JE SUIS UN AVENTURIER
The Far Country - Etats-Unis - 1954
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Je suis un aventurier »
Genre : Western
Réalisateur : Anthony Mann
Musique : Henri Mancini
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais et Français DTS HD Master Audio 2.0 mono
Sous-titre : Français
Durée : 97 minutes
Distributeur : Sidonis
Date de sortie : 12 février 2021
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Je suis un aventurier »
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LE PITCH
1896. Inculpé de meurtre, Jeff Webster quitte Seattle mais en arrivant à Skagway, il est accusé par le juge Gannon d’avoir troublé à l’ordre public en menant ses troupeaux à travers la ville. Ceux-ci ayant été confisqués, Jeff part pour Dawson avec Ronda Castle qui l’a engagé comme chef d’équipe. Il reprend bientôt possession de son troupeau, poursuivi par Gannon…
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Duel au glacier

Paysages arides, soleil accablant, indiens intrépides, le western est balisé d'images d'Epinal avec ses héros chevauchant vers les soleils couchants. Alors lorsque le cow-boy enfile ses mitaines pour affronter le froid canadien, le spectateur sort de sa léthargie afin de savoir comment il va s'en sortir.

Il faut bien avouer que cela fait du bien de sortir des sentiers battus tant certains westerns se suivent et se ressemblent. Je suis un aventurier veut changer la donne. Il n'est certes pas le premier du genre à s'expatrier, Chaplin avait déjà posé ses cameras dans les décors canadiens dès 1925 pour sa Ruée vers l'or, mais le fait est assez rare pour ne pas y être dépaysé. Cet argument n'est pas, fort heureusement ; l'unique attrait de ce film. Loin de là. Entre le réalisateur Anthony Mann et l'acteur James Stewart c'est une histoire qui roule. L'idylle a commencé quelques années plus tôt avec Winchester 73' pour se clôturer en 1955 avec L'Homme de la plaine. Même s'ils n'ont pas œuvré ensemble que pour le Western, c'est dans ce genre que leur collaboration brillera le plus. Leur coopération est synonyme de chemin de traverse. Ici le cow-boy est un solitaire, un vrai. Taciturne et individualiste. Retrouver James Stewart dans ce rôle à contre emploi est un régal pour qui connaît sa carrière. De monsieur loyal et respectueux dont le grand public à l'image, il s'amuse à casser l'icône qu'il est devenu pour montrer sa face un tant soit peu plus sombre. Il faut d'ailleurs reconnaitre que cela ne lui va pas trop mal. Tout en nuances, son jeu faussement antipathique n'est que le résultat à l'écran d'une société dans laquelle l'homme n'a pas toujours sa place.

Question de point de vue


C'est d'ailleurs l'une des grandes interrogations de Mann. Ces personnages semblent tous à la croisée des chemins. Le film est centré autour de la ruée vers l'or du Klondike, synonyme d'espérance et de vie meilleure pour bon nombre d'individus. Beaucoup partiront la tête plein d'espoirs mais peu trouveront le Graal. Les protagonistes du film représentent toutes ces (des)illusions. Les hommes comme les femmes. Ce sont d'ailleurs ces dernières qui sont le plus nuancées. Leur émancipation est l'un des moteurs du film. Deux femmes sont présentes comme deux points de vue de la société. L'une s'est affranchie du pouvoir masculin en dirigeant d'une main ferme son entreprise tandis que la seconde bloquée aux fourneaux rêve de s'émanciper. Au milieu : des hommes qui, poussés par leurs testostérones veulent montrer qui est le vrai shérif en ville. Le scénariste Borden Chase prend visiblement plaisir dans son écriture. Troisième collaboration avec Mann et Stewart, il connaît parfaitement les forces de ses acolytes. Il laisse à son réalisateur le soin de magnifier ses décors et sa réalisation (ombres qui se détachent sur l'horizon, avalanche...) et à son acteur de se réapproprier son personnage en le rendant plus sympathique que prévu. Autre collaboration d'importance est celle de Stewart et de son cheval. Car si l'anecdote a l'air surfaite, l'acteur refusait de jouer sans son acolyte à quatre pattes qu'il a monté dans pas moins de 17 films !  - son portrait prônait même au dessus de la cheminée des Stewart - . Un pur cow-boy. Il s'élèvera d'ailleurs contre les injustices mises en place réglant ses comptes personnels tout en faisant déguerpir le système établi.

Le film va bien plus loin que nombre de ses homologues. Souvent dans les oppositions, les lignes de l'individualisme finissant tant bien que mal a converger vers celles de l'émancipation, il nous montre que l'homme a beau avoir de grands espaces, sa conception et ses idées reçues resteront toujours à l'étroit dans sa caboche bien trop petite.

Cedric Lemaire




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Image :
Le technicolor retrouve ici toute sa splendeur. Les couleurs froides des imposants décors canadiens trouvent leur place privilégiée dans le film. Malheureusement, le piqué n'est pas toujours tenu et certains plans de transition virent régulièrement au flou.

 


Son :
L'éditeur a exhumé la version française mono d'époque. Comme souvent sur les westerns de cette période, la version originale est cependant à privilégier car elle propose une piste bien plus ample et nette.

 


Interactivité :
Quand l'éditeur Sidonis réédite un de leurs classiques, ils ne font pas les choses à moitié. Limité à 2.500 exemplaires, Je suis un aventurier est accompagné d'un livre de 144 pages du prolifique Marc Toullec, revenant abondamment sur la carrière du film et plus particulièrement sur celle de James Stewart. Les bonus du Bluray ne sont pas en reste car si l'on est habitué des présentations de Bertrand Tavernier et de Patrick Brion, deux documentaires sont consacrés au réalisateur Anthony Mann. L'un sur sa carrière au sein des studios Universal et un autre sur ces westerns où sa relation avec l'acteur James Stewart est largement mis en avant. Complet pour le moins.

Liste des bonus : Livre de 144 pages, Présentation de Bertrand Tavernier (29'), Présentation de Patrick Brion (12'), Frontières américaines : Anthony Mann chez Universal (33'), L'Ouest de Mann (24'), Bande-annonce 2'.

 
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