SHINING SEX
aka La Fille au sexe brûlant - Italie, France, Belgique, Suisse - 1976
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Shining Sex »
Réalisateur : Jess Franco
Musique : Daniel White
Image : 2.35 16/9
Son : Français PCM 2.0
Sous-titre : Aucun
Durée : 105 minutes
Distributeur : Artus Films
Date de sortie : 1 février 2022
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Shining Sex »
portoflio
LE PITCH
Après son numéro, la jeune et jolie strip-teaseuse Cynthia est invitée à finir la soirée par un couple libertin. La femme, Alpha, profite de l’ivresse de Cynthia pour lui enduire le sexe d’une substance brillante. À partir de ce moment, cette dernière est littéralement contrôlée par Alpha, qui lui ordonne d’exécuter ses moindres désirs.
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Tout Lina

Qui aime le cinéma étrange et bisseux de Jess Franco connaît forcément Lina Romay et ce sous toutes les coutures. Une grande histoire d'amour à la vie et à l'écran dont la rencontre s'est faite durant le tournage de Shining Sex, délire SF, très érotique et très euh... Jess Franco.

Réfugié depuis quelques temps déjà chez Eurociné, Jess Franco n'a pas eu de mal à se plier aux restrictions budgétaires et aux tournages express de la célèbre firme familiale. Ainsi Shining Sex fut tourné dans la foulée, voir en parallèle, d'un Midnight Party à l'équipe et aux décors presque identiques, et partage même plus ou moins son pitch initial. Celui d'une strip-teaseuse des plus volages qui pensant passer une soirée joyeusement délurée mais qui se fait kidnapper par des gangster dans l'un, et par des êtres venus d'une autre dimension dans l'autre. Plus exotique donc, Shining Sex imagine comment Alpha et Andros (Prenez la force du fruit ! ) transforme, grâce à une étrange crème brillante, une demoiselle plutôt joviale en prédatrice mutique usant de son sexe comme d'une arme tueuse. Érotique soit, mais où l'étreinte est toujours synonyme de domination, d'aliénation et de mort, le film retrouve les élans SM et sadien du réalisateur, mais annonce aussi sans le vouloir la fin de l'ère du sexe libre et l'apparition du SIDA. On n'est cependant ici assez loin du Rage de David Cronenberg, Franco préférant cultiver son habituel rythme lancinant, pour ne pas dire flottant et languissant, s'efforçant de transformer les décors futuristo-kitchs et touristiques de La grande Motte en théâtre contemplatif entièrement dévoué à la gloire de sa nouvelle égérie Lina Romay.

 

lesbos vampire from space


Déjà passée devant la caméra, et dans le plus simple appareil, de Franco pour Plaisir à trois, Célestine bonne à tout faire ou Les Gloutonnes, elle était alors encore en couple avec Raymond Hardy (autre habitué de la bande) avec lequel elle se livre ici d'ailleurs à une relation non simulée souvent coupée à l'export. Pourtant il semblerait que le rapprochement avec le réalisateur ait bien eu lieu, et la mise en scène de ce dernier ne cesse de témoigner d'une fascination totale pour le corps de la dame. Rarement vêtue, constamment explorée par une caméra caressante, Lina est exposée comme rarement dans un film. Les gros plans et zooms incessants sur son sexe rasé, recouvert de paillettes (pour figurer le fameux produit mortel), culminent même dans une séquence hallucinée où le Dr Seward (joué par... Jess franco) entre en communion avec la dite Cynthia, les deux semblant partager un orgasme mental alors que l'objectif multiplie les va et vient des plus suggestifs. On aurait presque l'impression de gêner... Beaucoup de passion, mais pas aussi présent à l'écran qu'on l'aurait voulu, Shining Sex, malgré ses bizarreries, reste trop sages sur ses ingrédients fantastiques, se perd comme souvent dans quelques balades improvisées, un jeu peu convaincant et de longes plages de silences amorphes. Les défauts récurrents des petits Jess Franco, mais qui pourtant réunis donnent aussi naissance à la plus jolie scène du film : une longue suite de caresses saphiques uniquement accompagnées d'un bruit de vent lointain. Simplement torride

Nathanaël Boutpn-Drouard






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Image :
Reprenant la récente restauration effectuée par les petits coquins de Severin Films, Artus nous propose un master HD assez surprenant. Un scan inédit du négatif original mais manifestement très marqué par les années. Si la restauration a permis de faire disparaître la plupart des grosses griffures et autres taches, certaines marques sont encore perceptibles et surtout des séquences entières sont marquées par une fluctuation des teintes, glissant vers le jaunâtre. Un film abîmé mais joliment traité tout de même avec une définition souvent très agréable venant révélé de nombreux détails inédits... ce qui ravira les fans de Lina Romay. A noter par contre un traitement un peu agressif sur le grain, souvent absent, avec des cadres très lisses et doux.

 


Son :
Tourné en France et par un Jess franco qui privilégiait justement la langue de Molière, Shining Sex n'est présenté ici que dans sa version locale. Celle-ci est proposée dans une stéréo un peu vieillissante, relativement stable, mais pas étrangères aux petites saturations d'usage.

 


Interactivité :
Jess Franco gagne encore en galon chez Artus Films s'offrant désormais de très joli digipack avec fourreau cartonné, à commencer par celui de Shining Sex. Sur les disques proprement dits, on trouve deux segments vidéos. La présentation de Daniel Lesoeur, fils du patron d'Eurociné et producteur de nombreuses œuvres de Jess Franco, offre un regard de l'intérieur et évoque les tournages économes de la firme, les scénarios griffonnés en quelques heures par Franco et la relation naissante entre le réalisateur et son actrice. Une autre époque, un autre cinéma, que Lesoeur est touché de voir aujourd'hui restauré et remis en avant par les diverses éditions vidéos et les rétrospectives. Journaliste au Cahier du cinéma et auteur de quelques livres sur le cinéma de genre asiatique, Stéphane du Mesnildot pousse la réflexion un peu plus loin qu'à l'accoutumé sur l'œuvre de Franco, observant l'utilisation des décors, alors futuristes, le traitement de l'érotisme, une mise en scène amoureuse de son sujet et les figures récurrentes de son cinéma.

Liste des bonus : Présentation par Daniel Lesœur (15'), Analyse de Stéphane du Mesnildot (22'), Diaporama d'affiches et photos, Bande-annonce originale.

 
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