LES AVENTURES DE JACK BURTON DANS LES GRIFFES DU MANDARIN
Big Trouble in Little China - Etats-Unis - 1986
Image plateforme « Blu-Ray »
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Réalisateur : John Carpenter
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais DTS HD Master Audio 5.1, Français DTS 5.1
Sous-titre : Français, anglais...
Durée : 100 minutes
Distributeur : Universal
Date de sortie : 5 mai 2010
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Jack Burton, aventurier des temps modernes, a roulé sa bosse a travers toute l’Amérique. Il s’est battu dans les quartiers les plus mal famés et croit connaitre tous les dangers de la terre. Pourtant, lorsqu’il part à la recherche de la belle Mia Yin, il va aller de surprises en surprises…
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Le plus grand héros de tous les temps

Elles étaient belles nos années 80, à l'heure où le divertissement populaire se faisait à l'arrache, se confiait à quelques tarés locaux et où les curiosités expérimentales étaient légions. Véritable symbole d'une époque, Jack Burton n'a pas pris une ride et reste le film popcorn par excellence.
 

Comme pour la plupart de ses meilleurs films, Big Trouble in Little China (titre original) découle d'une incompréhension risible entre la politique des studios et la vision du maître John Carpenter. Alors que la Fox pensait produire un summum du cinéma d'aventure digne de concurrencer Indiana Jones et autres revivals "pulp", Carpenter s'attachait, longtemps avant Last Action Hero, à décortiquer la figure du héros made in USA. Il faut dire qu'avec la présence du réalisateur des Aventures de Buckaroo Banzaï a travers la 8eme dimension (autre film culte au titre à rallonge) aux commandes du scénario, les pontes pouvaient se douter que le résultera serait... pour le moins autre. Acteur indissociable du metteur en scène de New York 1997, Kurt Russel délaisse la figure du héros fort, dur et économe pour prendre la défroque d'un Jack Burton falot, bavard, presque gras et carrément beauf, constamment dépassé par les évènements. Incapable de comprendre la moindre subtilité de la mythologie chinoise, il arrive systématiquement en retard, rate les meilleures scènes d'action et se complaît dans quelques tag-lines nationalistes volontairement parodiques.

 

Adventure doesn't come any bigger !


Car, marqué par la vision du sublime Zu les guerriers de la montagne magique de Tsui Hark, Carpenter décide de faire de son personnage principal le sidekick du film. La place du héros habile, plein de bons sentiments et tout simplement moteur de l'action revient très naturellement au charismatique Dennis Dun (L'Année du Dragon, Prince des ténèbres l'année suivante). Un déséquilibre tout simplement jouissif qui permet au long-métrage de glisser vers un délire progressif mais constant, peuplé d'un mandarin fantomatique (énorme David Lo-Pan / James Hong !), de guerriers aux pouvoirs électriques, de sectes millénaires et de créatures aussi étranges qu'une boule volante fleurie de protubérances oculaires. Drôle (les dialogues sont inoubliables), fantasque et relevé, Les Aventures de Jack Burton dans les Griffes du Mandarin n'a à l'époque pas trouvé son public (et c'est un euphémisme) à cause d'une promotion catastrophique. Le bouche-à-oreille lui à depuis permis d'atteindre le panthéon des « vrais » films cultes. Gageons qu'outre son humour burlesque frôlant le génie et son imagination débordante, la réussite de cette entreprise totalement branque revient aussi au contraste apporté par la mise en scène classieuse de l'immense John Carpenter, construisant chaque plan tel un orfèvre, et le respect impeccable avec lequel il illustre la culture populaire chinoise. Un film unique et indispensable.    

Nathanaël Bouton-Drouard






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Image :
Malgré un certain soin en DVD, Jack Burton a toujours dû se contenter d'un master envahi d'un bruit pas toujours gracieux. Une marque toujours présente dans sa mouture HD, mais tout de même bien atténuée. Cet effet de grain ne revient qu'à quelques reprises et se montre agréablement compensé par un piqué plus soutenu (mais en deçà des canons du format), et une colorimétrie mieux définie, permettant de contempler mieux que jamais la beauté des décors, des costumes et surtout des effets spéciaux qui paraissent (choses étrange) beaucoup plus convaincants qu'en VHS et DVD. Un vrai gain donc, même si l'on aurait que l'éditeur utilise un master flambant neuf, entièrement restauré pour l'occasion.

 

Son :
Les puristes rechigneront devant l'absence dommageable d'une piste 2.0 rendant au film son mixage d'origine. Heureusement le DTS-HD Master Audio 5.1 anglais ne dénature pas l'ambiance du film en y ajouter des effets hors-propos, et préfère travailler sur une dynamique légère et naturelle. Ce sont surtout les dialogues qui y gagnent le plus avec une limpidité nouvelle, et la bande originale est claire comme du cristal (et disponible en piste séparée !). Du coup la très bonne version française (un cas rare) ne paraît pas si pauvre avec son DTS mi-débit tout juste légèrement moins ample.

 

Interactivité :
Après avoir balancé méchamment des éditions vides de Misery, Robocop ou Predator, FPE surprend (dans le bons sens) avec Jack Burton, remplissant le disque de la quasi-intégralité des bonus du DVD collector (seuls les articles écrits manquent). Rien de bien neuf certes (si ce n'est l'excellente bande originale en piste séparée), mais au moins pas d'effet de soustraction. Toujours pas de vrai documentaire rétrospectif donc mais la charmante featurette d'époque, très promo mais agréablement rétro, une interview nostalgique et explicative du responsable des effets spéciaux Richard Edlund (John Edlund sur la jaquette... no comment), une galerie de photos... Les fans seront aussi heureux de retrouver ici la demi-heure de scènes coupées / alternatives / rallongées qui présente de légères différences avec la version salles, tout comme la fin alternative, trop longtemps fantasmée, qui permet de découvrir quelques vannes et gags supplémentaires. En parlant de gag, rien que pour observer le clip ringard et hilarant du groupe Coup de Villes (réunissant Carpenter, Nick Castle et Tommy Lee Wallace), ça vaut largement le détour ! Mais l'essentiel se situe bien entendu dans le commentaire audio qui regroupe une nouvelle fois le réalisateur et son acteur fétiche. Après le passionnant The Thing, voici les deux compères manifestement très heureux de se revoir qui se lancent dans des conversations sur tout et sur rien, sur le sport, la musique.... Décontractés et joviaux, ils s'intéressent aussi au film mais plutôt qu'une analyse, ils s'amusent à retracer leurs principales références, leurs souvenirs du tournage ou la calamiteuse promo de l'époque. Un vrai régal (sous-titré en français) qui déborde d'amour du cinéma populaire et qui donne l'impression d'être au bar du coin avec deux copains. A noter que l'éditeur a gentiment placé dans le boîtier Blu-ray une copie DVD du film pour le prêter aux potes pas encore équipés, et que la jaquette est une nouvelle fois assez inadéquate (quid de la superbe affiche originale ?!).

 

Liste des Bonus : Commentaire audio de John Carpenter et Kurt Russel, bande originale en piste séparée, scènes coupées (30'), featurette (7'), clip, interview de John Edlund (13'), galeries d'images, copie DVD du film, bandes-annonces

 
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