HALLOWEEN 4 & HALLOWEEN 5
Halloween 4 : The Return of Michael Myers, Halloween 5 : The Revenge of Michael Myers - Etats-Unis - 1988 / 1989
Image plateforme « Blu-Ray »
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Genre : Horreur
Musique : Alan Howarth
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais et Français DTS HD Master Audio 5.1 et 2.0
Sous-titre : Français
Durée : 185 minutes
Distributeur : ESC Distributions
Date de sortie : 5 août 2020
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Ayant survécu à ses blessures et à l'explosion de l'hôpital d'Haddonfield, Michael Myers est plongé dans le coma. La veille d'Halloween, profitant d'un transfert en ambulance, il se réveille, massacre les infirmiers et se lance à la poursuite de Jamie Lloyd, la fille de feu Laurie Strode …
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Michou reviens parmi les tiens !

Déçu par les maigres recettes d'Halloween III en 1982, Moustapha Akkad, producteur historique de la franchise, mit toute son énergie à s'assurer du retour du croquemitaine masqué. Le résultat fut la sortie, presque coup sur coup, d'Halloween 4 et 5, entre 1988 et 1989. Après un collector maousse consacré au premier film, ESC déroule le tapis rouge à un diptyque malade mais décisif pour l'avenir de la saga.

Mettant un terme à un development hell de presque six ans, Halloween 4 annonce la couleur en complétant son titre d'un tonitruant « The Return of Michael Myers ». Un retour espéré par de nombreux fans, retardé par les faux-départs et des problèmes de droits et finalement expédiés en six mois par une équipe sous pression. Malgré une sortie calée assez tôt au mois d'octobre 1988 pour cadrer avec les dix ans de la saga, la production n'obtient le feu vert qu'au printemps de la même année. Le scénariste Alan B. McElroy rend sa copie après un marathon d'écriture de 11 jours et Dwight H. Little, artisan jusqu'alors spécialisé dans l'action, est embauché pour mettre cette troisième séquelle en boîte. Organisé et compétent, le cinéaste tient ses délais et livre un produit qui se tient. A peu près. L'ouverture, très atmosphérique et percutante, lance le métrage sur des bases solides et l'épilogue, d'une noirceur bienvenue renvoie intelligemment au plan séquence traumatique sur lequel débutait La Nuit des masques en 1978. Entre ces deux moments recommandables, la routine, rien que la routine, toujours la routine. Et une pincée de faux raccords croquignolets causés par la précipitation et qui portent un peu atteinte aux icônes que furent Michael Myers (un nouveau masque cheap et qui changent parfois de forme ou de couleurs) et le docteur Sam Loomis (un maquillage de grand brûlé retouché à chaque scène).
Un constat mitigé mais qui s'aggrave avec la suite réalisée par le franco-suisse Dominique Othenin-Girard, Halloween 5 plongeant allégrement dans le grand n'importe quoi. Rythme en dents de scie, interprétation globalement à la ramasse, humour poussif, incohérences en pagaille et mise en scène extra-terrestre alternant entre le téléfilm France 3 régions et le bis transalpin façon Bruno Mattéi, le carnage laisse pantois. Que la franchise ait survécu à ce doublé peu glorieux s'explique autant par l'opportunisme des créanciers (même en petite forme, Michael Myers est toujours profitable) que par la détermination d'un seul homme, feu le syrien Moustapha Akkad.

 

COup d'état


Lorsqu'il accepte, en 1978, de miser 325 000 dollars sur le projet du duo John Carpenter / Debra Hill, Akkad reste prudent. À défaut de toucher le jackpot, il sait que Halloween ne lui fera pas perdre d'argent. L'horreur attire les adolescents et les bénéfices sont toujours au rendez-vous. Mais le succès le prend totalement par surprise lorsque le film devient un phénomène mondial et qu'il s'inscrit parmi les opérations les plus rentables de l'histoire du 7ème Art. Conscient de l'apport de Carpenter et de son équipe, fier d'avoir eu le nez creux en offrant à ces inconnus prometteurs un tremplin inespéré, Moustapha Akkad est surtout persuadé que la poule aux œufs d'or se nomme Michael Myers, figure de proue d'un nouveau genre, le slasher.
Passe encore qu'Halloween II soit envisagé comme le point final des méfaits sanglants du tueur d'Haddonfield (un croquemitaine, ça se ressuscite). Mais l'absence de Myers de l'intrigue d'Halloween III, bien que validée en amont, suscite une part d'incompréhension. Et l'échec (très relatif) au box-office de cette fausse suite est vécue par le producteur comme un affront. Michael Myers doit revenir, il se sait au fond de ses tripes. Par politesse, il tente de convaincre John Carpenter d'adhérer sa démarche mercantile. Et ce dernier, réticent mais redevable à celui qui fit de lui un cinéaste bankable, de proposer un scénario écrit par Dennis Etchinson qu'il verrait bien se concrétiser sous la direction de Joe Dante. Michael Myers y est une présence spectrale et la ville d'Haddonfield, profondément traumatisée, a interdit la fête d'Halloween dans l'espoir un peu fou de préserver la jeunesse du passé sanglant de la petite bourgade de l'Illinois. Sans surprise, Moustapha Akkad rejette cette approche qu'il juge trop cérébrale (mais que l'on retrouvera sous une autre forme dans le scénario du crossover Freddy vs Jason) et mène une guerre des nerfs qui amènera John Carpenter et Debra Hill à lui céder tous leurs droits.
Peu l'importe l'armée de script doctors ou les personnalités très opposés de Dwight H. Little et Dominique Othenin-Girard, les changements de direction et les trahisons, Halloween 4 et 5 appartiennent corps et âmes à Moustapha Akkad et dressent le portrait d'un homme prêt à faire feu de tout bois pour faire vivre une formule à laquelle il tient plus que tout.

