L'ANTRE DE LA FOLIE
In The Mouth of Madness - Etats-Unis - 1994
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Genre : Horreur
Réalisateur : John Carpenter
Image : 2.35 16/9
Son : Français, Anglais en Dolby Digital 5.1
Sous-titre : Français
Durée : 95 minutes
Distributeur : Metropolitan
Date de sortie : 9 janvier 2007
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « L'Antre de la folie »
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LE PITCH
Engagé pour retrouver la trace d’un romancier d’horreur au succès plus que considérable, John Trent va découvrir l’existence d’une ville se révélant être l’exacte réplique de celles décrites dans ses livres…
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S'il ne devait en rester qu'un

Disponible depuis six ans en import et annoncé depuis tout ce temps par Metropolitan, l'un des métrages les plus aboutis de John Carpenter (Halloween, New York 1997) peut enfin être mis à une place d'honneur dans notre DVDthèque. Un film d'horreur unique et indispensable !

Dès ses débuts, la carrière de John Carpenter aura été en dents de scie. Utilisant le système hollywoodien pour obtenir des budget plus conséquents sans toutefois jamais trahir son propre cinéma, le metteur en scène de films aussi cultes que The Thing a toujours gardé cette image de franc tireur. Lorsque arrive sur son bureau, au milieu des années 1990, l'étonnant scénario de Michael De Luca (dont la seule prouesse alors avait été d'anéantir la licence des Freddy avec le 6ème chapitre), Carpenter est une nouvelle fois délaissé par les studios. Suite à un affrontement direct avec la Warner et l'acteur Chevy Chase sur le tournage des Aventures d'un homme invisible et l'échec flagrant du pilote de ce qui aurait dû devenir la série Body Bags (en collaboration avec Tobe Hooper, Wes Craven, Sam Raimi, etc.), l'auteur n'est plus vraiment sollicité par les producteurs. Certains auraient jeté l'éponge, lui y puise justement la force de se lancer dans un projet aussi détonnant que L'Antre de la folie, film d'horreur quasi-définitif (est-il possible de faire mieux ?) doublé d'une expérience percutante sur la force de création et la fragilité de la réalité.

do you read sutter kane ? 


Car bien évidemment, In The Mouth of Madness (titre original) est loin d'être un film d'horreur comme les autres. Usant de tous les artifices d'un genre qu'il connaît par cœur (ombres se déplaçant au premier plan, effets de montages équivoques) et reprenant sous forme d'hommage le bestiaire et les obsessions du romancier HP Lovecraft (L'affaire Charles Dexter Ward, Dagon), Carpenter livre certes un métrage efficace, rivalisant de tension et d'images cauchemardesque, mais repousse avant tout son sujet dans ses derniers retranchement. Dissertant dans une premier partie sur la possibilité d'une transformation du réel par la puissance évocatrice du romancier Sutter Kane (brillant clin d'œil à Stephen King et Clive Barker), le film, habité par la performance inoubliable de Sam Neil (acteur trop souvent sous-exploité), se met progressivement à se questionner lui-même. Le personnage cartésien de John Trent, au-delà de sa fonction purement narrative de héros peinant à croire au surnaturel, va, à l'image de Snake Plissken dans Los Angeles 2013, prendre conscience au final qu'il fait lui-même partie d'une fiction non pas dirigée par un romancier schizophrène mais bien par une force supérieure, habile et machiavélique : le réalisateur. Par ce retournement final inédit et d'une ambition démesurée (combien se seraient vautrés dans les effets de style lourdingues et l'intellectualisme pompeux), L'Antre de la folie fait de nous, spectateurs, des parties intégrantes du métrage et explose par-là même toutes les frontière du médium. Réussissant à faire avancer plus que jamais le cinéma de genre (ne rigolez pas, Wes Craven ne s'en est toujours pas remis) tout en livrant un spectacle réjouissant, entre comédie et horreur graphique inventive, le 16ème film de John Carpenter s'installe confortablement parmi les grands classique du Septième Art. Un OFNI totalement maîtrisé, dont la richesse survit immanquablement aux multiples visionnages. Mais attention, ce film pourrait rendre fou les spectateurs pas suffisamment préparés à ce qui les attend...

Nathanaël Bouton-Drouard






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Image :
Plus besoin de fantasmer comme des bêtes sur le zone 1 de New Line qui en définitive n'avait pas grand-chose de collector, et dont la copie se retrouve mise au rebus grâce à cette édition francophone. Le master est désormais parfaitement propre et respire une nouvelle jeunesse même si l'on peut regretter une colorimétrie un brintrop sombre (certains détails sont à peine visibles) et un petit manque de piqué. Reste que le film n'a jamais été aussi beau.  

 


Son :
Le « gonflage » d'une piste Dolby Surround en 5.1 n'est pas toujours chose aisée, pour preuves ces mixages Dolby Digital Français et Anglais (à peu de choses près identiques) sur lesquels a été fourni un effort considérable. Le film y gagne évidement en volume grâce à un gros travail sur la restitution des étranges ambiances sonores et l'apparition de grondements de basses à faire froid dans le dos, mais y perd parfois en reléguant les dialogues trop en arrières plans.

 


Interactivité :
Alors que la quasi-intégralité des longs métrages de John Carpenter existait depuis un petit moment en zone 2 (excepté son premier essai, Dark Star, et quelques téléfilms), l'absence de L'Antre de la folie ne s'en faisait que plus béante. L'attente n'aura fait qu'accroître notre exigence et s'il est évident que l'éditeur a fait de véritables efforts pour fournir des documents intéressants, les fans resteront quoi qu'il arrive sur leur faim une fois l'objet entre leurs mains. L'interview du maître est à ce titre éloquent, celui-ci revenant sur son envie d'adapter une œuvre de H.P. Lovecraft et nous abandonnant subitement après à peine 7 minutes entrecoupées d'extraits. C'est court. On se consolera avec l'interview passionnée de Greg Nicotero (KNB) qui livrait à l'époque l'un de ses plus gros travaux dans le monde des effets spéciaux, ou avec les délires métaphysiques de la trop rare Julie Carmen. Reste bienentendu le plat de résistance : le commentaire audio. Un exercice auquel est désormais rompu le réalisateur où il nous a habitués à de longs entretiens passionnants avec son ami Kurt Russell. Ici bien entendu, pas de Kurt Russell (eh oui que voulez-vous) mais le directeur de la photographie Gary Kibbe. Ceux qui ont l'habitude d'écouter les pistes analogues du maître ne seront pas étonnés d'apprendre que très vite le monsieur se décharge sur son collaborateur en lui posant de nombreuses questions sur son métier et ses choix quant à l'aspect visuel du métrage. On aurait certes aimé entendre le réalisateur sur SES propres décisions et la thématique intarissable du film, mais il n'en reste pas moins que ces 90 minutes se révèlent particulièrement éclairantes sur le métier de directeur de la photographie. Atypique, mais enrichissant.

Liste des bonus : Commentaire audio de John Carpenter et Gary Kibbe, Entretien avec John Carpenter, Entretien avec Greg Nicotero, Entretien avec Julie Carmen, Bandes-annonces 

 

 
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