GONE BABY GONE
Etats-Unis - 2007
Image plateforme « DVD »
Image de « Gone Baby Gone »
Genre : Thriller
Réalisateur : Ben Affleck
Image : 1.85 16/9
Son : Français et Anglais en Dolby Digital 5.1
Sous-titre : Français et anglais
Durée : 114 minutes
Distributeur : Walt Disney Home Video
Date de sortie : 26 juin 2008
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Gone Baby Gone »
portoflio
LE PITCH
Patrick Kenzie et Angela Gennaro sont chargés de retrouver une petite fille de quatre ans, Amanda, mystérieusement disparue. Curieusement, la mère parait peu concernée ; Sa vie semble régie par la télévision, l’alcool et la drogue. Patrick et Angie découvrent par ailleurs que la jeune femme transportait de la drogue pour le compte d’un certain Cheddar et qu’elle aurait détourné 20000 dollars. Olamon se serait-il vengé en kidnappant la fillette ?
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Le regard de l'autre

Dix ans que d'une certaine façon, on était sans nouvelle du scénariste de Will Hunting. 10 ans que Ben Affleck se perd dans des grandes productions boursouflées (Armaggeddon) en jouant les jeunes premiers ou les héros au grand cœur avec le même visage poupin. Gone Baby Gone sonne un peu comme une résurrection. 

 

On ne peut pas dire que la carrière d'acteur de Ben Affleck ait jusqu'ici été particulièrement lumineuse. Si l'on excepte les films de Kevin Smith (Méprises multiples, Dogma) ou Will Hunting, notre bonhomme hésite entre des rôles de super-héros qui ne lui conviennent absolument pas avec son air un peu pataud, ou des comédies faiblardes. A priori, malgré la sympathie que l'on peut avoir pour la personne, son passage derrière la caméra n'avait rien de bien rassurant. Pourtant, comme pour aller à l'encontre de l'image qu'il avait, peut-être à son corps défendant, construite, Ben Affleck décide d'adapter sur grand écran, Gone Baby Gone,  roman de Dennis Lehane qui avait déjà donné naissance à l'exceptionnel Mystic River de Clint Eastwood. Une filiation qui aurait pu être particulièrement handicapante, en particulier quand les deux œuvres font office de diptyques se déroulant dans les mêmes lieux et scrutant des thématiques proches, si le jeune réalisateur n'avait pas fait preuve d'une vraie simplicité dans sa mise en scène, et d'une certaine modestie.

 

confrontations


Loin des canons hollywoodiens, Gone Baby Gone reflète donc avec réalisme et subtilité la triste vie des habitants d'un quartier pauvre de Boston. Un coin qu'Affleck connaît bien car il y a grandi, et une pauvreté à laquelle il a vite été confronté, son père y étant travailleur social. Un vécu qui transpire à chaque plan et qui permet de véritablement donner vie à ce roman qui, sous des dehors de polar classique avec trahisons, complots et fausses pistes, se révèle tout comme Mystic River un drame déchirant sur les laissés-pour-compte, les « déchets » du monde moderne, oubliés, dénigrés et surtout jugés. Et c'est bien là la force du métrage, qui ne va jamais chercher les larmes faciles, l'illustration pathos et le manichéisme populaire (du genre peuple=gentil, riche=méchant), mais met en lumière le désarroi et ses conséquences, ainsi que la réponse paternaliste d'une certaine forme d'autorité qui s'érige en juge et juré, en haute autorité à même de choisir le destin de l'autre. Un propos d'une rare intelligence, courageux et admirablement construit qui passe facilement du fait divers à une certaine universalité, où comment mettre à bas le droit d'ingérence. Gone Baby Gone est certes une nouvelle preuve de l'immense talent d'un acteur en pleine ascension, soit un Casey Affleck magistral, mais il marque surtout la naissance d'un réalisateur, qui on l'espère se révélera bientôt auteur.

Nathanaël Bouton-Drouard






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Image :
Lumière rasante, photographie naturelle, noirs profonds, le master de Gone Baby Gone rend à la perfection le travail esthétique du métrage, limpide et (faussement) réaliste, avec des contrastes parfaitement soulignés et une très belle tenue de la compression, apparente seulement à de rares occasions dans les arrière-plans les plus sombres.

 

Son :
Pas de grandes fioritures pour deux pistes Dolby Digital 5.1 à peu de chose près équivalentes (comme toujours le doublage française à une présence un peu trop soutenue), qui soulignent le calme apparent du métrage plaçant l'emphase sur les dialogues et la dimension intimiste de l'ensemble. Les enceintes arrières resteront particulièrement discrètes donc, si ce n'est pour la restitution limpide de la bande originale

 

Interactivité :

Pour le premier passage de Ben Affleck derrière la caméra, on aurait sans doute apprécié un véritable making of décortiquant son approche de la mise en scène, ses modèles et son attrait pour une histoire de ce type, largement anti-hollywoodien. Il n'en sera rien et l'édition de Gone Baby Gone paraît un peu pauvre avec seulement deux petites featurettes fadasses survolant tout juste les origines du film et la volonté de tourner dans les quartiers de Boston avec un casting en partie amateur. Même le commentaire audio du réalisateur et de son coscénariste Aaron Stockard manque bien souvent de pertinence et de relief. Idem pour les scènes coupées (anecdotiques) et les versions alternatives de l'ouverture et du final (un plan en plus, un angle différent) qui pour le coup, relèvent surtout de la cuisine interne.

 

Liste des Bonus : Commentaire audio de Ben Affleck et du scénariste, Les coulisses avec Ben Affleck (9'), Un casting en recherche d'authenticité (7'), 6 scènes coupées et alternatives, bandes-annonces

 
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