CURE
キュア - Japon - 1997
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Image de « Cure »
Réalisateur : Kiyoshi Kurosawa
Musique : Gary Ashiya
Image : 1.85 16/9
Son : Japonais DTS HD Master Audio 2.0 et 5.1
Sous-titre : Français
Durée : 111 minutes
Distributeur : Carlotta
Date de sortie : 27 juillet 2021
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Cure »
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LE PITCH
Un officier de police, Takabe, enquête sur une série de meurtres dont les victimes sont retrouvées avec une croix gravée dans le cou. Un jour, un jeune vagabond est arrêté près de l’endroit où a été retrouvé le dernier corps. Il est vite identifié comme un ancien étudiant en psychologie, devenu fou et ayant d’inquiétants pouvoirs hypnotiques, lui permettant de pousser des gens à commettre des actes criminels…
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Infectieuse

Pour tous, Cure raisonne comme la première découverte du cinéma de Kiyoshi Kurosawa, aujourd'hui largement inscrit parmi les cinéastes les plus respectés d'Asie. Pas un premier film, mais l'éclosion d'une vision cauchemardesque d'un monde en plein délitement, entre thriller et film d'horreur.

Si la carrière de réalisateur de Kiyoshi Kurosawa a débuté, difficilement, dès 1983 du coté du Pinku Eiga et avait déjà été marquée par quelques thrillers fantastiques comme Sweet Home et Le Gardien de l'enfer (inédits chez nous), elle a véritablement explosée en s'inscrivant directement dans la fameuse vague J-Horror qui frappa le Japon à la fin des années 90. A l'instar des célèbres Ring d'Hideo Nakata ou Ju-Hon The Grudge de Takashi Shimizu, Cure se confronte à une vision des plus contemporaines des anciennes émanations de l'au-delà, et l'inscrit directement dans un décor urbain aux contours sociaux marqués. Une photographie réaliste, froide, granuleuse mais aussi souvent opaque, qui souligne une réalité grise et étrangement vide, désertée. Une forme de silence, sonore et visuel, qui impose une atmosphère inquiétante, d'autant plus sourde qu'elle est régulièrement martelée par des sonorités industrielles, des frappes d'infra-basses, qui résonnent comme celles des premières œuvres de David Lynch.

 

Foule sentimentale


Une crudité de l'image, un retrait de la caméra qui pratique finement les plans long et les plans séquences, dont le résultat n'a jamais rien de confortable, surtout lorsqu'elle fait échos à la passivité de Mamiya, assassin hypnotiseur et amnésique, tueur miroir ne renvoyant à ses victimes, transformés ensuite eux-mêmes en tueurs aveugles, leurs propres questionnements sur l'identité, le bien être, la raison de vivre, l'injustice du monde et la violence larvée. A la manière du tueur de Seven de David Fincher, celui de Cure, lui même variation nippone des psycho thriller américain des 90's, révèle aux yeux du monde la vacuité de l'existence moderne, en particulier dans un Japon connu pour sa politesse de façade, où chacun ne doit jamais faire de vague. Avec un calme olympien, mais une cruauté terrible, Cure fait rejaillir le mal être collectif, la brutalité de l'être civilisé, ébranlant jusqu'à l'équilibre même de sa structure. Sur fond d'organisation secrète, d'expériences mystérieuses, de théories fumeuses du mesmérisme, l'enquête se fragmente, se déconstruit inlassablement rendant la résolution impossible à atteindre pour le spectateur et le détective Takabe (impeccable Kôji Yakusho) symbole d'une machine institutionnelle déréglée, qui va être inéluctablement contaminé par le mal, voir en devenir un nouveau vecteur.

Un film magnétique, maîtrisé de bout en bout, dont la puissance anxiogène, tortueuse, à tendance à hanter le spectateur longtemps après le dernier plan.

Nathanaël Bouton-Drouard







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Image :
Nouveau Master HD déjà croisé du coté de Eureka en Angleterre, celui présent sur le disque Carlotta impose évidement une nette amélioration par rapport au vieux DVD MK2. Un transfert assez net, débarrassé de toutes scories de pellicule, mais qui s'efforce constamment d'en respecter la nature (grains, argentique...) mais aussi la photographie volontairement terne, tout juste rehaussée de petite touches de couleurs. Un rendu organique, mais qui montre systématiquement ses limites lorsque la lumière s'estompe, se perdant dans des ombres neigeuses, épaisses. En demi-teinte.

 


Son :
Si la version DTS HD Master Audio 2.0 restant très proche du mix initial est bien présent, on privilégiera pour une fois la modernisation plus dynamique du DTS HD Master Audio 5.1. Une dynamique qui ne semble jamais non naturelle et forcée, et qui surtout accompagne plus généreusement les atmosphères sonores inquiétantes et enveloppantes du film. Une piste claire, maîtrisée et équilibrée.

 


Interactivité :
Pour cette première sortie HD du film en France, Carlotta reprend l'interview du réalisateur enregistrée pour le DVD collector de 2005. Une rencontre qui tente alors surtout d'offrir une présentation de ce dernier, ces thèmes privilégiés, ses figures, sa vision du monde et de l'avenir, mais avec des questions malheureusement pas toujours des plus lumineuses. On a aussi un peu de réserve sur l'analyse pas toujours pertinente du film par le journaliste Stéphane du Mesnildot (Les Cahiers du cinéma) qui dans "Le Jouet du démon" tente de décrypter les influences de Kurosawa et la place du film au milieu du reste de la J-Horreur et des psycho-thrillers de l'époque.

Liste des bonus : Le Jouet du démon (22'), Entretien avec Kiyoshi Kurosawa (15'), Bande annonce.

 
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