ALICE, SWEET ALICE
Communion - Etats-Unis - 1976
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Genre : Horreur
Réalisateur : Alfred Sole
Musique : Stephen Lawrence
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais et français DTS HD Master Audio 2.0 mono
Sous-titre : Français
Durée : 107 minutes
Distributeur : Rimini Editions
Date de sortie : 23 septembre 2022
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Alice Spages, 12 ans, vit avec sa mère et sa sœur Karen à qui elle adore faire peur. Karen s’apprête à fêter sa première communion lorsque son corps est retrouvé atrocement mutilé dans l’église. Certains pensent que Alice pourrait être à l’origine du meurtre, mais comment une enfant si jeune pourrait-elle commettre une telle abomination ? Pourtant, les meurtres se poursuivent dans l’entourage d’Alice.
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(ex)communion sanglante

Édité en DVD il y a plus de dix ans, Alice, Sweet Alice a enfin droit à son édition Blu-Ray dans la collection Angoisses de Rimini Editions. La version intégrale proposée ici nous permet de redécouvrir un petit joyau underground du cinéma d'horreur des années 1970 et sans doute le meilleur film d'Alfred Sole, disparu cette année à l'âge de 78 ans.

Décidément en cette année 1976, le cinéma d'horreur faisait la part belle aux gamins turbulents, et criminels, avec notamment les sorties de La Malédiction, Les Révoltés de l'an 2000 ou encore du vénéneux Alice, Sweet Alice enfin disponible dans sa version Director's Cut. Pour son premier véritable long-métrage, après le porno Deep Sleep interdit de sortie pour obscénité, Alfred Sole reprend donc l'archétype de l'enfant diabolique, particulièrement à la mode depuis L'Exorciste de 1973. Toutefois l'œuvre de Sole s'avère originale à bien des égards, lorgnant plutôt vers le Slasher et le Giallo que le film fantastique avec son tueur masqué au ciré jaune (clin d'œil au traumatisant Ne vous retournez pas) et ses meurtres à l'arme blanche. Excommunié de son diocèse catholique de Paterson (New-Jersey) suite à Deep Sleep, Sole signe aussi un film très personnel en situant le contexte de l'histoire en 1961 dans cette même paroisse.
D'abord nommé Communion, puis titré Communion sanglante en France à l'époque de sa sortie, le film n'est en effet pas tendre avec une religion omniprésente (ce qui lui vaudra une censure en Angleterre), qui semble ici rendre hystériques les personnages. Ainsi l'ouverture et le final du film, tous deux mémorables et particulièrement efficaces, se déroulent dans une église et culminent au carnage. Ici, on assassine sur l'autel, on étrangle avec un cierge et lors des scènes de communion, les bouches grandes ouvertes et les langues bien sorties durent en choquer plus d'un !

 

l'oeuvre du culte


Avec une mise en scène maîtrisée et inventive, un cadre plein de détails, des accès de violence brutaux et bien sentis, le film est clairement au-dessus de la moyenne des slashers de l'époque. Malmené par les distributeurs et la censure, le film ne trouva son public que dans les années 1980 sous le titre Holy Terror. En effet, entre temps Brooke Shields, qui joue ici la petite fille modèle sœur de l'inquiétante Alice pour son premier rôle au cinéma, était devenue une star suite à La Petite de Louis Malle ou Le Lagon bleu de Randal Kleiser. Alors qu'elle ne perdure que dix minutes à l'écran, on la plaça ainsi sans vergogne en tête d'affiche !
Malgré un tournage difficile (avec plusieurs changements de directeurs de la photo, ce qui se ressent sur le film parfois inégal) et un petit budget, Sole, bien aidé par la présence de Wiliam Lustig (Maniac) aux effets spéciaux, signe un film remarquable, en grande partie grâce à l'interprétation de Paula Sheppard. On remarquera d'ailleurs, que les moments les plus faibles, avec un patinement en milieu de métrage, sont ceux où la « douce » Alice n'est plus à l'écran ! Âgée de 19 ans, elle apporte une touche d'ambiguïté, et de sensualité, à son personnage de petite fille de 12 ans s'amusant à martyriser sa sœur ou son imposant voisin, joué par l'obèse et surprenant Alphonso DeNoble qui apporte une touche glauque et malsaine à un ensemble déjà pas mal doté de ce côté-là !

Bien qu'un peu bancal par moments, le film se joue de ses spectateurs avec délectation jusqu'à une excellente conclusion qui aurait d'ailleurs pu suggérer une suite. Bien soutenu par un casting très féminin (Linda Miller en mère dévastée, Jane Lowry incroyable en « screaming girl », Mildred Clinton en bonne du curé bien moins sympathique que celle d'Annie Cordy !), et une oppressante Bande Originale de Stephen Lawrence, Alice, Sweet Alice demeure un très bon représentant du Slasher et une œuvre hautement recommandable, à la fois hommage au cinéma hitchcockien et au Giallo.

Samuel Bouvet






 

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Image :

Le Master Haute définition qui nous est proposé est un régal pour les yeux. Le cadre est stable, les couleurs chaudes et contrastées et l'image parfaitement définie, les détails fourmillant en arrière-plan. Une restauration de qualité.

 


Son :
Même topo que pour l'image, avec un Master Audio qui remplit son rôle à merveille. Pas de souffle, les dialogues sont aérés et la musique omniprésente de Lawrence est très bien restituée. Les deux versions (originale et française) proposées sont de qualité.

 


Interactivité :
Outre un livret écrit par Marc Toullec, écrivain et journaliste spécialiste des bobines sanguinolentes, l'édition de Rimini, qui s'inscrit dans l'imposante collection Angoisses nous propose une analyse très instructive et passionnante de Gilles Gressard. Visiblement fan du film, il le considère comme le pionnier du genre Slasher ! Pas avare en anecdotes, l'interview nous apprend entre autres que Linda Miller (mère de Jason Patric, et femme de Jason Miller, qui joue dans L'Exorciste!) a fait une tentative de suicide en plein tournage d'une dernière séquence décidément traumatisante ! Il nous rappelle aussi la difficile percée du film, acheté par divers distributeurs coupant à chaque fois le film, le renommant, ce qui au final lui donna ce statut d'œuvre culte. On apprend aussi que la carrière cinématographique d'Alfred Sole ne décollera jamais vraiment avec l'échec de ses deux autres films (Tanya's Island et Pandemonium) et qu'il passera ensuite à la télévision, où il sera chef décorateur pour de nombreuses séries (Veronica Mars, Castle, le reboot de Mac Gyver...), avant son suicide en février dernier.

Liste des bonus : Livret "Le Bon Dieu sans confession", rédigé par Marc Toullec (20 pages), Présentation du film par Gilles Gressard, écrivain et historien du cinéma (24').

 

 

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