MARTIN ROUMAGNAC
France - 1946
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Image de « Martin Roumagnac »
Genre : Drame
Réalisateur : Georges Lacombe
Musique : Pinar Toprak
Image : 1.33 4/3
Son : Français DTS HD Master Audio 2.0
Sous-titre : Français pour sourds et malentendants
Durée : 108 minutes
Distributeur : Coin de Mire
Date de sortie : 18 octobre 2022
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Martin Roumagnac »
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LE PITCH
Blanche, très belle, attirante, point de mire des hommes et objet de jalousie des femmes, est arrivée il y a trois ans à Clairval, petite ville de province, en se mariant à un grainetier rencontré à Paris. Rapidement veuve, Blanche tient seule le magasin et vit avec un oncle un peu parasite qui l’encourage à rechercher un bon parti. Martin rencontre Blanche et entre eux, c’est tout de suite le désir. Il ne correspond pas aux riches ambitions de la belle et de son oncle mais Martin, a...
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La Belle et le rustre

Film du retour au cinéma français pour Jean Gabin, et première et unique expérience hexagonale pour Marlene Dietrich, Martin Roumagnac n'aura pas eu le succès escompté, mais marquera surtout le clap de fin pour l'un des idylles les plus glamours de l'époque.

Elle la plus grande actrice allemand adoptées par les Etats-Unis, lui la star du cinéma français et européen exilé à Hollywood pour échapper aux pressions de la propagande nazi, et forcément un couple qui fait d'autant plus sensation qu'elle ira chanter pour les soldats alliés et lui s'engagera son sous patronyme anonyme. La guerre enfin achevée, ils se retrouvent et espère faire échos à leur histoire passionnée dans un projet sur grand écran en France. Par son sujet Les Portes de la nuit fera peur à Dietrich et tout deux se rabattront sur l'adaptation du roman Martin Roumagnac, évocation romancée de la passion dévorante entre un petit chef d'une entreprise de maçonnerie et une jolie veuve, vendeuse d'oiseau dans sa boutique, attendant la mort de la femme d'un riche diplomate. Une parisienne dans l'âme, élégante, séductrice et intéressée qui va cependant tomber sous le charme de cette homme de la province, simple et rugueux. Impossible de ne pas reconnaitre d'une certaine façon les deux interprètes dans les traits de ces personnages, lui évoquant directement ses rôles terre-à-terre et modestes qui lui correspondent si bien, elle semblant constamment déplacée par son élégance et jouant bien entendu sur ses airs glaciales de prédatrice entrés dans la légende depuis L'Ange bleu de Sternberg. D'ailleurs en coulisses, le couple prend peu à eu ses distances, lui espérant pouvoir s'installer et fonder une famille, tandis que Marlène ne trouve pas vraiment son bonheur en province et regrette déjà les studios américains où sont statut était tout autre.

 

fin d'un amour


Le couple ne résistera pas au semi-échec commercial du film, mais ce parallèle constant entre Gabin / Dietrich et Martin / Blanche insuffle une aura toute particulière au film et une réalité parfois troublante. Les rêves d'échappée de cette femme habituée à la vie de château et l'amour sincère que se mue en colère chez ce brave homme sonnent toujours juste, surtout lorsqu'il sont accompagné par la description d'un environnement pratiquant le « qu'en dira-t-on », les jugements moraux, la jalousie et les rumeurs acides. C'est d'ailleurs cette pression sociale, ce regard des autres, cette défiance envers ceux que l'on ne connait pas, que l'on ne comprend pas, qui aboutira au triste drame prévisible. Modeste artisan George Lacombe, petit cinéaste d'avant guerre (Café de Paris) qui perdurera jusqu'au années 70 pour la télévision, accompagne avec savoir-faire les deux superbes prestations de ses acteurs phares, capture non sans une certaine idéalisation les aspects les plus bucoliques du village de Clairval, mais manque manifestement d'une véritable présence, d'intensité et de personnalité. Un drame commun qui reste assez mineur en définitive même si la tapageuse bande originale du très rare Marcel Mirouze tente de nous faire croire, à grand renforts d'effets pompiers, à un film noir tragique.

Récit d'amour, de culpabilité et des dégâts de la rengaine populaire, Martin Roumagnac n'est pas forcément un grand classique du cinéma français, mais aura au moins réussi à capturer à l'écran le couple mythique, mais éphémère, formé par les monstres sacrés Gabin et Dietrich.

Nathanaël Bouton-Drouard




 

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Image :
Martin Roumagnac profite d'une toute nouvelle restauration effectuée à partir d'un scan 4K des négatifs originaux par Les Films du Jeudi. Un travail admirable qui a permi de faire disparaitre la quasi-totalité des imperfections visibles, de stabiliser les cadres et de redorer le noir et blanc par des argentiques délicats. Même les fondus enchainés et plans de transition imposent une définition précise et creusée, le tout préservant avec naturel le grain de pellicule de l'objet.  Très beau..

 


Son :
La piste mono française revient avec un DTS HD Master Audio qui en rafraichit les contours. Quelques petits souffles et légers effets de saturations se fond entendre à quelques occasions, mais l'ensemble est clair et confortable.

 


Interactivité :

Mediabook noir au titrage doré, cahier reproduisant le livret de presse et quelques documents d'époque, fac-similés de l'affiche et de photos d'exploitations font toujours un très bel objet. Et Martin Roumagnac est bien entendu proposé avec l'option de la séance complète en avant programme : des actualités Pathé de l'année 46 faisant état de deux incendies spectaculaires aux Etats-Unis et de l'acte de naissance du premier gouvernement de la 4ème république mené par Leon Blum, suivi de la bande annonce du film Petrus et d'un panel de réclames (Super Colgate, Wonder ne s'use que si on s'en sert...) comme on en fait plus.

Petite surprise, l'édition ne s'arrête pas là cette fois-ci puisqu'en plus d'avoir dégotté une poignée de scènes coupées (dont le contenu de certaines sont fait échos dans les dialogues existants), Coin de Mire a produit un doc de plus de quarante minutes autour du film. Les interviews croisées de Cécile-Anne Sibout et Patrick Glatre, la première revenant essentiellement sur la véritable affaire criminelle et son adaptation en roman par Pierre-René Wolf, le second se concentrant sur la place du film dans les carrières et la romance entre Gabin et Dietrich. L'occasion de revenir sur leurs implications respectives durant la Seconde Guerre Mondiale et les tensions qui marquèrent la fin du tournage.

Liste des bonus : La séance complète avec actualités Pathé, réclames publicitaires et bandes-annonces d'époque, un livret reproduisant des documents d'époque (24 pages), 10 reproductions de photos d'exploitations (15 x 12 cm), la reproduction de l'affiche d'époque, Le Clap de fin : présentation du film par Cécile-Anne Sibout et Patrick Glatre (42'), Scènes coupées inédites (7')

 

 

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