VINYAN
France / Belgique / Angleterre - 2008
Image plateforme « DVD »
Image de « Vinyan »
Réalisateur : Fabrice du Welz
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais DTS 5.1 et Stereo 2.0, Français Dolby Digital 5.1
Sous-titre : Français
Durée : 95 minutes
Distributeur : Wild Side Vidéo
Date de sortie : 2 avril 2009
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Vinyan »
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site officiel
LE PITCH
Incapables d'accepter la disparition de leur fils dans le Tsunami de 2005, Jeanne et Paul sont restés vivre en Thaïlande. Après de longs mois, persuadés que leur enfant est encore en vie, le couple décide de partir à sa recherche et va s’embarquer dans un voyage initiatique au fin fond de la jungle tropicale birmane, aux confins du royaume des morts et de la folie…
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Jour de colère

Le plus important au cinéma, ce n'est pas de se contenter de divertir ou d'explorer la petite bourgeoise de l'appartement d'à coté, mais bien de faire une proposition. Rien que par cette démarche atypique et sa mise en image magistrale, le Vinyan de Fabrice du Welz est une œuvre indispensable.

Si le cinéma de genre francophone semble renaître peu à peu de ses cendres (doucement, tout doucement), il reste tout de même quelques barrières à abattre contre lesquelles de rares réalisateurs courageux se sont largement fracassés le nez. A l'instar de Fabrice du Welz sur Vinyan, véritable four lors de sa sortie en salles il y a quelques mois, uniquement parce que le cinéaste n'a pas hésité à brouiller les frontières. Après le trivial mais effroyable Calvaire, du Welz transforme donc son remake avorté des Révoltés de l'an 2000 en quête tragique autour d'un couple explorant la jungle birmane pour retrouver leur fils disparu dans le tsunami de 2004. Encore une histoire de deuil (comme Calvaire donc) où l'effet « mandale dans la troche » laisse place à une caméra plus caressante, plus langoureuse, et finalement bien plus violente. Pas d'humour ici pour respirer, juste la douleur de deux personnages dont l'amour se dissoud devant les yeux du spectateur, entre la résignation, la culpabilité, puis la haine et le rejet. Véritablement hanté par la figure de l'absence, justement, du corps de l'enfant (à l'image de Ne vous retournez pas), Vinyan est un métrage purement sensoriel où le physique de Béart, aussi sensuelle que maternelle, contamine irrémédiablement le film (figure du ventre, profusion du liquide, etc.) et où celui, plus nerveux, du père, devient pathétique et inutile.

Maternité

En découle un drame tétanisant et habité qui permet au trop rare Rufus Sewell (Dark City) et à une inattendue Emmanuelle Béart de trouver leurs meilleures partitions, ou en tout cas une des plus intimes. Surtout que du Welz ne fait vraiment pas de cadeaux à ses personnages en les conduisant directement à l'abattoir. Un voyage au bout de l'Enfer sans retour possible où le fantastique et l'horreur phagocytent tranquillement le réalisme du dispositif initial, pour laisser place à un survival monstrueux digne des derniers sursauts de Cannibal Holocaust. Une métamorphose lente et insidieuse amenée par une mise en scène d'une rare subtilité, une bande sonore carrément flippante signée François-Eudes Chanfrault (Haute Tension, A l'intérieur) et un travail sur la photographie où l'on retrouve une nouvelle fois l'immense talent de Benoît Debie (Innocence, Irréversible, Enfermés dehors). Une épreuve filmique en somme, qui aurait dû prouver que l'on pouvait encore tenter un cinéma autre, éreintant. Espérons que l'accueil injustement glacial ne refroidisse pas les ambitions de Fabrice du Welz et de ses futurs producteurs.

Nathanaël Bouton-Drouard




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Image :

Film récent + Wild Side vidéo : aucun risque. Comme attendu, l'image est en tout point somptueuse avec une maîtrise subtile des contrastes soulignant autant le tranchant de l'éclairage nocturne d'un quartier chaud thaïlandais que la verdure étouffante de la jungle birmane. En DVD, le film retrouve toute sa texture « vivante » due à la pellicule argentique et la compression fait le reste. Un regard plus attentif laisse percevoir un petit grain légèrement trop proéminant dans certains plans, mais vraiment rien de grave. On ne peut alors qu'imaginer la beauté d'un tel transfert sur format Blu-Ray. La seule condition permettant une sortie un jour sur ce format étant des ventes colossales en DVD, il ne nous reste donc plus qu'à acheter chacun plusieurs exemplaires de la présente édition....

Son :

Tournée en anglais autant pour des questions de coproduction que pour une exploitation internationale, Vinyan se montre largement plus généreux sur sa piste anglaise DTS 5.1, retranscrivant à la perfection l'expérience cinéma. Jouant à outrance d'une dynamique « englobante » et d'une saturation sonore voulue dans certains passages angoissants, cette piste plonge le spectateur dans le cauchemar des personnages et souligne l'aspect épuisant de l'épreuve. Pour ceux qui n'ont pas l'installation adéquate, la version stéréo anglaise se révèle plutôt efficace. Presque plus du coup que la VF Dolby Digital 5.1, qui manque cruellement de naturel.

Interactivité :
Presque contraint et forcé, l'interactivité du disque commence au lancement du film par une introduction du réalisateur. Forcé, parce qu'il revient sur ses intentions (faire un bon film et ne pas prendre les spectateurs pour des cons), histoire de rectifier toutes les stupidités qui ont pu être dites par la critique lors de la sortie en salles. Cela dit le reste des bonus aurait largement suffi à rappeler la réalité de l'engagement de l'équipe sur la création de Vinyan. Grâce en particulier au long making of (un peu moins d'une heure) qui suit pas à pas les journées de tournage, montrant les réelles difficultés sur le plateau, les expérimentations et une direction d'acteurs très précise. Impliqués et passionnés, les comédiens autant que les techniciens et le réalisateur nous font revivre une véritable aventure de cinéma. Du coup l'entretien croisé entre du Welz et son directeur photo Benoît Debie permet de s'attarder plus spécifiquement sur le travail de l'image, la photographie, la mise en scène, tout cela à tête reposée. Des bonus véritablement intéressants et humains qui sont complétés par les habituelles galeries de photos et bandes-annonces.

Liste des bonus :
Présentation du film par son réalisateur Fabrice du Welz (5'), Making-of (53'), Entretien croisé entre Fabrice Du Welz et le directeur de la photographie Benoît Debie (20'), Galerie photos, Galerie de dessins inédits, Bandes annonces

 
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