VICE SQUAD
Etats-Unis, Royaume-Uni - 1982
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Vice Squad »
Genre : Policier
Réalisateur : Gary Sherman
Musique : Joe Renzetti
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais et français DTS HD Master Audio 2.0 mono
Sous-titre : Français
Durée : 97 minutes
Distributeur : Studio Canal
Date de sortie : 10 juin 2020
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Vice Squad »
portoflio
LE PITCH
Prostituée à Hollywood, Karla se rend à la morgue pour identifier le corps de son amie Ginger, battue à mort par son protecteur Ramrod pour avoir voulu quitter le milieu. Karla accepte de collaborer avec le sergent Tom Walsh pour faire arrêter l’assassin. Elle se rend chez Ramrod, munie d’un micro dissimulé. Grâce à ce stratagème, les policiers arrêtent le criminel. Mais il s’enfuit et n’a de cesse de retrouver Karla. Tom Walsh lance ses inspecteurs à la recherche de la jeune ...
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Mes nuits sont pires que vos jours

A l'amorce des années 80, l'Amérique qui va devenir le paradis du fric, de la frime et de la gagne (merci Reagan) a encore largement les pieds dans la fange. Jusqu'aux genoux. Abel Ferrara en a déjà entamé la biopsie sèche et glauque avec Driller Killer et L'Ange de la vengeance, mais Descente aux enfers, titre bien pêchu qui fit son effet dans les vidéoclubs, lui emboite généreusement le pas.

Cinéaste à la carrière aussi prometteuse que rapidement essoufflée comme une étoile filante, Gary Sherman qui a déjà montrée son talent pour installer des ambiances sales et malaisante avec Le Métro de la mort et Réincarnations, connait certainement le cinéma new-yorkais underground dont Abel Ferrara est issu. Une vision nihiliste, désespérée et jamais très loin du réalisme documentaire qu'il adapte ici à la côte opposée, celle d'Hollywood, de Los Angeles, de ses nuits chaudes et étouffantes où le rêve américains s'effondre dans le caniveau. Avec ce petit quelque chose des premières saisons de Miami Vice à venir, et surtout avec une photographie urbaine résolument moderne, lumineuse et pointue (merci à John Alcott, directeur photo préféré de Kubrick) digne du Thief de Michael Mann, Gary Sherman restitue avec force et crédibilité les sensations qui l'on frappé lors des quelques nuits passés en compagnie d'une véritable « Vice Squad ». Ces rues sans soleil y sont décrites comme un microcosme étouffant où cohabitent avec méfiance et rarement beaucoup de douceur, dealers, clodos, touristes malveillants, pervers de tout poils et flics rompus, désabusés, depuis longtemps face à une mission impossible.

 

La lune dans le caniveau


Vice Squad se constitue alors essentiellement autour de trois âmes en peine. Le flic « qui en a vu » incarné mollement par un Gary Swanson mauvais comme un cochon, un terrifiant Wings Hauser, misogyne sadique présenté comme une machine de mort façon Terminator serial killer, et au milieu une prostituée à nouveau interprétée par Season Hubley comme un écho mure à celle qu'elle jouait dans le Hardcore de Paul Schrader. Une bonne façon d'annoncer une échappée impossible, une position terriblement inconfortable malgré une fierté indéboulonnable et son instinct de survie nourri par sa petite fille restée à l'abri des quartiers plus chics. Une victime poursuivie à travers la ville, mais aussi le témoin parfois de scènes plus légères, ou en tout cas moins amères, lorsque l'on découvre les petits tracas de ses collègues ou les fantasmes biens alambiqués de certain clients. Mais Vice Squad n'est pas un film dossier et s'embraye souvent du coté du pur film d'exploitation, du polar burné entre fusillades musclées à la Dirty Harry, érotisme étonnamment peu scabreux et surtout une structure de chasse digne d'un film d'horreur. Voir du slasher lorsque tel un Myers au masque greffé sur la peau (le visage de cette enflure de Ramrod est vraiment particulier) il élimine un à un et sans état d'âme ceux qui se dressent involontairement sur sa route. Sherman n'est pas William Friedkin mais même Ferrara ne fera pas mieux avec le très proche New York, 2 heures du matin, preuve que cette esthétique était en train de muter, la crasse de ce monde là discrètement balayé sous le tapis pour qu'on l'oublie un peu.

Nathanaël Bouton-Drouard




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Image :
Développé en collaboration avec les américains de Shoot Factory, le nouveau scan 4K à la source (mais quelle source ?) de Vice Squad est certainement plus impressionnant que toutes les copies, peu nombreuses, croisées jusque-là. Le film se dote alors de sensations de profondeurs presque inédites et particulièrement appréciables dans les nombreuses scènes de rues, de couleurs intenses et de lumières vives qui viennent souligner le travail photographique de John Alcott. La définition est en général précise et généreuse, les contrastes bien dessinés, ce qui peut gêner ici reste certainement les apparitions restantes de quelques défauts sur la pellicule (petites points blancs, légères griffures...) et surtout un grain fluctuant et parfois envahissant dans les, nombreuses, scènes sombres.

 


Son :
Avec toute la sobriété du mono d'origine le DTS HD Master Audio présenté ici s'efforce efficacement de rendre l'immédiateté du film, sa rugosité et ses atmosphères urbaines. Le rendu est très efficace (surtout en anglais) avec un équilibre notable entre les dialogues, les bruitages et la musique. Clair et sans fioriture.

 


Interactivité :
Si Shout Factory et Studio Canal ont œuvré de concert sur la confection du master, il n'en est rien des nombreux suppléments proposés sur le collector américain. Exit les deux commentaires audios et de la belle poignée d'interviews entre 20 et 60 minutes. Il ne reste finalement que celle du réalisateur Gary Sherman. Un segment qui dépasse tout de même l'heure d'entretien avec une rétrospective complète sur la carrière du bonhomme, de ses études d'art jusqu'au petit coup de pouce de Jonathan Demme avant d'entrer dans le vif du sujet avec des souvenirs très précis de Réincarnations et Descentes aux enfers, et des évocations beaucoup plus rapides de ses réalisations suivantes. L'entretien est complété comme il se doit par la présentation toujours aussi efficace et informative du directeur de collection Jean-Baptiste Thoret.

Liste des bonus : Préface de Jean-Baptiste Thoret (7'), Interview de Gary Sherman (72'), Bande-annonce originale du film.

 
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