MANHATTAN LOCKDOWN
21 Bridges - Etats-Unis - 2019
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Image de « Manhattan Lockdown »
Genre : Policier
Réalisateur : Brian Kirk
Image : 2.35 16/9
Son : Français & Anglais DTS-HD Master Audio 5.1
Sous-titre : Français
Durée : 100 minutes
Distributeur : Metropolitan
Date de sortie : 22 mai 2020
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Manhattan Lockdown »
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LE PITCH
New York. Un braquage lié à une affaire de drogue tourne mal et huit policiers sont abattus au cours d'une fusillade sauvage. En charge de l'enquête, l'inspecteur Davis prend la décision de fermer tous les ponts qui permettent de quitter Manhattan et mène une chasse à l'homme impitoyable…
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Traqués

Lorsqu'ils ne jouent pas les bons petits soldats pour Marvel en récoltant des milliards, les frères Joe et Anthony Russo produisent de sympathiques actionners du samedi soir où les vedettes des Avengers tentent de faire oublier leurs exploits costumés. Avant Extraction et son Chris Hemsworth en mercenaire au bout du rouleau, il y eut donc Manhattan Lockdown et son Chadwick Boseman en flic tenace. Un film qui sent bon la nuit, le plomb et la justice expéditive.

Autrefois partagé entre le grand écran et les vidéo-clubs, le terrain du film d'action et du polar hard boiled est devenu la propriété presque exclusive des plate formes de SVOD, Netflix en tête. Avec des résultats mitigés puisque les bons films, ceux dont on parle encore après le générique de fin, se font encore désirer. Triple Frontière de J.C. Chandor, The Highwaymen de John Lee Hancock, Spenser Confidential de Peter Berg et Extraction de Sam Hargrave dominent de la tête et des épaules mais, au vu de la concurrence, on peut affirmer, un peu amères, que la récolte est bien maigre. Fraîchement accueilli par le public et la critique, Manhattan Lockdown aura au moins eu le mérite de sortir en salles. La grande époque semble révolue et il faut désormais se satisfaire de ces petits plaisirs.
Ce constat posé et digéré, le film de Brian Kirk ne se savoure pas uniquement par indulgence. Téléaste de carrière (il a notamment réalisé trois épisodes de la première saison de Game of Thrones), l'irlandais sait se montrer à la hauteur de ses influences. Un soupçon de Sidney Lumet pour son refus du manichéisme et son intrigue à base de flics ripoux et une bonne louche d'Andrew Davis, de John Badham et de Richard Donner. De solides artisans dont le savoir faire résonne au travers de cette chasse à l'homme nocturne et urbaine qui fonce droit au but. Entre fusillades et poursuites bien vénères et découpées avec un vrai sens du cadre et du rythme, Kirk est un homme à suivre de près.

 

King of New York


Offrant de leur prestige récent pour appâter les accrocs des multiplexes, les frères Russo ne sont pourtant pas les seuls à avoir mis la main à la poche pour concrétiser une péloche aussi jouissive que Manhattan Lockdown. Le versant le moins connu et apprécié de la carrière de la star Chadwick Boseman révèle en effet une véritable passion pour le genre policier. Producteur, il a misé sur des projets comme Message from the King de Fabrice Du Welz ou encore Marshall de Reginald Hudlin. Des bides qui ne l'ont pas dissuadé de récidiver pour Manhattan Lockdown. Un passionné, on vous dit.
Dans la peau de l'inspecteur Andre Davis (doit t-on voir dans ce patronyme un hommage discret au réalisateur du Fugitif ?), lieutenant à la gâchette facile et hanté par la mort de son père, également policier, et animé par une soif de justice sans concession, l'acteur dégage une intensité folle et contagieuse. Face à ce héros, félin et prédateur (panthère un jour, panthère toujours), le reste du casting ne démérite pas. Sienna Miller se distingue des clichés de la femme forte en appuyant le réalisme de son personnage, mère célibataire et flic à la loyauté énigmatique. Jouant les proies du NYPD, le duo Stephan James/Taylor Kitsch surprend très agréablement, leur passif de militaires nous épargnant un autre cliché, celui des petits voyous du Bronx qui enchaînent les « Fuck », les « Yo ! » et les maladresses attendues. En retrait mais toujours impeccables, J.K. Simmons, Alexander Siddig et Keith David complètent le tableau avec toute l'autorité et le charisme de rigueur.

Dernier point de satisfaction, et c'est de plus en rare de nos jours, le score, composé par le binôme Henry Jackman / Alex Belcher, envoie du lourd. Solennel et martial, il renvoie (toutes proportions gardées) aux meilleurs travaux de Marco Beltrami, Howard Shore et James Newton Howard. Bonne pioche.

Alan Wilson






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Image :
Sortie récente oblige, le transfert est rutilant avec des noirs profonds, des textures qui nous sauteraient presque à la figure, une compression en béton armé et des contours aiguisés. En soi, rien de surprenant, surtout venant d'un éditeur comme Metropolitan qui a toujours soigné la facture technique de ses sorties. Un regret, un seul. L'absence de transfert 4k pénalise un peu une profondeur de champ qui ne demandait qu'à s'épanouir sur nos écrans dernière génération.

 


Son :
Excusez-vous auprès des voisins (même ceux qui habitent à dix kilomètres de votre villa perdue au fond des bois) ou baissez le volume. Les choix sont limités face à l'artillerie lourde déballée par deux pistes multicanales massives. Précision des coups de feu, vrombissement des hélicoptères qui survolent Manhattan, ambiance des couloirs de métro et des boîtes de nuit, l'immersion est totale et nécessite un bon réglage pour ne pas se sentir submergé. Impressionnant.

 


Interactivité :
Signe que les grands éditeurs n'en ont plus grand chose à faire de l'interactivité des disques qu'ils proposent, le commentaire audio du réalisateur et de son monteur Tim Murrell est donc proposé sans sous-titres français, privant les francophones endurcis d'un supplément essentiel où les deux hommes ne se contentent pas de balancer des compliments mais détaillent avec pédagogie et passion l'importance de la mise en scène et du montage lorsque l'on prépare des scènes d'action ou de tension. Un gros carton rouge, donc. Et ce ne sont pas trois minutes de scènes coupées inutiles et sans contextualisation ainsi qu'une featurette promo abusivement vendue comme un making-of qui peuvent rattraper le coup.

Liste des bonus : Commentaire audio, Les coulisses, Scènes coupées, Bandes annonces

 
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