danemark où ils espèrent connaître une vie meilleure. A peine y sont-ils arrivés qu’ils prennent conscience que l’existence sera difficile là aussi, que les immigrés comme eux n’y ont aucun droit, sinon courber l’échine et travailler dans des conditions épouvantables contre quelques sous. Engagés comme vachers dans une ferme, ils subissent la viol...
Partagez sur :
En vers et contre tous

Avant... Bien avant toute la folie dont le monde s'est épris autour des thrillers scandinaves (Millenium en tête), la littérature nordique existait déjà. Si, si ! L'un de ses représentants les plus célèbres est l'auteur danois Martin Andersen Nexø qui sévit dans la première partie de XXème siècle. A moins d'être amateur de harengs fumés et de doudoune, il n'y a pas de mal à être passé à côté.

Son œuvre est un véritable phénomène dans son pays. Il est le premier auteur à avoir dépeint le prolétariat dans ses contrées. Sa saga Pelle le conquérant qui va s'étendre sur quatre romans va durablement marquer les esprits. Enfin... là-bas. On ne compte plus les parents danois à avoir donné le nom de « Pelle » à leurs enfants. Hasard de la production, le jeune acteur du film interprétant le rôle titre n'y a pas échappé non plus. Plusieurs réalisateurs se sont cassé les dents sur son adaptation pour le grand écran. Dreyer et Polanski ont déclaré forfait devant l'acquisition des droits détenus à l'époque par la RDA où l'auteur avait fini sa vie. La ténacité d'un petit producteur du nom de Per Hoist en eut raison pour le profit de Bille August. S'attaquer à une œuvre aussi importante et incunable dans l'esprit de ses compatriotes n'allait pas être tâche facile, c'est comme adapter du Hugo ou du Zola pour la première fois. Chacun s'étant déjà fait un peu sa propre idée de ce à quoi le film devait ressembler.

 

Tragédie rurale


Projet pharaonique, sa production allait dépasser tous ses plans de travail pour s'étaler sur une période de trois ans. Que ce soit en matière de repérages ou en moyen humain, les efforts seront considérables. Impossible de se l'imaginer à la vision de ce film qui suit le parcours intimiste d'un père et de son fils quittant leurs Suède natale pour tenter de trouver une vie meilleure chez leurs voisins Danois. Malheureusement pour eux, leur existence ne sera guère plus clémente là-bas. Le seul travail proposé en tant qu'émigré sera dans une exploitation fermière où il ne sera pas facile de trouver sa place entre les châtelains méprisants et les ouvriers communautaires. L'exclusion ne fera que renforcer leurs liens. La relation entre le formidable Max Von Sydow et le jeune Pelle Hvenegaard fonctionne à merveille tant celle-ci est crédible. Ses espoirs le tourne en ridicule. Le père fatigué par la vie s'efforce de passer le relais à son fils en espérant que la vie lui fasse plus de cadeaux qu'à lui. August alterne habilement les points de vue du monde adulte à celui de l'enfance. Les combats ne sont pas les mêmes contrairement à l'énergie qu'elle demande. Il symbolise sa mise en scène par une photo soignée cadrant habilement ces personnages tels des silhouettes perdues dans la brume de ce froid nordique les isolant encore davantage dans la solitude. L'horizon se dessine parfois au loin comme pour perdre le spectateur qui ne sait plus si la ligne de mire est définie ou suggérée.

Drame rugueux et exigeant, Pelle le conquérant ne se laisse pas appréhender si facilement et demande des efforts de concentration par la lenteur de son rythme. Le résultat est pourtant là et portera son cinéaste aux nues de la reconnaissance mondiale en lui offrant sa première Palme d'Or (il est l'un des rares réalisateurs à être doublement palmé avec Les Meilleures intentions sur une tranche de vie du réalisateur Ingmar Bergman) et l'Oscar du meilleur film étranger. Même si on pourrait comparer son film à du Dardenne nordique. Pelle nous offre plus que cela, un voyage vers des contrées pas si éloignées de chez nous avec toujours ce même désir d'un monde meilleur, d'un monde plus juste.

Cédric Lemaire








Partagez sur :
 

Image :
Oubliez le transfert poussiéreux du dvd sorti il y a belle lurette. Ici, les décors naturels profitent à nouveau de leur luminosité nordique. La pellicule 35mm respire à nouveau la stabilité et gagne largement en netteté. Si les noirs peuvent parfois parraitre un peu trop plat, les grands espaces et les gors plans en pleine lumière profitent d'une définition généreuse.

 


Son :
En stéréo DTS, les pistes ne sont malheureusement pas en HD. Néanmoins le son d'origine retranscrit bien les ambiances du monde rural où le récit se déroule tout comme le souffle patent du vent en ce bord de mer.

Liste des Bonus : Aucun

 
Crédits & mentions légales - Publicité - Nous contacter
Copyright Regard Critique 2009-2020