JSA – JOINT SECURITY AREA
Gongdong gyeongbi guyeok JSA - Corée du Sud - 2000
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « JSA – Joint Security Area »
Genre : Policier
Réalisateur : Park Chan-wook
Image : 2.35 16/9
Son : Coréen et français DTS HD Master Audio 5.1
Sous-titre : Français
Durée : 110 minutes
Distributeur : The Jokers
Date de sortie : 16 novembre 2022
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « JSA – Joint Security Area »
portoflio
LE PITCH
À la suite d’une fusillade dans la Zone Commune de Sécurité (Joint Security Area) séparant les deux Corée : deux soldats de l’armée nord-coréenne sont retrouvés morts. Cette affaire donne lieu a un incident diplomatique majeur entre les deux pays. Afin que la situation ne dégénère pas, une jeune enquêtrice suisse est chargée de mener les auditions des soldats qui étaient en poste… Elle se rend très vite compte que les divers témoignages rendent l’enquête complètement i...
Partagez sur :
Pile sur la ligne

Si Old Boy a certainement consacré dans le monde la richesse du cinéma de Park Chan-Wook, la première vraie confrontation avec ce dernier fut lors de la sortie internationale de JSA en 2000, faux polar qui a révélé la patte du cinéaste, mais aussi définitivement ouvert la voie à une reconnaissance du cinéma coréen.

C'est à la sortie de deux décennies de dictature, après de première vraie élection démocratique en 1997, que renaît très naturellement le cinéma coréen retrouvant à la fois une inspiration créatrice et une curiosité du public local. Ce dernier ne veut d'ailleurs plus des chroniques sociales et des productions de propagandes qu'on leur a servi pendant des lustres, faisant preuve alors d'un attrait nouveau pour le cinéma de genre et les propositions ouvertement populaires. Le très beau Memento Mori (Kim Tae-Yong et Min Kyu-dong) et le blockbuster Shiri (Kang Je-gyu) ouvrent tous deux une porte en 1999, mais le jeune cinéaste Park Chan-Wook va définitivement l'enfoncer avec JSA. Sorti de deux premières réalisations encore confidentielles (The Moon is.. the Sun's Dream et Saminjo, toujours inédits chez nous), il concrétise avec son troisième long toutes les ambitions de ce nouveau millénaire au Pays du matin calme en posant son objectif à la fameuse frontière entre la Corée du nord et la Corée du sud. Dans l'un des baraquements du nord des coups de feu sont échangés, des cadavres retrouvés et à nouveau le conflit total menace d'éclater entre les deux frères ennemis. Un départ de polar politique, s'emparant d'une actualité toujours brûlante, mais qui sous le regard de l'enquêtrice suisse, le Major Sophie E. Jean (Yeong-ae Lee future madone de Lady Vengeance), va se muer en drame déchirant, sublime histoire d'amitié entre quatre hommes de camps opposés malheureusement rattrapés par les tensions du conflit.

 

de meilleurs lendemains


Construit par à-coups, entre indices découverts et flash-backs traversant les regards, JSA frappe par son refus de prendre partie, par sa neutralité constante, rejetant totalement les codes du film militaire coréen (du nord et du sud d'autrefois). Un point de vue d'autant plus inédit alors que le sujet même, cette fausse paix attendant la plus petite étincelle, était alors relativement tabou dans l'industrie. Si la mise en scène est un peu moins virtuose que sur les films plus récents du metteurs en scène, l'esthétique plus réaliste et directe pour mieux rester en connexion avec les faits, elle est cependant déjà largement au-dessus du lot dans sa manière constante de jouer sur l'absurdité des espaces visibles, ou invisibles, des séparations géographiques et arbitraires. Une belle manière de faire contraster cette froideur idéologique avec la chaleur même de ces jeunes militaires, à la simplicité et la franchise, qui s'illustrent comme une évidence. Déjà, Park Chan-wook manie avec brio les codes du genre pour mieux approcher la candeur poétique de ses personnages, toujours victimes d'un système et de codes sociaux absurdes, révélant au passage les deux grandes stars Byung-hun Lee (A Bittersweet Life, J'ai rencontré le diable) et Kang-ho Song (Memories of Murders, Parasite) désormais visages indissociables de la vivacité du cinéma coréen. Une date certainement et toujours un très beau film.

Nathanaël Bouton-Drouard




Partagez sur :
 

Image :
Après une première sortie en coffret Bluray, la récente copie 4K de JSA se voit désormais transposée des plus naturellement sur support UHD. Une restauration admirable et un nettoyage à la source particulièrement impressionnante qui aboutit à une image extrêmement propre, solidement définie avec des effets de profondeur et des matières clairement invisibles sur le précédent DVD (qui date un peu c'est clair). Les couleurs retrouvent de leur intensité et le grain s'intègre parfaitement dans le tableau, venant appuyer encore plus l'esthétique réaliste du film. Seuls bien entendu les plans comportant des retouches numériques ou optiques (champs enflammés dans la nuit, feu d'artifices, couchés de soleils avec vols d'oiseaux...) souffrent d'une remasterisation numérique plus limitée. Dépassant d'une petite tête le Bluray du même éditeur, le disque UHD creuse encore plus les matières et les environnements, et développe un pannel de couleurs nettement plus riche.

 


Son :
Les deux pistes disponibles, française et coréenne, sont proposées dans des DTS HD Master Audio 5.1 toujours aussi impressionnants, et aujourd'hui plus vifs encore. Si une grande part du métrage s'avère assez calme voir intimiste, la piste originale met un point d'honneur à travailler constamment des atmosphère présentes et naturelles. Les quelques scènes plus « pétaradantes », en particulier l'échange de coups de feu dans la dernière partie, souligne une dynamique musclée, mais toujours fluide et équilibrée.

 


Interactivité :
Avec le superbe coffret proposé il y a deux ans, mais rapidement épuisé, The Jokers frappait un grand coup. Limité à 1500 exemplaire l'objet se présentait dans un boîtier cartonné du meilleur effet contenant un volume reproduisant l'intégralité du story-board du film, ainsi qu'un livret explicatif d'une quarantaine de pages. En sus, ce dernier proposait un DVD de suplément qui compilait tout ceux croisés il y a longtemps sur l'édition de CTV : un excellent et long making of sans une once de langue de bois, une double interview, un reportage un peu plombant à la frontière coréenne et deux commentaires audio bourrés de réflexions artistiques, politiques et d'anecdotes livrées avec décontraction.

Malheureusement ce dernier n'est plus présent ici et seuls restent les bonus disposés sur le Bluray du film. A savoir les deux commentaires audios d'époque (celui de l'équipe du film et celui du réalisateur), et la longue interview exclusive de Park Chan-Wook, 20 ans après.
elle permet à la fois de revenir avec distance sur ce film qui a lancé tant de carrières, son statut actuel dans le cinéma coréen, sa pertinence malheureusement toujours d'actualité, tout en revenant sur quelques souvenirs de production. Passionnant.

Liste des bonus : Commentaire audio du réalisateur, commentaire audio de l'équipe du film, Entretien avec Park Chan-Wook (52'), Bandes-annonces.

 
Crédits & mentions légales - Publicité - Nous contacter
Copyright Regard Critique 2009-2023