LE REDOUTABLE HOMME DES NEIGES
The Abominable Snowman - Royaume-Uni - 1957
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Genre : Science-fiction
Réalisateur : Val Guest
Musique : Humphrey Searle
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais et Français en DTS-HD Master Audio 2.0
Sous-titre : Français
Durée : 85 minutes
Distributeur : ESC Distributions
Date de sortie : 3 août 2022
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Le Redoutable homme des neiges »
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LE PITCH
Le Dr. Rollason se joint à l’expédition de Tom Friend pour traquer le mythique Yéti au coeur de l’Himalaya, en dépit des avertissements de son épouse et du mystérieux prêtre tibétain qui dirige le monastère de cette région majestueuse, hostile et sauvage. À l’issue de cette quête redoutable, Rollason prendra conscience d’une révélation fantastique.
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Les monstres

Sorti la même année que la renaissance gothique Frankenstein s'est échappé, Le Redoutable homme des neiges avec le même Peter Cushing n'est cependant pas un film de monstre comme les autres. Une aventure de science-fiction sobre et presque philosophique questionnant, déjà, la place de l'homme face à une nature trop grande pour lui.

La célèbre société de production Hammer n'est encore qu'au début de son éclosion en 1957 lorsque l'équipe responsable du diptyque Le Monstre et La Marque (soit les deux premiers Quatermass), Val Guest à la réalisation et Nigel Kneale au scénario, sont rappelés pour signer une nouvelle adaptation d'un succès de la télévision : The Abominable Snowman. Mais alors que le spectaculaire et macabre Frankenstein s'est échappé de Terence Fisher vient d'ouvrir une nouvelle voie pour le studio et un véritable renouveau du cinéma d'horreur, transgressif et gothique, cette production est encore attachée certainement à une certaine idée du cinéma de genre des années 50. Le très joli noir et blanc y est certainement pour quelque chose, la volonté aussi du réalisateur de déjouer constamment les attentes du public et de construire un film d'aventure plus que d'horreur, où l'objet de toutes les attentions, le fameux monstre, semble prendre un malin plaisir à échapper au regard de la caméra. Contre l'avis de l'auteur de la pièce originale et les producteurs (des photos de plateau le montre pourtant de pied en cape), Val Guest ne montre de ce Yeti que des fragments, cris dans la nuit, marques de pas, dent devenue artefact, un bras au mieux et dans la séquence finale une amorce de visage, un regard, très loin de la bête sauvage attendue.

 

y est-y pas ? 


Tourné essentiellement en studio mais avec quelques visions d'explorations montagnardes capturées par une seconde équipe dans les Pyrénées en guide de cimes de l'Himalaya, Le Redoutable homme des neiges se veut une œuvre réaliste, presque documentaire parfois, où la quête cryptozoologique vient surtout questionner les motivations de chacun, leur rapport à l'inconnu et à une nature trop vaste, trop mystérieuse et peu être aussi loin d'être aussi domptée qu'on le voudrait. Tout au long de l'escalade, des nuits glacées et des rencontres supposées avec la créatures, le film dont on retrouve régulièrement les origines de théâtre télévisé (les émissions anglaises étaient alors jouées en direct) enchainent les remises en questions et les débats opposants le point de vue du chasseur, du scientifique et de l'obsédé voir de l'illuminée, ou vient poindre, car le film est encadré par une longue introduction et une conclusion dans un temple bouddhiste, par une aura de mysticisme et des ingrédients purement fantastiques déroutants. Rejoignant une thématique largement explorée par la suite, voir cultivée, par les productions Hammer, le monstre traqué n'est pas forcément celui que l'on croit et l'être humain a sans doute un peu trop d'assurance sur sa place au sommet de l'évolution.... Original en 1957, extrêmement pertinent aujourd'hui.

Doté d'une excellente atmosphère, réalisé avec sobriété mais précision, porté par un Peter Cushing très loin de la folie froide de son Docteur Frankenstein, Le Redoutable homme des neiges fait partie de ces petits classiques un peu oubliés du catalogue Hammer, moins démonstratifs et luxueux que les multiples essais vampiriques, mais néanmoins abordant le genre avec sérieux et élégance.

Nathanaël Bouton-Drouard






 

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Image :
Le Redoutable homme des neiges, s'avère plutôt joli en HD avec une restauration très soignée qui doit tout de même composer avec une source pas toujours bien vaillante. Les séquences tournées en studio assurent ainsi des cadres particulièrement propres et un noir et blanc bien tranché, tandis que les séquences extérieures, tournées dans les Pyrénées, sont plus marquées avec un grain plus proéminant. Sans compter quelques stock-shots d'avalanche et des fondus enchainés plus doux. Mais grâce au noir et blanc et au soin des techniciens le tout se marie très efficacement, tout en préservant ses matières à l'ancienne.

 


Son :

Passé un étrange drop sonore durant le générique d'ouverture, la version anglaise mono, glissée en DTS HD Master Audio 2.0 assure une restitution franche et claire profitant pleinement là aussi d'une restauration appliquée. Le doublage français d'époque, solide, propose classiquement un mix plus plat et une voix bien trop grave pour Peter Cushing.

 


Interactivité :
Shout protège jalousement son matériel éditorial et il est souvent douloureux de faire le comparatif avec les éditeurs français. Exit donc l'interview du critique Jonathan Rigby, les deux commentaires audios et surtout de la version longue du film dotée de cinq minutes de film supplémentaires (mais uniquement en SD upscalée pour les scènes inédites). Une grosse perte pour les fans de la Hammer.
Reste donc l'habituel petit livret Making of signé Marc Toullec et une présentation du film par Gilles Menegaldo, grand connaisseur de l'œuvre de Val Guest qui s'attarde bien entendu sur les caractéristiques du Redoutable homme des neiges mais aussi sur la filmographie plus large du bonhomme. Un peu confus parfois mais pas inintéressant.

Liste des bonus : un livret rédigé par Marc Toullec (20 pages), « Val Guest : le visible et l'invisible » : entretien avec Gilles Menegaldo, spécialiste du réalisateur Val Guest (2022, 26'41").

 

 

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