LE SEIGNEUR DES ANNEAUX
The Lord of the Rings - Etats-Unis - 1978
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Le Seigneur des Anneaux »
Genre : Heroic Fantasy
Réalisateur : Ralph Bakshi
Musique : Leonard Rosenman
Image : 1.77 16/9 Compatible 4/3
Son : Anglais Dolby Digital True HD 5.1, Français Dolby Digital 1.0, Espagnol et Allemand Dolby Digital 2.0
Sous-titre : Français, anglais, espagnol…
Durée : 132 minutes
Distributeur : Warner Home Video
Date de sortie : 1 septembre 2010
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Le Seigneur des Anneaux »
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site officiel
LE PITCH
Dans les Terres du Milieu, l'Anneau unique forgé par Sauron le maléfique pour dominer les hommes, les elfes et les nains est tombé par inadvertance dans les mains de Frodon, paisible hobbit. Ce n'est qu'une question de temps avant que les sinistres Cavaliers Noirs, les Servants de l'Anneau, retrouvent sa trace. Sous la direction de Gandalf le magicien, une expédition est alors montée avec pour mission une tâche quasi-impossible : détruire l'Anneau, en le jetant dans le feu de la Montagne ...
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L'autre communauté

Refoulé dans les video-clubs de quartiers ou dans les bacs promo DVD, Le Seigneur des Anneaux dans sa mouture 70's souffre encore plus d'un dédain immérité depuis la sortie de la trilogie made in genius de Peter Jackson. Pourtant, cette autre adaptation garde pour elle son statut de précurseur, et surtout d'approche foncièrement singulière de l'oeuvre de Tolkien.

 

Si adapter au cinéma une œuvre littéraire majeure et flamboyante comme Le Seigneur des Anneaux avait tout, a priori, du pari perdu d'avance en 2001, il paraît évident que le même exercice en 1978, alors que les techniques numériques n'existaient pas encore, relevait de la folie pure. Rien cependant qui ne pouvait ici inquiéter le réalisateur Ralph Backshi, frondeur de l'animation américaine, qui avait déjà signé quelques œuvres urbaines et licencieuses comme Fritz Le Chat ou Heavy Traffic. Un artiste indépendant qui avait déjà appris à se battre pour imposer chacune de ses visions et une approche moins grand public qu'un studio Disney alors quasiment seul représentant du genre sur grand écran, et qui avait déjà mis un premier pied dans le monde de l'Heroic Fantasy avec le joli et curieux Wizard, aujourd'hui presque introuvable. Une carrière en forme de combat, dont l'adaptation de Tolkien sera sans doute la plus grande bataille. Car si le livre conte chaque étape d'une quête, la fabrication du film en est une presque aussi épique. De l'achat direct des droits aux tentatives d'expropriation par quelques grands studios, en passant par la formation d'une équipe réduite, tout aurait dû pousser le réalisateur à la dépression. Mais pour contrer un budget particulièrement restreint au vu de l'ampleur du projet, le futur réalisateur de Tygra et Cool World va tout d'abord couper directement dans la trilogie, se concentrant dans ce premier film (il n'y aura malheureusement jamais de suite) sur La Communauté de l'Anneau et Les Deux Tours, estimant que Le Retour du Roi mériterait largement son propre film (et pour cause !).

 

only one ring

 

