ONODA : 10.000 NUITS DANS LA JUNGLE
France, Japon, Allemagne, Belgique, Italie, Cambodge - 2021
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Genre : Drame, Guerre
Réalisateur : Arthur Harari
Musique : Divers
Image : 1.85 16/9
Son : Japonais et français DTS HD Master Audio 5.1
Sous-titre : Français
Durée : 167 minutes
Distributeur : Le Pacte
Date de sortie : 15 décembre 2021
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Fin 1944. Le Japon est en train de perdre la guerre. Sur ordre du mystérieux Major Taniguchi, le jeune Hiroo Onoda est envoyé sur une île des Philippines juste avant le débarquement américain. La poignée de soldats qu’il entraîne dans la jungle découvre bientôt la doctrine inconnue qui va les lier à cet homme : la Guerre Secrète. Pour l’Empire, la guerre est sur le point de finir. Pour Onoda, elle s’achèvera 10 000 nuits plus tard.
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Seul contre tous

Parfois, le cinéma dépasse allègrement la fiction, ça arrive. Coincée dans les livres d'histoires consacrés à la Seconde Guerre Mondiale comme une anecdote entre le débarquement et la chute du troisième Reich ; le récit de ce soldat japonais refusant de croire à la reddition de son pays est enfin porté à l'écran par... un réalisateur français.

Hiro Onoda. Pas sûr que ce nom parle à beaucoup de personnes. Pourtant il fût le plus célèbre des "stragglers" (soldats japonais restants) en poste sur l'île de Lubang dans les Philippines. Il refusa de croire à la fin de la guerre et à la capitulation de son pays en 1945. Pensant à une manipulation de l'Occident, il continue sa guerre avec trois autres soldats allant jusqu'à tuer des philippins, habitants de l'île avant qu'il ne soit retrouvé et que son supérieur de l'époque vienne officiellement lui ordonner de déposer les armes... 29 ans plus tard. Presque aussi incroyable que son histoire, il aura fallu un cinéaste français, en quête d'un sujet d'aventure pour son prochain film, pour donner vie à cette histoire sur grand écran. Forcément, trouver des financements français pour un film en langue japonaise n'est pas chose aisée. Pour cela, la production devra solliciter des fonds en Belgique, Allemagne, Italie et Japon pour mener à bien ce projet. Les pays qui formaient naguère la triple entente, collaborent à présent pour le bien du septième art. Joli.

 

une vie gâché


10.000 nuits dans la jungle, c'est quand même long. Résumer 29 ans de vie en moins de trois heures est un pari qu'Arthur Harari remporte haut la main. Entre flash-backs et ellipses, il arrive à rendre fluide un récit basé sur trois décennies. Onoda, son personnage central, n'est jamais jugé, au contraire, le spectateur en éprouve de l'empathie. Entre son endoctrinement de jeune soldat et sa fidélité aux autorités, on le suit dans cette guerre aussi physique que psychologique. Pas facile de trouver le bon équilibre. Le réalisateur de Diamant noir, s'appuie sur des acteurs impeccables de sobriété et de retenue. On les suit sur deux grandes étapes de leur parcours. Leur arrivée sur l'île et leurs dernières années d'ignorance. Pour l'honneur de la patrie, ces soldats abrutis par des années de propagande refusent d'abdiquer pensant à une ruse de l'ennemi. Ce drame d'une vie ne prendra fin qu'avec l'apparition de leur capitaine, figure paternaliste confirmant l'armistice. Cette situation nous pousse au raisonnement. Engoncé dans nos zones de confort où nos réalités semblent acquises, les remises en question comme celle de ces personnages peuvent nous interroger. Nos vérités et convictions si elles ne sont pas partagées sont t'elles forcément les bonnes ? Harari, sur le sujet, là aussi reste soft. Jamais larmoyant, il expose tout simplement les faits, à grands renforts de profondeur de champ, ses rapports à la nature renforcent les (des)illusions de ses interprètes autant qu'elles les éloignent du monde dit civilisé. Malick n'est pas loin. On ne peut que comprendre le destin et les intentions d'Onoda, ému par la privation de sa liberté, de ses espérances, de sa vie. A 52 ans, il pouvait enfin commencer à vivre. Il le fera en élevant du bétail au Brésil.

En toute simplicité, Arthur Harari n'a pas besoin de forcer l'émotion pour embarquer le spectateur. L'histoire se suffit à elle-même. Onoda nous interroge, jusqu'où notre aveuglement peut-il nous éloigner de la réalité ? Chacun est libre d'y réfléchir. C'est aussi ça la magie du cinéma.

Cédric Lemaire








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Image :
Filmée en numérique, la photo s'efforce de donner une texture argentique au film. Les éclairages des décors naturels s'offrent le luxe d'être aussi lumineux que pointus dans les séquences plus obscures. Même effort sur la colorimétrie. Se passant essentiellement en forêt, l'image se concentre sur un réalisme bien loin des mondes sucrés et illusoires des productions à la Livre de la Jungle.

 


Son :
Excellente dynamique dans les ambiances, la jungle, les cours d'eau, les échanges de tirs rendent l'expérience immersive à souhait. Celle-ci est bien plus probante sur la version japonaise où les intonations des acteurs sont naturellement plus réalistes.

 


Interactivité :
On peut dire que l'édition est chargée à bloc. Loin des propos faciles tenus dans les éditions des blockbusters où la promo est de mise, Le Pacte rend justice à ce film. La parole est laissée à de nombreux intervenants. Entre une conversation avec les comédiens et les modules consacrés à la photo, au scénario et à la composition de la musique, les propos tenus sont une mine sur la fabrication du film. L'édition s'agrémente également des premiers (pas si) courts métrages d'Arthur Harari que l'on vous conseille de regarder après le film pour ne pas vous décourager tant l'évolution du cinéaste s'est améliorée entre ceux-ci et Onoda...

Liste des bonus : Galerie de projets d'affiches (1'), Bande-annonce (2'), Retour sur la création de Onoda : l'image, le scénario, la musique (93'), Conversation avec les comédiens (33'), Courts métrages de Arthur Harari : « La Main sur la gueule » (2007-53'), « Peine perdue » (2013-39')

 
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