MONTAGNE ROUGE
Red Mountain - Etats-Unis - 1951
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Genre : Western
Musique : Franz Waxman
Image : 1.33 4/3
Son : Anglais et français DTS-HD Master Audio 2.0
Sous-titre : Français
Durée : 84 minutes
Distributeur : Sidonis Calysta
Date de sortie : 3 juin 2021
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Montagne rouge »
portoflio
LE PITCH
1865, la Guerre de Sécession touche à sa fin. Lane Waldron, prospecteur d’or et ancien soldat sudiste, est accusé du meurtre d’un négociant en or. Alors qu’il est sur le point d’être pendu, il est sauvé par Brett Sherwood, ancien militaire sudiste lui aussi, qui pourrait bien être le véritable assassin. Ce dernier garde prisonnier Lane et sa femme en attendant l’arrivée du Général Quantrill, prêt à lancer une nouvelle offensive…
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L'ombre de la guerre civile

Sidonis Calysta nous a concocté une bien jolie édition Blu-Ray d'un western souvent oublié, Montagne rouge de William Dieterle. Porté par l'une des grandes stars d'alors, Alan Ladd, le film revient sur une période douloureuse de l'Histoire américaine : la fin de la guerre de Sécession marquée par le jusqu'au-boutisme du hors-la-loi William Quantrill, autoproclamé général sudiste...

Les sources variant, difficile de savoir qui a commencé ou terminé ce film entre John Farrow, le père de Mia et Tilsa, et William Dieterle... Toutefois, de par son caractère politique et historique, on aurait tendance à attribuer Montagne rouge au second nommé, allemand de naissance ayant fui son pays dans les années 1930, qui durant sa carrière n'aura eu cesse de s'attaquer à l'injustice et aux forces du mal... En témoignent ses réalisations comme La Vie de Louis Pasteur, La Vie d'Emile Zola (pour lequel il reçut l'Oscar du meilleur réalisateur) ou encore Juarez.
C'est à la Guerre de Sécession qu'est dédié ce film et plus particulièrement au personnage de William Quantrill, personnage légendaire qui après avoir été capitaine parmi les confédérés devint un hors-la-loi perpétrant des massacres de civils, comme à Lawrence en 1863. De nombreux westerns évoquent ce personnage clivant, idéalisé par ses actes de guérilla mais décrié pour ses crimes sur les civils, comme L'Escadron noir de Raoul Walsh ou encore Kansas en feu. Ici, c'est John Ireland qui joue avec brio ce personnage pensant plus à son intérêt personnel qu'à celui de son Etat.

 

Alan Ladd, le cavalier solitaire


Dans la pure tradition moraliste du western américain, Quantrill sera tué par le héros du film interprété par Alan Ladd, ce qui est historiquement faux... Ce même héros, d'abord acquis à la cause sudiste, finira par rejoindre le camp de la paix, avec un drapeau américain en premier plan lors du final, sans oublier toutefois de rappeler qu'« une maison divisée en deux ne peut tenir debout ». Des divisions toujours sensibles aujourd'hui après l'intermède Trump, et également à l'époque de la sortie du film puisqu'on était en pleine chasse aux communistes sous l'impulsion du sénateur McCarthy. D'ailleurs, l'un des acteurs du film, Jeff Corey, subira un de ces fameux procès et restera longtemps loin des studios de cinéma...
Pour revenir à Alan Ladd, qui porte le film par son charisme, rappelons qu'il fut l'une des grandes stars d'alors jouant notamment Shane dans L'Homme des vallées perdues, ou encore dans des films noirs demeurés mythiques comme La Clé de verre ou Le Dahlia bleu. Il collaborera ainsi avec les plus grandes maisons de production d'alors comme Universal, Columbia, Paramount et ici pour la Warner Bros. Un contrat qui lui rapportait alors 150 00 dollars par film plus 10% des recettes. Une somme énorme pour l'époque !

Signalons également les belles interprétations de Lizabeth Scott, dont le rapport ambigu avec Ladd demeure l'un des points forts du film, et de Arthur Kennedy, qui à l'instar de John Ireland jouera également au cowboy en Italie durant les années 1960-70...

Samuel Bouvet




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Image :
Un régal pour les amoureux du Technicolor avec des couleurs flamboyantes. Notons la belle utilisation des splendides décors naturels du Nouveau-Mexique sublimés par la photo de Charles Lang. Époque oblige, on rigolera toutefois de certains passages tournés en studio...

 


Son :
Une piste son de qualité, notamment pour savourer la composition de Franz Waxman et les voix originales, la VF étant assez faible à notre goût...

 


Interactivité :

Les bonus proposés ici font de cette édition un immanquable pour les inconditionnels du genre ! Les présentations, toujours intéressantes, de deux grands spécialistes du western, Patrick Brion et Jean-François Giré, nous en apprendront plus sur ce fameux Quantrill et les approximations historiques du film : il meurt par arme à feu dans le désert dans le film (alors qu'il est décédé à l'hôpital suite à une blessure par balles) et est accompagné d'indiens (ce qui semble très improbable aussi).
Les deux documentaires consacrés à Alan Ladd s'avèrent passionnants, revenant sur quasi toute sa filmographie, et sont bourrés d'anecdotes et d'interviews de réalisateurs comme Edward Dmytryk ou d'acteurs comme Liz Scott, Mona Freeman, Peter Hansen...

Liste des bonus : « Présentation par Patrick Brion » (13'), « Présentation par Jean-François Giré » (15'), « Un cavalier vers l'Ouest, par Jean-Claude Missiaen » (18'), « Alan Ladd, un homme tranquille » (56')

 
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