STARCRASH
Italie, Etats-Unis - 1978
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Starcrash  »
Réalisateur : Luigi Cozzi
Musique : John Barry
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais DTS HD Master Audio 2.0, Français DTS HD Master Audio 5.1
Sous-titre : Français
Durée : 92 minutes
Distributeur : Extralucid Films
Date de sortie : 17 juin 2020
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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site officiel
LE PITCH
Aux confins de l’univers, le maléfique comte Zarth Arn s’oppose à l’Empire et à son bienveillant empereur. Deux aventuriers, Stella Star et Akton, reçoivent de l’empereur la dangereuse mission de trouver la base secrète de Zarth Arn.
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Il y a bien longtemps dans une Italie pas si lointaine, un producteur averti estima que l'industrie de la bricole pouvait tout à fait rivaliser avec le space opera moderne et spectaculaire de George Lucas. Starcrash, qui se rêvait un concurrent de l'inimitable Star Wars était née. Et nous, on n'a pas fini de rire.

Si certain spectateur amateurs de spectacles niais et de culture pop délurée peuvent parfois s'emballer à l'évocation de Starcrash, il faut cependant redescendre plus près du sol : malgré les efforts considérables du projet et une honnêteté absolument désarmante, cela reste un gigantesque nanar. Sympathique, attachant, divertissant, mais un nanar total nourri par la naïveté du fanboy Luigi Cozzi (alias dans le générique Lewis Coates pour faire plus Hollywood) copain de Dario Argento et grand amoureux des spectacles SF à l'ancienne. Star Wars, il ne l'a d'ailleurs même pas vu lorsqu'il se lance dans ce ripp-off, se basant alors beaucoup plus librement sur l'adaptation en roman sortie quelques temps plus tôt. Inutile de préciser qu'en dehors d'un vaisseau filmé en contre-plongée dynamique dans l'ouverture (mais plus court donc l'effet tombe à l'eau), d'un vilain à la cape noir, d'un robot qui fait des blagues, d'un sabre laser rajouté à la dernière minute et d'une bataille finale bordélique en diable, Starcrash ne ressemble jamais vraiment à son modèle et ne s'y frotte finalement que très peu. Cozzi lui, préfère invoquer ses souvenirs de jeunesse, ses lectures de fumetti et de stripcomics, les doubles programmes dégustés dans les salles de quartier et bien entendu les prouesses de Ray Harryhausen auquel il s'efforce de rendre hommage... Hésitant d'ailleurs toujours un peu avec la copie pure et simple (la scène de la statue amazone géante est calquée sur le colosse de Jason et les argonautes) mais toujours avec un savoir-faire terriblement en deçà, rigide et maladroit.

 

Un choc des étoiles


La sincérité du metteur en scène est évidente, mais systématiquement ses idées semblent vouées à se prendre le mur de ses modèles, la réalité réduite du budget et plus directement la pauvreté d'écriture, une mise en scène qui peut frôler l'amateurisme sans compter sur cette direction artistique d'un kitch total, déjà un peu embarrassante en 1978... Alors imaginez aujourd'hui ! Pourtant c'est encore une fois la personnalité de Cozzi qui finit par faire son petit effet auprès d'un spectateur médusé devant les gags ringards, les péripéties incompréhensibles, déconnectées et un casting aussi improbable que cabotin qui fait cohabiter le grand Christopher Plummer (il ne tourna que deux jours pour s'offrir quelques vacances romaines) aux cotés de la pulpeuse Caroline Monroe, de Joe Spinell (Maniac) en dictateur de l'espace ricanant et d'un David Hasselhoff débutant et déjà mauvais. Une affiche qui donne le ton à cette aventure spatiale pour le moins autre et qui ressemble moins à un blockbuster estival qu'à un fantasme de gosse. Et ce même si l'impérial John Barry donne tout ce qu'il peut pour apporter un peu de coffre au délire.


Profitant d'un intérêt avide des spectateurs pour les univers à la Star Wars, Starcrash connu en son temps un sacré succès faisant le bonheur, entre autres, de son distributeur américain Roger Corman, et permis à son auteur d'enchaîner avec un certain Contamination, copie trashouille et bisseuse du Alien de Ridley Scott. On ne se refait pas.

Nathanaël Bouton-Drouard






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Image :
On imaginait mal ce que pouvait faire la HD a un film comme Starcrash, craignant sans doute d'y voir apparaître de nouveaux défauts et une définition propre à en souligner la ringardise. Si ce master ne la gomme pas, il apporte cependant beaucoup de bonnes choses à commencer par des séquences de maquettes admirablement définies et qui en soulignent certainement les petites qualités noyées jusque-là dans la masse. Le piqué et le clinquant des couleurs est aussi bien présent sur la plupart des scènes « classiques » où les différents filtres numériques usitéd ne gomme jamais la profondeur et le sens du détail. Belle surprise forcément éreintée dans les nombreux plans composites qui là doivent se contenter de cadres lissés ou de surfaces granuleused. Mais pour un film comme Starcrash cela reste une sacrée gageure.

 


Son :
Un joli travail a de même été effectué sur la bande sonore originale qui malgré sa post-synchronisation propose un DTS HD Master Audio 2.0 particulièrement bien équilibré, fluide et clair avec une certaine emphase apportée par la musique de John Barry. Le doublage français, qui effectivement ajoute régulièrement au ridicule, a lui été remanié dans un DTS HD Master Audio 5.1 parfois assez efficace dans les moments les plus « spectaculaires » mais qui perd régulièrement pied dans les segments les plus sobres.

 


Interactivité :
Second opus de la collection Extraculte d'Extralucid Films, Starcrash est proposé dans un superbe digipack avec fourreau contenant le Bluray et deux DVD (film plus bonus). Un film manifestement choyé par l'éditeur qui propose en première instance le montage européen et ses quelques minutes supplémentaires de dialogues et de plans surréalistes loin d'être indispensables (dans une copie non restaurée et donc uniquement en SD). Ne reprenant pas d'autres suppléments croisés sur des éditions étrangères, l'objet fourni en outre une présentation imagée et toujours aussi amusée du taulier Christophe Lemaire, suivie par une interview exclusive du réalisateur Luigi Cozzi. Plutôt intéressante et complète, elle reste cependant un peu anecdotique à coté du long documentaire FantastiCozzi qui malgré une qualité d'enregistrement pas folichonne traverse toute la carrière du bonhomme, de ses débuts de journaliste au lancement de la boutique Profondo Rosso, avec de nombreuses anecdotes croustillantes sur le tournage de Starcrash ou la mise en boite des deux Hercule avec Lou Ferrigno.

Liste des bonus : Version européenne uncut non restaurée (94'), Introduction exceptionnelle par Luigi Cozzi (20'), Entretien avec Christophe Lemaire (19'), « FantastiCozzi » : documentaire réalisé par Felipe M. Guerra (2016, 70', VOST).

 
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