IP MAN – LA LéGENDE DU GRAND MAîTRE
Ip Man - Chine - 2008
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Musique : Kenji Kawai
Image : 2.35 16/9
Son : Mandarin et français en DTS HD Master Audio 5.1
Sous-titre : Français
Durée : 106 minutes
Distributeur : HK Vidéo
Date de sortie : 5 octobre 2010
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Dans les années 30, Ip Man vit à Foshan dans le sud de la Chine, lors de l'occupation japonaise. Face à ses indéniables talents en matière d'arts martiaux, les japonais lui demandent d'entraîner les soldats, ce qu'il refuse catégoriquement. Il va alors devoir lutter pour sa survie.
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Trop rouge

Piétinés par les nouveaux venus de Thaïlande, Malaisie ou des Philippines, les artistes martiaux chinois peinent désormais à trouver le ton juste. Depuis l'excellent Maître d'armes avec Jet Li, on n'avait donc pas revu une telle énergie graphique et des passes aussi impressionnantes... dommage que le Grand Comité fasse encore office de superviseur.

 

L'industrie cinématographique étant retournée dans le giron de la grande Chine depuis la rétrocession, les travers de nombreux films d'arts-martiaux hongkongais ont désormais tendance à être plus visibles que jamais, en particulier leur nationalisme latent. Ennemi de toujours dès qu'il est question de comparer les prouesses physiques, l'envahisseur japonais (le film se déroule pendant la Seconde Guerre Mondiale) en fait encore une fois les frais. Là ou le Fist of Legend avec Jet Li atténuait la virulence de son modèle La Fureur de vaincre (avec Bruce Lee), la dernière réalisation de Wilson Yip fait clairement office de propagande chauvine. S'inspirant, a priori avec beaucoup de liberté, d'une partie de la vie du vrai Ip Man, grand maître du Wing Chun, héros national ayant d'ailleurs entraîné la future star d'Opération Dragon,  le film lui prête ainsi un passé de résistant, voire le place comme le moteur de toute la rébellion locale. Plus drôle encore, l'un des cartons de fin présente même la défaite japonaise comme une conséquence de la résistance chinoise... bien entendu tout cela n'a rien à voir avec une grosse bombe atomique ! Pas très crédible le revirement pourtant progressif du héros, passant d'une réelle discrétion et d'une recherche du dialogue plutôt que de l'affrontement à celui de combattant, aurait pu nourrir une vraie réflexion sur l'acte de résistance, sur le courage et la place de chacun dans l'Histoire.

 

Film de com

 

Tout cela est ici annihilé par un court dialogue dans lequel le méchant général nippon demande au héros : « Mais qui est-tu ? », ce à quoi l'intéressé répond : « Je ne suis qu'un chinois ». Pas de modestie ici, la déclaration est cadrée comme une belle mise en garde et comme un modèle de la volonté du Grand Empire. Pas toujours facile à digérer, et surtout assez dommageable quand en plus Donnie Yen, pas forcément connu pour ses nuances, se révèle très convaincant dans la discrète défroque du bonhomme. L'acteur surprend aussi dans ses scènes musclées : néophyte dans le Wing Chun, il fait preuve d'un vrai sens de l'économie dans le geste, rendant ainsi chaque coup et mouvement plus rapide, plus sec et plus impressionnant qu'à l'accoutumée. On reconnaît ici aisément le sens chorégraphique de Sammo Hung (Le Jeu de la mort) qui limite au maximum l'utilisation de câbles et les élans aériens pour se concentrer sur les techniques mêmes de cet art et en démontrer toute la beauté et l'efficacité. En tant que film d'art martial pur, Ip Man est en ce sens une réelle réussite, rappelant avec bonheur la grande époque du genre et livrant parmi les plus belles scènes de combats de ces dix dernières années. Difficile de passer à côté du coup, surtout que Wilson Yip (qui n'a apparemment tourné que les scènes « dramatiques »)  apporte un vrai sens de l'image et une certaine ampleur dans la reconstitution de la ville occupée. Exceptées les fioritures esthétisantes soporifiques, on a quand même l'impression de revivre le cas du Hero de Zhang Yimou.

Nathanaël Bouton-Drouard








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Image :
Le DVD affiche quelques effets d'aliasing, sans doute parce que le master HD est largement plus à sa place sur Blu-ray. Là, la photographie presque monochrome fait son effet avec des variations plus sensibles et des contrastes équilibrés. La compression, maîtrisée, assure au passage un effet de relief discret mais efficace et surtout un piqué particulièrement agréable.

 

Son :
Assez rare pour être remarqué, le mixage sonore de ce film purement chinois est capable de rivaliser avec les productions américaines, oubliant avec force les bruitages décalé et les bandes originales au synthé. Kenji Kawai livre encore un travail de qualité, particulièrement soutenu par des pistes DTS HD Master Audio 5.1 amples et dynamiques dont le naturel est tout logiquement plus remarquable en version originale.

 

Interactivité :
HK Vidéo se contente ici de reprendre quelques suppléments de l'édition chinoise. "Quelques", puisque le documentaire sur le vrai Ip Man et ses arts-martiaux ainsi que de nombreuses interviews sont passés à la trappe. Cela dit, lorsque l'on visionne le petit making of et l'interview de Donnie Yen, trop propret et poli, nos regrets sont amoindris. Reste heureusement le petit livret made in HK magazine qui en quelques pages saura sûrement livrer (il n'a pas été envoyé à la presse) quelques infos importantes.

 

Liste des bonus : Making of (18'), Interview de Donnie Yen (22'), livret exclusif de 22 pages, Bandes-annonces

 
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