PANIQUE ANNéE ZéRO
Panic in Year Zero ! - Etats-Unis - 1962
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Panique Année Zéro »
Genre : Science-fiction
Réalisateur : Ray Milland
Musique : Les Baxter
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais DTS HD Master Audio 2.0 mono
Sous-titre : Français
Durée : 92 minutes
Distributeur : Rimini Editions
Date de sortie : 18 mai 2022
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Panique Année Zéro »
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LE PITCH
Tandis que la famille Baldwin est en route pour un week-end à la campagne, Los Angeles est victime d’une attaque nucléaire. Réalisant peu à peu l’ampleur de l’événement, ils vont devoir s’organiser pour se mettre à l’abri, survivre et faire face aux survivants, dont certains sont prêts à tout.
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le jour pendant

Petite production qui n'avait l'air de rien, Panique Année Zéro, cinquième long-métrage officiel réalisé par l'acteur Ray Milland, plongeait brutalement l'Amérique dans le chaos d'une fin du monde d'autant plus probable qu'il connu un étrange écho quelques mois après avec la terrible crise des missiles de Cuba. C'est ce qu'on appelle viser juste.

Durant les longues années de la Guerre Froide et des angoisses liées à la menace du nucléaire, le cinéma américain bis s'est souvent fait échos d'un monde postapocalyptique, ravagé et désolé dans lequel il faudrait tout reconstruire, ou enterrer les dernières bribes de civilisation. Plus rares sont les films à avoir abordé plus directement les jours fatidiques, ceux où suite à l'apparition d'un gigantesque champignon atomique la société américaine s'étiole d'heure en heure face à la peur et l'inconnu. Produit au sein de la American International Picture de Samuel Z. Arkoff et Roger Corman, Panique Année Zéro est de ceux là, suivant pas à pas la virée bucolique d'une brave famille moyenne américaine s'apprêtant à vivre les joies du camping lorsque tout s'écroule autour d'eux. Budget forcément très limité, le film ne peut se permettre de projeter les visions de destructions attendues, et se concentre alors uniquement sur ces quatre personnages, père, mère, fils et fille, à la fois témoins de la catastrophe en cours et sujet d'étude du métrage proprement dit. A travers eux, le spectateur observe donc les sacro-saintes valeurs made in USA prendre du plomb dans l'aile, que ce soit l'économie et le fameux dollars, atomisés dans une inflation éclaire, la notion d'entraide et de fraternité patriotique, pour un allègre retour à la rudesse et l'implacabilité des vieux restes de l'Ouest sauvage.

 

la chute de l'empire américain


Un scénario assez habile, ou en tout cas des plus pertinents dans sa construction et ses réflexions. En particulier lorsqu'il illustre avec froideur la misogynie commune reléguant mère et fille à l'arrière de la caravane sans réel droit au chapitre, ou lorsqu'un père (solide Ray Milland) voit rapidement disparaitre toutes les limites qu'il s'était astreinte prenant les armes pour obtenir son bien, protéger sa famille et menacer les autres sous le regard admiratif du fiston (Frankie Avalon, jeune star de beach movies). Mis en boite comme un divertissement avec suspens bien rodé, quelques scènes de confrontations avec de jeunes délinquants et autres échanges de coups de feu attendus, Panique Année Zéro se montre plus ambiguë que la moyenne s'approchant dangereusement d'une représentation malaisante des pulsions de certains mâles alentours, sous entendant d'ailleurs sans ombrage la teneur de l'agression dont la jeune Karen est victime, ou les sévices subis par la pauvre Marilyn, découverte dans une cabane où l'avaient caché ses tortionnaires. Plutôt efficacement réalisé par la star masculine en personne, dont ce n'était pas le coup d'essai, Panique Année Zéro n'arrive cependant pas toujours à s'extraire de ses origines modestes et d'un tournage, à priori, pas toujours des mieux organisés, marqué par quelques personnages un brin caricaturaux (l'adolescente est à claquer), d'une musique jazzy hors-propos et catastrophique signée par le trop productif Les Baxter et d'un grand final ouvert, happy-en un peu bancal et facile qui atténue la noirceur de l'objet.

Pas un chef d'œuvre soit, mais certainement une petite bande à redécouvrir autant pour son efficacité, que son propos malheureusement toujours autant d'actualité.

Nathanaël Bouton-Drouard






 

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Image :
Superbe restauration que voilà. Même si le résultat semble plus dû à un travail numérique qu'à un véritable retour au négatif (surtout perceptible sur la gestion du grain et le piqué de certains plans), le master a été soigneusement nettoyé et stabilisé offrant des cadres extrêmement propres, des matières bien présentes et un noir et blanc aux contrastes imposants.

 


Son :
La version doublée française n'a manifestement pas été retrouvée et ne persiste donc que la version originale du film. Une piste très confortable avec une simple clarté bien équilibrée parsemée de quelques rares petites fritures peu envahissantes.

 


Interactivité :

Rimini reprend l'intervention de Joe Dante enregistrée pour la sortie Bluray de chez Kino Lorber dans laquelle le réalisateur se souvient des inquiétantes années de Guerre Froide qu'il a vécu enfant et dont le film se fait échos, puis présente plus sobrement les caractéristiques principales du film (studio AIP, casting, thèmes, série B...) avec beaucoup de simplicité et d'honnêteté Des lignes reprises et approfondies par la présentation inédite signée Alexandre Piletitch qui s'attarde plus largement sur le statut de réalisateur de Ray Milland et sur le reflet, volontaire ou involontaire du film, des grands changements qui s'amorçaient à Hollywood avec la fin des grands studios.

Liste des bonus : Interview d'Alexandre Piletitch, journaliste à « Revus & Corrigés » (22'), « Atomic Shock! » : interview de Joe Dante (9'10").

 

 

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