LORENZO
Lorenzo’s Oil - Etats-Unis - 1992
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Lorenzo »
Genre : Drame
Réalisateur : George Miller
Musique : Divers
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais et français DTS HD Master Audio 2.0
Sous-titre : Français
Durée : 135 minutes
Distributeur : Elephant Films
Date de sortie : 13 octobre 2020
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Lorenzo »
portoflio
LE PITCH
Frustrés par les réactions du corps médical, les époux Odone investissent tout leur argent, leur force et leurs espoirs dans la création d’un remède qui pourrait sauver la vie de leur jeune fils Lorenzo atteint d’une maladie rare, …
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Entre deux guerres

Souvent oublié lorsque l'on évoque la carrière du papa de Mad Max, Lorenzo est pourtant l'une des pièces maîtresses de l'œuvre de l'australien George Miller. Sa sortie inespérée dans un combo blu-ray/DVD nous donne l'occasion de remettre les pendules à l'heure.

Cinq années séparent Les Sorcières d'Eastwick de Lorenzo. Une longue pause durant laquelle George Miller doute sérieusement de pouvoir remettre le couvert et de réaliser d'autres films. Une crise de foi artistique provoquée par de nombreux coups du sort. Son premier galop d'essai pour Hollywood avec le segment « Nightmare at 20000 feet » de l'anthologie Twilight Zone : The Movie est certes salué par la critique mais l'émotion autour de l'accident mortel intervenu sur le tournage du segment de John Landis détourne totalement l'attention. Puis, c'est un autre accident d'hélicoptère qui le plonge dans le désarroi avec la perte de Byron Kennedy, son ami et producteur, en plein milieu des repérages pour Mad Max : Au-delà du Dôme du Tonnerre. Très affecté, Miller demande l'aide de George Ogilvie pour co-réaliser cette séquelle attendue. Enfin, le tournage des Sorcières d'Eastwick, son premier véritable blockbuster hollywoodien, se transforme en véritable chemin de croix lorsque Miller doit subir les caprices combinés et incessants de la superstar Cher et de son producteur, l'inénarrable Jon Peters (voir, à ce titre l'hilarant An Evening with Kevin Smith, une conférence au cours de laquelle le cinéaste geek se souvient de son expérience sur le Superman mort-né de Tim Burton). Bref, Miller sort totalement lessivé de quatre années de travail lui ayant apporté plus de chagrin, de souffrance et de frustration que de satisfactions. Alors, il produit, se la coule douce et joue les secondes équipes de luxe, notamment sur le Calme blanc de Phillip Noyce. Presque une pré-retraite mais qui prend fin soudainement lorsqu'il tombe sur l'histoire des époux Odone et de leur fils, Lorenzo.

 

Atomes crochus


Le passé de médecin de Miller n'est bien évidemment pas étranger à l'intérêt porté au combat des Odone contre l'adrénoleucodystrophie qui paralyse leur enfant et le trimballe vers une mort aussi certaine que prématurée. Les connaissances du cinéaste lui donnent une certaine légitimité et sa sensibilité et son humanisme l'amènent forcément à compatir au calvaire de cette famille. Pour autant, le film ne se range pas dans un camp ou dans un autre même s'il souligne que le temps des scientifiques, fondé sur la patience et les faits durablement établis, ne peut qu'entrer en collision avec une maladie qui n'offre aucune trêve.
Loin du drame médical attendu et larmoyant et à l'opposé du téléfilm italien Voglia di vivere, basé sur la même histoire, George Miller oriente son long-métrage vers le cinéma de genre et dynamise par l'image un scénario forcément rempli de termes scientifiques complexes et de longues discussions autour d'une table. Comme Sidney Lumet le fit avec ses films de procès, Miller transcende par la seule force de sa mise en scène un récit on ne peut plus terre à terre en une bataille féroce et à la résonnance quasi-mythologique. Pour les scènes où le jeune Lorenzo entre en crise, le réalisateur de Mad Max : Fury Road s'inspire directement de L'Exorciste de William Friedkin pour un résultat viscéral et traumatisant. Une scène de rêve flirte carrément avec l'épouvante gothique et le mysticisme le plus lumineux irrigue tout le film entre une citation d'un chant guerrier swahili en ouverture ou des scènes d'église aux allures de requiem de la Renaissance. Quand bien même Miller est souvent réduit à ses péplums motorisés où l'humanité tente de subsister entre folie endémique et tôles froissées, Lorenzo porte son empreinte de bout en bout et démontre une virtuosité presque instinctive. Comment, en fin de compte, ne pas retrouver un peu de Max Rockatansky et de l'Imperator Furiosa dans le couple interprété avec ferveur par Nick Nolte et Susan Sarandon ? Des pans entiers de Babe 2 (l'autre chef d'œuvre oublié de George Miller) et du diptyque Happy Feet attendent déjà, en germe, dans ce Lorenzo auquel le public n'accorda que très peu d'attention lors de sa sortie, en 1992. Un échec qui contraint George Miller à une nouvelle pause de près de six ans. Aujourd'hui, les studios, le public et la critique déroulent le tapis rouge à cet australien de 75 ans. Il était temps.

Alan Wilson






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Image :
Le master du film passe bien en DVD, semblant très propre et ne dénaturant pas une photo très travaillée et un grain d'époque très appréciable. Mais comme la source n'a pas été restaurée pour son passage en Bluray, en HD le ressenti est bien moins solide. Les points blancs et autres petites écorchures sont toujours aussi présents, avec un grain qui peut se faire neigeux et surtout un nétoyage numérique un peu brut qui n'échappe pas à quelques effets de lissages ou d'applats de matières. Un peu dommage, mais les éditions du film étant extrèmement rares...

 


Son :
Pour permettre l'immersion du spectateur et rendre plus insupportables encore les souffrances du personnage en titre, le film fit l'objet d'un mixage Dolby très pointu et que l'on retrouve ici sans bidouillages supplémentaires. Et pas besoin de caisson de basse ou d'effets multidirectionnels pour suffoquer au moindre râle de Lorenzo. Deux enceintes suffisent amplement à se sentir assiégé et pris au piège.

 


Interactivité :

Fan de la première heure du film de George Miller, Rafik Djoumi revient en long, en large et en travers sur les coulisses de Lorenzo, ses parti pris de mise en scène et sa place dans la filmographie du cinéaste. Un entretien dynamique, enthousiaste et indispensable.

Liste des bonus : Présentation du film par Rafik Djoumi, Bande annonce originale

 
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