HALLOWEEN II (2009)
H2 - Etats-Unis - 2009
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Halloween II (2009) »
Genre : Horreur
Réalisateur : Rob Zombie
Musique : Tyler Bates
Image : 1.85 16/9
Son : DTS-HD Master Audio et Dolby Surround 3D anglais et français
Sous-titre : Français
Durée : 100 minutes
Distributeur : Wild Side Vidéo
Date de sortie : 30 mars 2010
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Laissé pour mort, Michael Myers s'échappe de l'ambulance qui le mène à la morgue de Haddonfield. Un an plus tard, la nuit d'Halloween, il va de nouveau s'en prendre à sa petite soeur et son entourage...
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Behind the shape

Le réalisateur de La Maison des 1000 morts et The Devil's Reject s'était quelque peu fourvoyé avec la commande Halloween, remake indigne de son talent. Revenu sur la franchise après un festival de chaises musicales (on se souvient du passage en coulisses de nos Julien Maury et Alexandre Bustillo nationaux), Zombie tente de relever la barre avec H2, et d'apposer définitivement sa marque au mythe de Michael Myers.

 

Outre le fait de signer une antithèse thématique absolue du chef-d'oeuvre de Carpenter, en donnant un visage, des motivations et une psychologie à une représentation jusqu'ici abstraite du Mal (le remplacement du gringalet Nick Castle par le titan Tyler Mane constribuant à redéfinir l'essence même de « The Shape »), le premier Halloween de Rob Zombie faisait néanmoins office, durant ses deux premiers actes, d'étude passionnante d'un cas e Psycho Killer. Se débarrassant dès ses vingt minutes d'ouverture de la chaîne qui le relie au Halloween 2 réalisé en 1981 par Rick Rosenthal (et officieusement John Carpenter), via un massacre onirique dans un hôpital jouant brillamment la carte du slasher sanglant, Zombie aura décidé, pour cette inévitable séquelle, de développer ses intentions originelles. Son H2 se divise ainsi à quasi-égalité entre le quotidien post-traumatique d'une Laurie Strode remontée contre la société (elle écoute même du hard rock, c'est dire !), contrainte de suivre des séances de psy auprès de Lois Lane (Margot Kidder dans un caméo pour le moins inattendu), et les errances d'un Michael Myers clochardisé, dont les visions de plus en plus barrées ont même ressuscité sa défunte maman. Sheri Moon Zombie, rapatriée pour l'occasion, accompagne chacun de ses faits et geste, entourée du fantôme de Michael enfant et d'une licorne tout droit sortie du Legend de Ridley Scott.

 

Du slasher au drame

 

Plongeant le long-métrage dans une ambiance étrange, vaporeuse, très proche dans ses délires du dernier acte de La Maison des 1000 morts (ce qui est en soi une bonne nouvelle), Zombie parvient à conférer à H2 une certaine originalité, une personnalité qui manquent à la quasi-totalité des slashers récents. Si quelques meurtres dépendent essentiellement d'un cahier des charges bien calibré (le massacre barbare du Night-Club, le meurtre d'une camarade de Laurie Strode fan de The Rocky Horror Picture Show), certaines exécutions visent le malaise émotionnel, brouillant la jubilation propre au genre au profit de véritables enjeux dramatiques. Dommage, vu les ambitions affichées, que Zombie se perde souvent dans une imagerie et une narration un peu caricaturales, sans oublier une héroïne toujours aussi à côté de la plaque, campée sans grande conviction par la fadasse Scout Taylor-Compton. Une conviction qu'on peine également à retrouver dans la mise en scène de Zombie, souvent fonctionnelle tout au plus, ni dans l'interprétation de Malcolm McDowell, qui en fait des caisses dans un rôle semblant greffé à l'intrigue en dernière minute. Sans ses tares, et avec une production un peu plus encadrée(l'écriture, le tournage et la post-prod furent précipités pour des raisons obscures), H2 aurait sans le moindre doute pu rivaliser avec les superbes deux premiers essais filmiques du réalisateur.

Alexandre Poncet

 

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Image :

Granuleuse à souhait et à cheval entre les esthétiques Seventies (toutes les scènes en extérieur ou presque, le massacre de la boîte de nuit) et Eighties (certains intérieurs ou les fantasmes bric-à-brac de Michael Myers), l'image d'H2 est formidablement restituée en Blu-ray. Les couleurs sont plutôt froides, comme voulu par le réalisateur, mais ne souffrent d'aucune bavure, et les contrastes sont puissants, notamment lors des scènes de poursuite en forêt. De la belle ouvrage pour un film qui n'a jamais essayé d'être joli à voir.

 

Son :

En plus des excellents mixages DTS-HD Master Audio anglais et français, qui restituent toute la brutalité des scènes de meurtre et l'agressivité du score de Tyler Bates (qui ne reprend le thème de Carpenter que lors du générique de fin, on le rappelle), Wild Side a inclus des versions Dolby Surround spatialisées pour une écoute optimale au casque. Le résultat est très étonnant, permettant de simuler un 5.1 avec beaucoup de justesse.

 

Interactivité :

La vraie déception du disque concerne l'absence d'un véritable making of, ou même d'une featurette rétrospective. En l'absence d'interviews filmées, Wild Side a tout de même rappatrié tous les bonus de l'édition américaine, à commencer par un excellent commentaire audio où Rob Zombie revient sur l'écriture, les conditions de tournage, les contraintes budgétaires ou encore cette tendance très personnelle à faire exactement le contraire de ce que lui demandaient ses producteurs ("surtout, que cette actrice ne soit pas complètement nue..." Tu parles !). Suivent 25 minutes de scènes coupées, dont la plupart développaient le ton "rock'n roll" du film (nombreuses digressions dialoguées à propos du vynile et des MP3, débats sur certains chanteurs, scènes de famille un brin trashouilles, vomissements post-beuverie, etc.). On a également droit ici à quelques scènes alternatives, dont un massacre du night club un peu moins cruel, toutefois précédé d'une scène érotique pour le moins hilarante. Un bêtisier complète l'ensemble avec quelque gaffes pour une fois assez amusantes, et des concours de rictus entre Rob Zombie et ses acteurs.

 

Liste des bonus : Version Director's Cut, Commentaire audio de Rob Zombie, Scènes coupées (25'), Bêtisier, Concert (10'), Bandes-Annonces.

 
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