 

No Future ?


Paresseux et jouant la sécurité, Halloween 4 résiste à la tentation de compliquer l'histoire de Michael Myers, substituant à Laurie Strode (Jamie Lee Curtis a déclaré forfait) sa fille de huit ans, l'orpheline Jamie Lloyd. En revanche, la suite, avec son homme en noir sorti de nulle part et sa symbolique païenne, introduit un tel bordel dans la continuité qu'aucun des nombreux montages d'Halloween 6 ne parviendra à rétablir un quelconque équilibre narratif. Forcés de faire table rase du passé (enfin, en partie), Halloween H20 et Halloween Resurrection créeront leur propre storyline boiteuse avant que l'on ne passe fatalement par la case remake/reboot ... deux fois ! Contrairement à ses concurrents directs, Jason Voorhees et Freddy Krueger, dont les histoires se sont inscrites dans la durée avant de se retrouver au pied du mur, Michael Myers semble donc condamné à presser la touche reset à intervalles réguliers. Ironie du sort, ces deux films, s'ils n'ont pas tué la saga Halloween (deux nouveaux opus sont annoncés pour 2020 et 2021) semblent l'avoir définitivement empêché de se renouveler.


La seule raison de s'intéresser aux films de Little et Othenin-Girard et de tenter l'expérience, c'est Danielle Harris. Sélectionnée au cours d'un casting express, la jeune fille s'empare avec un naturel désarmant du rôle pourtant casse-gueule de « la nièce de Michael Myers ». La cohérence du personnage (possible héritière dans le 4, lien psychique dans le 5) est assurément mise à mal d'un film à l'autre mais l'actrice s'en sort avec les honneurs, faisant oublier la figurine traditionnelle de la final girl telle que Jamie Lee Curtis l'avait popularisée. Rob Zombie, qui est un homme de goût, s'inspirera d'ailleurs de Jamie Lloyd pour approfondir la relation entre sa Laurie Strode et son Michael Myers et poussera l'hommage jusqu'à embaucher Danielle Harris à deux reprises, la comédienne endossant cette fois la défroque d'Annie Brackett, fille du shériff joué par Brad Dourif. Et si on oubliait le croquemitaine pour faire revenir Jamie Lloyd ? Une idée en passant ...

Alan Wilson















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Image :
Les DVD recadrés et bien ternes d'Opening ne sont plus qu'un lointain souvenir avec ces masters lumineux et contrastés, encodés avec soin. ESC a eu la bonne idée d'exploiter les éditions américaines de Shout Factory que l'on ne trouvait jusqu'alors que dans un coffret aussi rare qu'onéreux. Le grain des scènes nocturnes reste raisonnable mais la définition est parfois un peu trop douce, un usage de réducteur de bruit n'étant pas à exclure. Rien à voir bien entendu avec les récentes restaurations des chapitres précédents, les sources d'origines restant les masters vidéos datés, mais l'amélioration est indéniable.

 


Son :
Très artificiel, le 5.1 n'offre aucun dynamisme ni gain significatif à des mixages qui ne se distingue que par intermittence, avec un meilleur rendu pour les scènes atmosphériques que pour les explosions de violence. Les versions françaises sont encore plus « plates » et s'oublient vite, la faute à un doublage au rabais.

 


Interactivité :
Des premières annonces faisaient état de la présence des commentaires audio du coffret Shout Factory. Ils ne sont finalement pas de la fête mais les remarquables documentaires rétrospectifs, si. Le ton est enjoué mais les anecdotes, souvent croustillantes, dessinent en creux le défi de productions précipitées et son cortège de regrets. On retiendra surtout l'ambiance de tournage d'Halloween 5, entre fêtes ininterrompues, réécritures constantes et excentricités d'un réalisateur aux indications de jeu parfois aussi surréaliste qu'un tableau de Dali. Les suppléments maisons font un peu pâle figure malgré la somme d'informations que déroule Christophe Folzer dans un entretien qui couvre l'évolution de la saga ou encore l'enthousiasme cinéphile de Christophe Lemaire.

Liste des bonus : Entretien avec Christophe Folzer, Entretien avec Christophe Lemaire, Making-of, Bande-annonces

 
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