SHADOW
Ying - 影 - Chine, Hong-Kong, Etats-Unis - 2018
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Shadow »
Genre : Action, Aventure
Réalisateur : Zhang Yimou
Musique : Zai Lao
Image : 2.35 16/9
Son : Dolby Atmos Mandarin, DTS HD Master Audio 5.1 Français
Sous-titre : Français
Durée : 116 minutes
Distributeur : HK Vidéo
Date de sortie : 10 août 2020
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Shadow »
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LE PITCH
L’épopée des Trois Royaumes avec l’histoire ambitieuse d’un roi imprévisible et de son chef des armées qui dispose d’une arme secrète : un sosie capable de duper l’ennemi et le roi lui-même. Pour remporter la bataille ultime, il doit exécuter ses plans en secret et entrer en guerre contre l’avis du roi.
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Pour tout un empire

Prenant ses distances avec une Grande muraille décidément bien encombrante, Zhang Yimou redéfinit ses ambitions avec Shadow, nouveau film en costume mâtiné de wuxiapian, mais où cette fois-ci il semble refuser catégoriquement d'aller chercher le public par la main.

Cinéaste de la transition ayant aussi bien connu la nouvelle vague du cinéma chinois et l'ouverture vers des réflexions sociales et sociétales (Le Sorgho Rouge, Épouses et concubines) avant de s'adonner au grand spectacle célébrant élégamment la puissance du cinéma commercial chinois (Hero, Le Secret des poignards volants), Zhang Yimou semblait perdre peu à peu pied dans une dynamique de blockbusters entériné par la coproduction sino-américaine boursouflée La Grande Muraille. Un projet accepté à contrecœur et cela se voit. Ce n'est clairement pas le cas avec Shadow, métrage dont il porte la paternité totale (scénario, production, mise en scène) et dont l'identité n'a définitivement plus rien occidentale... Même s'il serait aisé de reconnaître dans l'excessive théâtralité de la description d'une cour royale au bord de l'étouffement, écrasée sous le poids des secrets et des trahisons, à une pièce de William Shakespeare. Des atours pourtant tout aussi présents dans les romans fleuves chinois et les grandes fresques historiques comme Les Trois Royaumes dont Shadow reprend un simple épisode.

 

DU fond dans les formes


Une anecdote presque dans un récit aux batailles dévastatrices, aux jeux géopolitique ultra complexes, dont le film en présence semble vouloir être une forme de compression ultra resserrée, compacte, dense, voir parfois légèrement bourrative. Baignée dans une photographie renversante aux lisières d'un noir et blanc aux reflets argenté, Shadow fait cohabiter un hermétisme volontaire avec une richesse formelle ultra léchée faites de drapés, de transparences et de récurrences obsédantes de la figure du yin et du yang. Des forces qui s'opposent, qui s'allient, qui se jaugent, le film n'est fait que de cela mais avec cet ingrédient exotique de la fameuse « ombre » (comme dans le chef d'œuvre Kagemusha de Kurosawa), doublure d'un grand général dont le sens de l'honneur et la passion pour l'épouse de son maître va servir de grain de sable dans les rouages d'une vague histoire de reconquête. Majoritairement relativement statique, posé, voir froid et intellectualisé, cette tragédie autour de la question du pouvoir corrupteur et destructeur du pouvoir, s'offre tout de même un gigantesque exutoire d'une vingtaine de minutes où la violence contenue jusque-là explose dans un enchaînement de duels sanglants, de confrontations meurtrières ou les gerbes de sang fascinent autant que les chorégraphies martiales épiques et fantaisistes (les ombrelles qui se transforment en armes et même en luge...). Une catharsis époustouflant qui excuse bien quelques langueurs.

Nathanaël Bouton-Drouard






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Image :
Capturé en numérique 4K et 5K, Shadow en met clairement plein la vue en HD développant aussi bien des contrastes aiguisés, tranchants, et un piqué puissant venant creuser une très belle profondeur. Pas un défaut visible, même lors des scènes de bataille mariant mouvement et images de synthèses, où les noirs restent d'une tenue impeccable. Un petit bijou de définition qui souligne l'esthétique fouillée du film et qui fait forcément un peu regretter que Metropolitan ne soit pas encore passé aux disques UHD.

 


Son :
On passera rapidement notre chemin devant une vf DTS HD Master Audio 5.1 certes joliment dynamique mais toujours à coté dans le jeu des doubleurs (souci habituel des films asiatiques), surtout que la version originale, en Mandarin Dolby Atmos, se montre particulièrement jouissive. Aussi bien dans les élans épique où la fluidité des affrontements est retranscrite avec brio (la gestion de la pluie laisse pantois), que dans les séquences plus calmes, où le moindre détail sonore peut venir souligner un élément primordial du film, comme dans le plan final.

 


Interactivité :
On ne se plaindra pas trop de la disparition des featurettes promos présentes sur les éditions US et chinoise, tant elles sont en général d'un vide abyssal. On regrettera cependant que l'éditeur HK Vidéo ne propose aucun supplément en remplacement (interview, making of, thèmes...) si ce n'est un livret inclus dans la reliure. Le packaging est superbe soit dit en passant.

Liste des bonus : Un livret exclusif (16 pages)

 
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