LE DERNIER RIVAGE
On the Beach - Etats-Unis - 1959
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Genre : Science-fiction
Réalisateur : Stanley Kramer
Musique : Ernest Gold
Image : 1.66 16/9
Son : Anglais DTS HD Master Audio 5.1 et 2.0, Français DTS HD Master Audio 2.0
Sous-titre : Français
Durée : 134 minutes
Distributeur : Rimini Editions
Date de sortie : 21 septembre 2022
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Une guerre nucléaire mondiale a ravagé la planète et l’Australie est le dernier pays épargné. Mais chacun sait que les radiations atomiques se rapprochent. En attendant une mort certaine, les survivants tentent de profiter des derniers mois qu’il leur reste.
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Panique année terminale

Après Panique Année Zéro Rimini poursuit sa collection SF rétro avec Le Dernier Rivage autre évocation désespérée d'une disparition inéluctable. Les derniers jours d'une humanité exsangue dans une grande production MGM au casting de rêve. Surprenant.

Bien plus conscient alors des dangers omniprésents du nucléaire et sa douce version armée, le cinéma américain des années 50 aura régulièrement mis en garde ses contemporains contre la course à l'armement entre les deux blocs de la Guerre froide, et plus généralement sur les retombées dramatiques d'un conflit qui irait au bout de sa logique. Dans Le Dernier Rivage, l'inévitable est bel et bien arrivée et sa réalité n'en est que plus absurde encore. Personne ne sait plus qui a commencé et pourquoi. Une erreur humaine, politique ou militaire ? Peu importe la terre a été ravagée et seule une partie de l'Australie n'a pas encore été atteint par les nuages de radioactivité. La mort avance lentement et tandis que les occupants d'un sous-marins américains s'efforcent encore de relever les dernières données sur l'état de la catastrophe et espèrent trouver une porte de sortie, les autres attendent, profitant des derniers jours de vie qui reste. Le Dernier Rivage capture essentiellement l'absence. L'absence de corps dans les ruines de cités dévastée, tout juste observée de lui, d'explications données par des scientifiques et des soldats totalement dépassés, et d'espoir tant tout est joué d'avance.

 

ce n'est qu'un aurevoir


Un film porté par un fatalisme cruel, frontal, mais qui célèbre aussi les derniers instants de vies volés, entre romance impromptue entre Gregory Peck et la magnifique Ava Gardner s'ébattant sur la plage comme des gamins, la course automobile vécue comme un rêve pour un Fred Astaire vieillissant mais d'une rare élégance, et de nombreuses soirées arrosées, petites notes d'humour pour faire fuir la mort et journées sur le sable à taire l'évidence. C'est d'ailleurs lorsque celle-ci rejaillit en pleine figure des personnages qu'elle se montre la plus brutale, comme lorsque Anthony Perkins, jeune père de famille tente de convaincre son épouse de prévoir des pilules pour mettre fin à ses jours et à ceux de sa fille pour éviter les souffrances des corps contaminés. Moins production SF que film d'anticipation, moins film de genre que drame d'un possible, Le Dernier Rivage ne boude pas les codes du genre qu'il approche, mais en laisse volontairement les aspects les plus sensationnels en hors-champs, préférant rester au plus près des personnages, leur mélancolie, leur résistance, leurs amitiés et leurs amours, pour tirer un portrait touchant d'une humanité qui se retrouve confronté à une existence sans lendemain à force de ne pas y avoir assez songé.

On reconnait bien là la personnalité du réalisateur / producteur Stanley Kramer, artisan solide à la forme noblement académique, dont finalement toutes les grandes réalisations étaient des œuvres engagées, « à message » comme La Chaine, Jugement à Nuremberg, Procès de singe ou Devine qui vient dîner, s'efforçant de faire réfléchir l'auditoire et pourquoi pas de faire évoluer la société américaine. Une optique qui forcément entraine parfois quelques plans ou dialogues un peu trop lourd de sens, de petites longueurs bien pardonnables, mais qui nourrie aussi une fable émotionnelle puissante, témoignage plus que leçon de morale, du gâchis dont l'humanité était et semble plus que jamais capable.

Nathanaël Bouton-Drouard






 

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Image :
Traitement un peu particulier pour Le Dernier Rivage qui a effectivement profité d'un travail appuyé pour cette sortie HD, mais où les aspérités des années restent encore très présentes : taches, griffures, points variables traversent encore régulièrement l'image. Bien entendu la poignée de stock-shots est encore plus marquée. Un coté dans son jus qui n'entame en rien cependant une définition admirable et précise, une belle stabilité des cadres et surtout des contrastes noir et blanc joliment dessinés qui se marient à la perfection avec le grain de pellicule.

 


Son :
Si la piste française d'époque reste dans un DTS HD Master Audio 2.0 naturellement très proche du mono initial, la version originale est disponible en deux propositions : un Dolby Digital 2.0 plutôt solide et clair et un DTS HD Master Audio 5.1 finalement assez sobre et n'offrant que peu d'expérimentations spatiales.

 


Interactivité :
Second titre de la collection SF de Rimini et comme très souvent l'éditeur français comble les lacunes de ses collègues américains en produisant deux suppléments inédits. En premier une présentation plutôt complète du film par le journaliste Vincent Nicolet qui après un rappel des hauts faits de Stanley Kramer, revient sur la production du film, son tournage parfois compliqué en Australie, son appartenance aux films apocalyptiques des 50's, le traitement particulier des conséquences nucléaires et plus généralement de sa tonalité et de son casting quatre étoiles. En second, Marie-Odile Probst, traductrice du roman original revient sur l'auteur méconnu chez nous Nevil Shute et sur l'adaptation parfois un peu trop libre de son œuvre dans Le Dernier Rivage selon ses goûts.


Liste des bonus : « Le Dernier Rivage » par Vincent Nicolet (31'), Le roman de Nevil Shute par Marie-Odile Probst, traductrice (35')

 

 

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