Mais c'est surtout l'approche même du cinéma d'animation qui se révèle ici d'une grande inventivité. Ne pouvant concocter chacune des scènes épiques et assurer un réalisme consistant avec les techniques d'animation traditionnelles de l'époque, Bakshi décide de tourner l'intégralité du film avec des acteurs pour, par la suite, traiter le tout avec un mélange de rotoscopie (les animateurs redessinent par-dessus les photogrammes) et de radialisation de l'image. Un bon moyen de réduire considérablement le temps de production, mais surtout de donner à son film une patine on ne peut plus étrange, mélange de dessin animé maniériste et d'éléments live à peine dissimulés. Une plastique étrange qui donne une identité particulière au long-métrage, accentuant clairement l'angle Dark Fantasy choisi par le réalisateur, qui semble voir en l'œuvre de Tolkien autant un conte épique qu'un récit horrifique pour les plus jeunes. Sous des teintes automnales, la traversée de la Terre du Millieu par Frodo et ses amis tourne régulièrement au pur cauchemar, entre des Nazgul proprement terrifiants dans leur simple apparence d'ombres torturées aux yeux rouge sang, des orcs aux visages grotesques et une musique de Leonard Rosenman (Robocop 2, Star Trek IV) qui fait un grand écart remarquable entre l'orchestral épique façon Viking, les mélodies de conte de fée et surtout des nappes inquiétantes dignes des giallos de l'époque. A grands renforts de filtres rouges ou verts, Bakshi s'empare des fulgurances d'un Argento ou d'un Bava ! Souvent conspué pour les nombreuses coupes narratives effectuées et surtout pour cette volonté d'atténuer les angles les plus féeriques du récit, ce premier Seigneur des Anneaux n'en reste pas moins un film aussi courageux qu'inventif, dont on aurait tant aimé voir un jour la conclusion.

Nathanaël Bouton-Drouard








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Image :
Même si Warner annonce fièrement une remasterisation complète du film, on est bien loin du travail effectué par Disney sur Blanche Neige ou ses autres classiques. Les nombreuses traces laissées par les artisans sur les cellulos sont toujours visibles (on aperçoit même brièvement une emprunte digitale), tout comme les quelques imperfections de la pellicule. Tout reprendre aurait sans doute coûté une véritable fortune, mais heureusement l'éditeur dépasse largement la copie vieillotte du DVD tout en préservant le léger grain d'origine. Les contours sont désormais précis, la profondeur de champ enfin présente et surtout, les couleurs retrouvent toute leur puissance et leur richesse, soulignant le travail esthétique particulier du long-métrage. Les arrières-plans sont sublimes, et le film retrouve clairement une grande part de sa magie.

 

Son :
Quitte à faire revenir cette version sur le devant des linéaires, autant lui donner les atours d'un blockbuster. Un travail qui passe forcément par un remaniement du son mono d'origine en un plus glorieux Dolby Digital 5.1 True HD plus glorieux. Même si les puristes vont tiquer devant l'absence du mixage initial, il faut reconnaître que l'éditeur a effectué un travail d'excellente qualité, offrant une amplitude nouvelle aux scènes de batailles, sachant ouvrir tous les canaux pour laisser entendre le cliquetis des armes et les boules de feu qui fusent. Les ambiances plus minutieuses se montrent aussi largement plus soutenues par une spatialisation bien pensée, n'oubliant jamais des dialogues bien mis en avant et à la limpidité inédite. Dommage que la version française, très réussie au demeurant, doive se contenter d'un mono fatigué et parfois étouffé.

 

Interactivité :
L'opportunité de redécouvrir Le Seigneur des anneaux de Ralph Backshi accompagné d'un documentaire rétrospectif est forcément une grande motivation pour réinvestir sur le film dans son format Blu-ray. D'une durée de trente minutes, Forging Through the Darkness célèbre donc le réalisateur / animateur et ses méthodes révolutionnaires (pour l'époque), ainsi que son franc parler par le biais de quelques images d'archives du bonhomme. Son mépris pour le cinéma d'animation d'alors, son jusqu'au-boutisme artistique, ses débuts difficiles, tout y passe même si les extraits de ses autres films sont aux abonnés absents ou uniquement illustrés par quelques images fixes pauvrettes. Franchement juste pour embrasser toute l'amplitude de son cinéma, ledit documentaire ne réserve finalement qu'un petit quart d'heure à son adaptation de Tolkien, avec quelques anecdotes croustillantes en renforts, mais les seuls témoins se résument à ses trois enfants et l'un de ses anciens animateurs. Franchement juste : on aurait aimé entendre Peter Jackson (qui a beaucoup de respect pour cette première version) et d'autres artistes du cinéma d'animation moderne. Pas un mot non plus sur Tygra, prolongement direct du film, pour un documentaire en demie-teinte et clairement décevant.

Liste des bonus : Forging Through the Darkness (30') 

 
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